Dodge Charger 1968-1970 : guide d’achat, cote et pièges

Guide d'achat · 5 octobre 2026

Dodge Charger 1968-1970 : guide d’achat, cote et pièges

Guide d’achat Nitro · Masterpiece

Les Charger de cette génération sont des pièces maîtresses de la saga « muscle » : charismatiques, puissantes, imposantes, difficile de ne pas les adorer…

Dodge Charger 1968-1970 : histoire et versions

En termes de design, le coup de maître de 1968 concernant les muscle cars reste la nouvelle Dodge Charger. Sans perdre ses signes distinctifs (ligne fastback, phares dissimulés derrière la calandre), la Charger s’offre une ligne plus sexy, selon le rituel de la bouteille de Coca, avec des ailes arrière généreusement rebondies. Plus agressive, plus large, la Charger est l’une des plus belles pony cars du moment, démodant presque les Camaro, Mustang et Firebird lancées l’an passé ! À l’intérieur, la Charger abandonne néanmoins le look cabine spatiale des premières versions pour revenir à un aménagement plus classique, pour ne pas dire bourgeois : on compte désormais en option le cruise-control et la radio AM à lecteur de cassettes et haut-parleurs trois voies. Catégorie muscle cars, l’option R/T est plus que jamais disponible. Pour 3 480 $, vous obtenez donc le 440 Magnum de 375 hp, la transmission automatique TorqueFlite type compétition (boîte manuelle 4 vitesses avec levier Hurst en option), la suspension dure, la double ligne d’échappement, les disques de freins avant, le pont autobloquant, les pneus larges et tout le reste de la panoplie, y compris la bande Bumble Bee, à laquelle on ne peut pas échapper cette année… En option, le 426 Hemi est bien sûr toujours disponible. Cette nouvelle Charger va rencontrer un vif succès : toutes versions confondues, on obtient pour 1968 plus de 96 000 exemplaires, tandis que, en ce qui nous concerne, la R/T culmine à 17 665 véhicules (dont 475 Hemi).

Pour courir en NASCAR, la Charger passe en soufflerie en 1969, et les ingénieurs découvrent que la cavité de la calandre, ainsi que la forme du pavillon arrière provoquent des turbulences freinant la voiture. Une calandre de Coronet, étonnamment plus fluide, est montée, tandis que le pavillon est modifié en fibre de verre pour obtenir une forme plus plane, avec une lunette fortement inclinée. Ainsi gréée, la Dodge devient Charger 500 et se distingue aussi par une bande autocollante arrière incluant le nombre 500. Equipée en version de série du 440 Magnum (ou de l’Hemi en option), la Charger 500 est vendue sans grande promotion, pour assurer juste son homologation, seulement 392 exemplaires sont produits (dont 52 avec un Hemi). Quant à la Charger 1969, elle poursuit sa carrière sans modification notable (si ce n’est une calandre vaguement retouchée), le modèle étant une belle réussite. En 1970, la Charger R/T s’offre une nouvelle calandre, toute de chrome vêtue, mais conserve sa spécificité avec ses phares rétractables. Elle a droit aussi au Six-Pack apparu l’an passé, tandis que le package SE à tendance luxueuse devient disponible sur la Charger, qui se pare ainsi d’une sellerie cuir, d’un revêtement vinyle noir sur le pavillon et d’un toit ouvrant électrique. Les ventes de la Charger sont en chute sensible cette année (39 431 exemplaires de Charger, dont 10 337 sportives R/T). Le vent tourne…

Dodge Charger 1968-1970 : que vérifier avant d’acheter ?

Tous les VIN de Dodge Charger commencent par un X, suivi d’une lettre identifiant leur classe de prix dans la gamme (S pour Special, P pour Premium et X pour Fast Top, comme la Charger 500 et la Daytona), puis le numéro 29 pour indiquer le style de carrosserie du coupé à toit rigide à deux portes. Le cinquième caractère fait référence au moteur du véhicule (J pour Hemi, H pour V8 383 à quatre corps, par exemple). Le sixième chiffre révèle l’année du modèle et la septième lettre désigne l’usine dans laquelle la Charger a été construite. Un numéro de série à six chiffres complète le VIN. La plaque VIN était montée sur le côté gauche du tableau de bord pendant les trois années de production de la Charger de deuxième génération. Les étiquettes d’aile se trouvent généralement du côté conducteur. Les étiquettes de 1968 sont formatées différemment de celles de 1969 et 1970 : elles indiquent le numéro de commande du véhicule plutôt que le VIN. Si vous avez de la chance, vous pourriez même déterrer la feuille de construction de la voiture derrière la banquette arrière ou sous le coussin. Mécaniquement, la Charger est très fiable. Les moteurs et les transmissions sont extrêmement simples, les trains roulants sont robustes. Même si la Charger a été traitée antirouille en usine, avec le temps, de la corrosion peut se retrouver dans les panneaux de custode inférieurs et dans la zone sous la lunette arrière. Les autres endroits les plus courants sont le plancher du coffre, autour des charnières du capot, où des bulles peuvent indiquer une corrosion grave qui se cache.

Dodge Charger 1968-1970 : quel prix aux USA ?

Autant le dire tout de suite, c’est cher, et recherché. Avec un 383 c’est 100 000 $. Avec un 440, c’est 130 000/170 000 $. Un Six Pack encore un peu plus, une Charger 500 est dans les mêmes eaux. Avec un Hemi, c’est… introuvable. Et le public américain reste aussi très sensible à des choix cosmétiques : un intérieur blanc d’origine peut faire prendre 10 à 20 % au prix ! De même qu’un Plum Crazy (violet) d’origine ! Attention, au moins 70 % des Charger proposées sont des restomods…

Dodge Charger 1968-1970 en images

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Extrait du hors-série Nitro consacré aux muscle cars américaines.