Ford Galaxie 500 1963

Open Restomod mind FORD GALAXIE 500 1963 Bien connu dans le milieu VW air-cooled, Stéphane, dit le ‘’Flan’’, a passé le difficile cap de ne pas penser uniquement aux VW du soir au matin. Une preuve ? Matez donc son coupé Ford Galaxie 500 1963 et on en reparle après… Texte et photos Kiki D. Bois Restomod FORD GALAXIE 500 1963 SE CHERCHANT U…

Open Restomod mind FORD GALAXIE 500 1963 Bien connu dans le milieu VW air-cooled, Stéphane, dit le ‘’Flan’’, a passé le difficile cap de ne pas penser uniquement aux VW du soir au matin. Une preuve ? Matez donc son coupé Ford Galaxie 500 1963 et on en reparle après… Texte et photos Kiki D. Bois

D’ORIGINE, FLAN TOMBE SUR UNE FORD GALAXIE 500 1963 CHEZ UN REVENDEUR DE L’OHIO. Le style de la nouvelle calandre des modèles Galaxie puise son inspira- tion dans une version inversée du millésime 1960. Les gros feux en tuyère sont un trait esthétique d’une large part des gammes Ford de la première moitié des années 60. Comme toujours aux States, le design de chaque détail est soigné. Les rétroviseurs sont encore dans l’ère du fuselage look… Le moteur V8 FE 390 ci a été restauré mécani- quement avant de l’être esthétiquement avec des petites touches discrètes comme les cache-culbuteurs et le filtre à air striés déga- geant un esprit T-Bird.

Ford Galaxie 500 1963 — photo 1

S ’impliquer à fond dans un seul et unique courant automobile peut faire qu’à la fin le passionné porte des œillères… Pourtant, la multitude des tendances composant la culture automobile américaine offre une large palette pour goûter à d’autres saveurs orientées west coast dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui. Cruiser dans une VW Cal Look c’est cool pour se rendre chez Eugène ou Bob’s Big Boy à Burbank. Sur place, les fans vous feront un Thumbs Up sympa et spontané même s’ils portent un t-shirt orienté Hot Rod plutôt que VW. Hé oui, ça se passe comme ça là-bas, où l’on apprécie les belles caisses tout simplement. Chez nous la même situation d’un passionné de hot rodding qui déboule dans un rencard VW avec autre chose qu’une auto fabriquée à Wolfsburg essuierait dans la majorité des cas des regards vides de toute passion du genre ‘’keskilfoula’’ celui-là ! Autres pays autres mœurs ! VW ADDICT MAIS PAS QUE… Heureusement, Stéphane surnommé le ‘’Flan’’, est bien plus ouvert d’esprit que la majorité des ‘Vévéistes qui arrivent à penser que la VW est née en Californie et non en Allemagne ! Autre pays autres mœurs bis repetita, et d’ajouter « There’s life after EMPI » ! Pour en revenir à Stéphane, l’envie de modifier tout ce qui lui passe entre les mains a débuté dès l’âge de faire du vélo sans les roulettes arrière ! Son parcours débute en 1982 dès l’obtention de son permis de conduire avec une première VW traitée Cal Look. Depuis, il en a possédé plusieurs, dont un fourgon split tôlé 1960 et un splendide VW 181 off road ayant reçu les honneurs de la presse spécialisée. Profitant à fond du mouvement VW avec son club VW le DNH, Stéphane a quand même le souhait de goûter à autre chose que de checker le niveau d’huile de son véhicule par l’arrière. Avec ses influences automobilistiques, l’envie de rouler dans une caisse US le taraude jusqu’au jour où il se décide enfin à cocher cette case dans sa must do list. LE DÉCLIC Après la vente de son Combi 1960 qui coule désormais des jours heureux à… Wichita dans le Kansas, Flan a enfin le budget nécessaire pour réaliser son souhait de cruiser au son du glougloutement d’un V8. Oui mais voilà, quel modèle choisir ? Notre ami a toujours aimé le modèle Ford Galaxie pour son passé glorieux en Nascar. Dans la première moitié des sixties, la Ford Motor Company joue les premiers rôles avant que la deuxième évolution du moteur Chrysler Hemi des années 50 ne fasse sa réapparition en 1964 avec une nouvelle cylindrée qui deviendra mythique pour les amateurs de performance, 426 ci. L’arrivée de cette motorisation va changer la donne en Nascar mais aussi dans d’autres catégories comme en drag. Parmi les millésimes de Ford Galaxie, la version 1963 est celle qui capte l’attention Avec le léger rake, la Galaxie pointe ses gros feux ronds vers le ciel tandis que la coupe du toit f açon cabriolet interroge.

de notre fan de VW. Mais attention pas n’importe quel modèle non plus. Afin d’être encore plus compétitif en NASCAR, les designers de chez Ford se penche pour la première fois sur l’aérodynamique. Il en résulte une nouvelle version du coupé avec cette fois-ci un toit fastback à partir de juin 1963. C’est justement la fluidité de la ligne de ce toit qui séduit Stéphane. Le champ d’investigation est désormais validé. Se cherchant une version d’origine, Flan tombe sur une Ford Galaxie 500 1963 chez un revendeur de l’Ohio. Nous sommes alors en février 2020 et les évènements du COVID vont retarder son arrivée en Europe. Ce n’est que le 30 mai 2020 que notre ami peut enfin s’assoir au volant de son nouveau jouet. La Ford est tout de noir vêtu avec sa peinture Raven Black et son intérieur vinyl coordonné. L’auto n’ayant pas roulé depuis plus de dix ans, Stéphane commence par une fiabilisation en règle de l’engin. Cela comprend la réfection du moteur V8 FE 390 ci qui fonctionnait bien mais qui fuyait de partout, tout comme le pont et la boîte de vitesses automatique. Bien que le moteur fût équipé de ses trois carbus double corps Holley, cette option est remplacée par un kit d’admission Edelbrock comprenant la pipe Performer RPM et un carbu Edelbrock 650 cfm ASV2 bien plus adapté à une conduite en mode cruising. Comme souvent, le système de freinage qui n’aime pas non plus les longues périodes d’immobilisation, est restauré dans son intégralité. DÉRAPAGE CONTRÔLÉ… Après une petite utilisation en mode ‘’collectionneur’’, les diables de la personnalisation reviennent au galop avec une approche vévéiste quasi Resto-Cal pour la Galaxie qui n’en demandait pas tant. Dans le milieu US, on parle plutôt d’approche Restomod mais l’esprit est le même. Pour avoir une caisse cool, il faut déjà qu’elle en ait l’attitude au sol. Pour cela, Flan se penche sur les trains avant et arrière. Au programme des recettes simples et éprouvées depuis des décennies. On trouve donc des combinés filetés QA1 à l’avant et des simples cales entre le pont et les lames arrière pour apporter ce petit rake qui fait toute la différence. L’effet est renforcé naturellement par les gros feux arrière ronds en forme de tuyères de réacteur distillant une lumière rouge incandescente pointée vers le ciel à la nuit tombée. Question look, notre passionné joue la carte de la sobriété avec des jantes fat lip Ridler 650 en grand diamètre en finition noir satiné pour matcher avec la teinte dominante. Pour profiter au maximum de sa voiture dans de bonnes conditions, Stéphane fait appel à Aurélie de Doe’s Sellerie pour l’aménagement intérieur de son gros coupé Fomoco. Avec leurs yeux experts dans l’approche custom au sens noble du terme, le duo tombe d’accord pour un style réactualisé de la sellerie d’origine. Piochant dans son catalogue de fournisseurs, Aurélie joue alors sur les textures et les matières pour arriver à un résultat très moderne tout en gardant l’esprit sixties. Alors que les baguettes d’origine sont thermo-moulées sur le vinyl des panneaux de porte, des nouvelles baguettes en alu poli découpées au laser apportent ce petit plus qui fait la différence. Pendant que les sièges se font refaire une beauté, Stéphane se focalise sur le tableau de bord qui reçoit de nouveaux boutons. Dans la manœuvre, certaines parties en tôle du tableau de bord sont repeintes en noir. Les premiers tours de roue du coupé Galaxie 500 dans cette nouvelle configuration donnent le frisson au Flan qui peut se rendre compte que l’expression ‘’Qu’importe le flacon !’’, n’est pas une expression vaine. Et ce n'est pas son pote Fabrice au volant de sa splendide Galaxie 1964 bleue présentée il y a quelques numéros dans ces mêmes pages qui nous contredira… Apparues au mois de juin 1963, les versions fastback étaient destinées à aligner des autos compétitives aérodynamiquement sur les Super Speedway de la NASCAR. C’est pour cela qu’offi- ciellement, on parle de millésime 1963 ½.

Ford Galaxie 500 1963 — photo 2

COOL, IL FAUT DÉJÀ QU’ELLE EN AIT L’ATTITUDE AU SOL. La majorité des planches de bords des caisses US des années 60 est un pur bonheur pour les yeux. Celle de la Ford Galaxie 1963 n’échappe pas à la règle avec une profusion de chromes. Le côté moderne de la sellerie est renforcé avec les profilés des panneaux de portes découpés au laser. Réalisées de main de maitre par Auré- lie de Doe’s Selle- rie, les banquette arborent désormais un look beaucoup plus actuel avec l’emploi de tissus plus modernes. Seul un discret compte-tours AutoMe- ter linéaire placé sous les commandes de chauffage, déroge à l’origine dans cette partie de l’auto. Passionné de VW depuis toujours, Stéphane dit ‘’Flan’’ se repose de temps en temps du son des katraplas pour celui plus feutré du V8 390 ci de sa Ford Galaxie 500 1963.


Cet article est extrait de Nitro #336, paru le 06/11/2025. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.

Dodge Dart 1973

Apparue au catalogue à l’automne 1960, la Dodge Dart est alors une full size qui se décline en trois niveaux de finitions. Treize ans plus tard, la Dodge Dart est devenue un modèle de la catégorie compact qui s’adresse à un public jeune qui n’a plus envie de se saigner pour remplir le rés…

Apparue au catalogue à l’automne 1960, la Dodge Dart est alors une full size qui se décline en trois niveaux de finitions. Treize ans plus tard, la Dodge Dart est devenue un modèle de la catégorie compact qui s’adresse à un public jeune qui n’a plus envie de se saigner pour remplir le réservoir en ces temps de crise pétrolière… Aujourd’hui, on n’a toujours pas de pétrole, mais des idées : pourquoi ne pas lui offrir un traitement restomod soft ?

Dodge Dart 1973 — photo 1

S i la Dodge Dart est d’abord sortie entre 1960 et 1962 sous la forme d’un modèle full size, en 1963 la Dart perd un peu de sa superbe pour remplir le segment de marché compact car. C’est à partir de ce millésime que la Dodge Dart sera encore plus assimilée à un modèle économique. Avec un renouvellement de carrosserie tous les trois ans, le style évolue rapidement en ces temps de concurrence féroce dans un marché automobile US hyper dynamique. Avec le millésime 1967, la Dart commence à devenir cool aux yeux d’une certaine frange de la population qui lui réserve des traitements politiquement incorrects. Il est vrai que le stylisme Mopar du début des sixties sortait vraiment des sentiers battus. Mais d’un autre côté, cette culture de la différence face aux deux autres géants de Detroit a aussi contribué à donner au groupe Mopar une identité forte. Une identité renforcée lorsque des mécaniques très performantes aux noms bourrés de testostérone comme 440 Magnum, impressionne les foules le vendredi soir chez Angelo’s. Plus sportive par son look en version coupé, la Dodge Dart 1967 sera très populaire auprès des drag racers comme le sera sa concurrente directe chez GM, la Chevy Nova. Malgré son côté populaire, la Dodge Dart se fait remarquer au plus fort de la vague muscle car avec la version Hemi Dart du millésime 1969 qui représente le pic pour la gamme Dart. Cette Dart réservée à une utilisation strictement ‘’piste’’, est dépouillée au maximum. En dehors de cette exception génétique allégée motorisée par le fabuleux moteur Hemi 426 ci, la Dodge Dart de base est une bonne auto pour aller au boulot ou se chercher un pack de 12 au liquor store du coin. En revanche, pour séduire la serveuse de chez Angelo’s, le modèle Dart GTS 440 avec sa fameuse Bumble Bee Stripe à la saveur beaucoup plus cool qu’un « Vanilla Milk Shake With Whipped Cream and Cherry », est l’arme ultime pour devenir le king du drive-in. En 1970 un face lift avant-arrière de l’auto intervient et la coolitude du modèle 1969 s’évapore bien que le nouveau modèle soit encore très attractif. Par contre, dans la bataille, le V8 440 ci passe à la trapinette et seul le V8 340 ci permet encore de capter un petit sourire en coin de la part de… la serveuse. NOUVELLE CARROSSERIE, NOUVELLE ÈRE L’année 1971 est une année de transition avec l’apparition de la Dodge Demon avec une nouvelle carrosserie A/Body au design très séduisant. Sur la même base que la Plymouth Duster introduite en 1970, la Demon 1971 est un modèle sportif à part entière au sein de la gamme Dodge. La connexion avec les Dodge Dart de base se traduit par l’utilisation des calandres communes complètes entre les deux modèles. De son côté, la Dodge Dart de base en version coupé hard top existe toujours au catalogue et conserve la carrosserie du millésime précédent. Le modèle Demon perdurera pendant deux millésimes entre 1971 et 1972. En 1973, la conjoncture internationale fait du mal aux productions automobiles américaines. La crise pétrolière poussera dans le caniveau nombre de modèles performants et la prise de conscience des consommateurs américains enfoncera le clou. Cette année- là, le nom Demon qui disparait du catalogue Dodge, est remplacé par la dénomination AFIN DE BROUILLER LES PISTES, LE MOTEUR A SUBI UNE PRÉPARATION BIEN PLUS POUSSÉE QUE NE LE LAISSE PRÉSAGÉ SON LOOK ‘’FACTORY’’.

Basique dans son design square, le compteur de vitesse est bien éloigné de l’idée que l’on se fait d’une version sportive digne de ce nom. Mais le charme opère quand même… L’intérieur est en totale opposition avec le look cool de l’extérieur avec une banquette avant qui nous ramène à la dure réalité des modèles d’entrée de gamme chez Mopar. La radio est bien présente mais seulement sur les petites ondes. Pour le Moscato Show sur la bande FM, faudra prendre votre smartphone ! Les bandes GT Stripes latérales et du panneau arrière font partie intégrante du package Sport GT. Suivant la teinte de l’auto, elles sont noires ou blanches. Les deux blocs de feux carrés ne manquent pas de coolitude…

Dodge Dart 1973 — photo 2

Le moteur V8 340 ci représente le Top Of The Line des motorisations pour le millésime 1973. MIEUX VAUT NE PAS PROVOQUER CETTE GROCERY GETTER QUI CACHE FINALEMENT BIEN SON JEU. Depuis 1971, la firme Dodge propose deux carrosseries diffé- rentes pour un modèle entre la Dodge Dart et sa déclinaison spor- tive, la Demon (puis Sport à partir de 1973). Le point commun de ces deux versions est de partager le bloc avant. Le symbole le plus visible de la ten- dance restomod reste le choix des roues, ici des jantes Year One Magnum en 7 et 8×17.

Sport dont la déclinaison performance est illustrée par la version Sport GT… UNE BELLE RÉACTUALISATION Avec sa ligne bien née, le coupé A-Body Mopar accueillant la Dodge Demon depuis 1971 et la Plymouth Duster depuis 1970, a été largement utilisé par les amateurs de drag racing et les fans de personnalisation. Son prix raisonnable en occasion face aux sempiternelles Charger, Challenger et autres Barracuda, y est certainement pour quelque chose. Avec le temps, les goûts évoluent mais en règle générale, la tradition est toujours de mise quand il s’agit de se différencier du lot. De nos jours, il faut absolument ‘’catégoriser’’ les choses pour les faire rentrer dans des cases. Ce que l’on appelait simplement une caisse cool il y a encore une trentaine d’années est devenue le style restomod. Pour faire simple vu de l’extérieur, le style restomod s’apparente bien souvent… à changer de chaussures pour un humain ! On grossit volontairement le trait pour le fun mais dans bien des cas, c’est vraiment cela et c’est tant mieux après tout quand on veut mettre une auto à son goût. Dans les faits, le style restomod est un peu plus poussé avec des modifs mécaniques visibles ou pas selon les souhaits du proprio ! Pour illustrer ce propos, cette Dodge Dart Sport GT 340 en est le parfait exemple. Originaire du Canada, elle a reçu autant d’attention qu’une Plymouth Superbird avec une restauration de type ‘’rôtisserie’’ malgré son statut de voiture sans intérêt de la part de la communauté muscle cars hard core qui ne vit que pour des appellations Hemi, L88, Shelby, etc… Alors, pensez donc, une Dodge Dart 1973 même en mode Sport GT, n’a que très rarement les honneurs des restaurateurs. La recette d’une bonne caisse restomod est aussi simple que celle du quatre-quarts. Il faut juste une certaine dose de feeling pour obtenir un résultat cohérent car ce qui fera le look de la voiture, c’est son attitude au sol. Sans tomber dans l’excès avec des suspensions droppées à mort, une monte de pneu judicieuse suffit souvent à ‘’faire le job’’. Dans notre exemple, l’utilisation de jantes aluminium Year One en 17’’ répliquant les roues Magnum chères à tous les constructeurs US dans les sixties, donne à cette auto une touche vraiment moderne tout en respectant l’esprit d’époque. Les tailles choisies comme les déports démontrent un certain soin apporté au look final de l’auto. Pour l’avant, on trouve des 7×17 et des 8×17 à l’arrière. Côté monte de pneus, le choix s’est porté sur des General Altimax One en 225-50R17 pour l’avant et des Altimax Sport en 245-50R17 pour l’arrière. Le déport prononcé avec cette large surface d’alu machiné fait ressembler ces roues arrière à des jantes équipées de cerclages inox, Mécaniquement, la cylindrée 340 ci d’origine est maintenue mais cela s’arrête là. Afin de brouiller les pistes, le moteur a subi une préparation bien plus poussée que ne le laisse présagé son look ‘’factory’’ avec cette peinture orange typique des mécaniques Mopar de l’époque. En effet, les culasses aluminium Edelbrock Performer RPM ont été peintes en orange de même que la pipe d’admission alu Performer RPM accueillant un carburateur Edelbrock. Les montées en régime très franches et la prise de tours-moteur dans un déferlement rageur indiquent un arbre à cames non d’origine. Alors un conseil, mieux vaut ne pas provoquer cette grocery getter qui cache finalement bien son jeu. A l’intérieur, l’ambiance est à l’opposé des prestations mécaniques avec une belle banquette d’origine, un tableau de bord complètement stock et un levier de vitesses au volant… Quand on vous dit qu’il faut se méfier de l’eau qui dort, ce n’est pas en vain quand on croise cette Dodge Dart Sport GT 340 restomod. Si vous vous faites prendre, vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous aura pas prévenu. À bon entendeur, bon cruising… Special thanx à GT Automobiles (tél. 03 22 86 42 79) à Roissel (dpt 80) pour la mise à dispo de cette superbe Dart for sale…

Dodge Dart 1973 — photo 3


Cet article est extrait de Nitro #334, paru le 08/05/2025. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.

Chevrolet Chevelle

Amant, d’après Blazin Rodz, photos Blazin Rodz warrior CHEVROLET CHEVELLE « DOUGHBOY » BY BLAZIN RODZ (1970) Elle fut la sensation du dernier SEMA Show de Las vegas en novembre dernier : Doughboy est une Chevelle qui – en s’inspirant du dragster, de la GT Cup et des derniers canons en vigueur en pro-touring – constitue…

Amant, d’après Blazin Rodz, photos Blazin Rodz warrior CHEVROLET CHEVELLE « DOUGHBOY » BY BLAZIN RODZ (1970) Elle fut la sensation du dernier SEMA Show de Las vegas en novembre dernier : Doughboy est une Chevelle qui – en s’inspirant du dragster, de la GT Cup et des derniers canons en vigueur en pro-touring – constitue une « date » dans l’histoire de la « customisation ». Sur le plan stylistique, mais aussi d’un point de vue mécanique puisque son V8 biturbo crache environ 2 800 hp…

« DOUGHBOY » BY BLAZIN RODZ (1970) On appréciera le dessin du collecteur qui vient sortir carré- ment de la caisse aux ailes complètement refaçonnées… Traitement racing ultra moderne pour l’intérieur. Volant à touches, sièges baquets, arceau sur me- sure aux soudures parfaites, ça déchire de finition haut de gamme…

Chevrolet Chevelle — photo 1

C e qu’il y a de bien aux States, c’est que les limites n’existent pas. Il y a toujours un atelier qui va surenchérir. Ou bien trouver « autre chose ». Avec les réseaux sociaux et les chaînes de télévision à profusion, le XXIe siècle a eu au moins ça de bon de créer une émulation de chaque instant à la puissance phénomènale, qui provoque un tirage de bourre comme on n’en a encore jamais vu jusque-là parmi les « designers » et customiseurs… américains. Et oui, eux seuls ont la capacité de faire rouler tout et n’importe quoi avec un maximum de pièces perso à disposition. Ainsi en est-il du show télé Blazin Rodz, mené par une équipe de jeunes constructeurs repoussant les limites de l’innovation, et qui ne construit que des caisses à un million de dollars. Un créneau comme un autre. Certes c’est cher, mais au moins le délire est poussé au paroxysme.Ainsi, Blazin Rodz a présenté sa dernière création au SEMA 2024, une Chevrolet Chevelle de 1970 baptisée « Doughboy » (surnom des soldats américains pendant la Grande Guerre). Fusionnant la puissance d’un drag avec l’esthétique d’un bolide de la GT Cup et le luxe d’une supercar à l’européenne, Doughboy incarne un savoir-faire de pointe et un design révolutionnaire. Propulsé par un gros bloc biturbo basé sur l’aspect d’un V8 Chevrolet développant plus de 2 800 hp et construit à l’aide de plusieurs techniques de conception et d’impression 3D, c’est une merveille d’ingénierie et de performances. BEAUCOUP DE HOME MADE « Notre objectif avec Doughboy était de créer un véhicule qui non seulement fait tourner les têtes mais offre une expérience de conduite pas comme les autres », a déclaré Riccardo Salatino, constructeur principal de Blazin Rodz. L’objectif est sans doute atteint. Au cœur de Doughboy se trouve un gros bloc Brodix de 540 ci construit par ACE Racing Engines avec induction forcée à partir de deux turbos Precision 8385 Next Gen. Des conduits de radiateur et des sorties d’échangeur de chaleur en fibre de carbone imprimés en 3D sont intégrés au système de refroidissement intermédiaire air-eau. Le système de refroidissement intermédiaire sert également de support avant pour la calandre tout en conservant l’architecture en V d’origine de la Chevelle. Le moteur a été reculé de 15 pouces, améliorant l’équilibre du châssis pour une maniabilité optimisée sur piste. Il est équipé de deux pompes à carburant sans balais de 10 GPM dans une pile à combustible personnalisée montée à l’arrière qui sert également de diffuseur arrière pour améliorer l’aérodynamisme. L’équipe a conçu et fabriqué chaque partie du compartiment moteur, depuis l’admission « billet » (taillée dans la masse) personnalisée avec rampes d’injection à double usage intégrées jusqu’aux couvercles de soupape billet conçus pour dégager les culbuteurs à rouleaux Crower à grande levée. Le pare-feu conçu par CAO a été créé à l’aide d’une nouvelle technologie CNC pour garantir une finition de surface précise et de haute qualité. Doughboy repose sur un châssis Art Morrison Enterprises modifié avec une suspension avant de Corvette C7, renforcée pour supporter la puissance. La suspension avant et arrière est fabriquée avec une unité CNC à cinq axes utilisant de l’aluminium 7075-T6 et utilise des LA CARROSSERIE EXTRA LARGE DE DOUGHBOY EST SCULPTÉE À LA MAIN ET NUMÉRISÉE EN 3D.

« DOUGHBOY » BY BLAZIN RODZ (1970) FICHE TECHNIQUE [Chevrolet Chevelle « Doughboy » ] Moteur Twin Turbo Brodix 540 ci, 2 800 hp, collecteur et échappement inox Custom Design – Transmission boîte séquentielle 6 rapports SS Manufacturing 6XDX w/ XAP Technologies Actuator, pont Ford 9 pouces, arbre de transmission PST Carbon fiber Pro Mod avec joints universels 1480 – Direction colonne inclinable Blazin Rodz – Freins étriers 6 pistons Wilwood SX6R en or 24 carats – Châssis Art Morrison – Suspension avant type Corvette C7, arrière essieu 4 bras, amortisseurs JRI – Roues jantes Kompression Wheels 20 pouces en trois parties, pneus Michelin avant 325/24ZR20, arrière 345/30ZR20. joints à rotule sphériques et des embouts de tige pour un contrôle et un réglage précis. Les amortisseurs hydrauliques JRI permettent un réglage précis, améliorant ainsi la capacité de la voiture à s’adapter aux différentes conditions de conduite sur route et sur piste. Les étriers de frein à six pistons Wilwood SX6R finis en or 24 carats assurent la puissance de freinage. Les roues en trois parties personnalisées 13×20 à l’avant et 15×20 à l’arrière de Kompression Wheels sont enveloppées de pneus Michelin Sport Cup 2 en 325/25R20 et 345/25R20. HI-TECH La carrosserie extra large de Doughboy est sculptée à la main et numérisée en 3D pour un ajustement précis et finie avec une teinte Porsche Night Blue Metallic. Inspirée des GT Cup modernes, la carrosserie conserve l’esthétique classique des muscle cars seventies tout en incorporant des éléments contemporains tels que des échappements latéraux parfaitement intégrés, un fond plat en fibre de carbone et un pare-chocs avant personnalisé imprimé en 3D avec conduits d’air intégrés. L’arrière du véhicule est doté d’un couvercle de coffre en fibre de carbone avec des caméras intégrées faisant office de clignotants, soulignant encore davantage le mélange de design vintage et de technologie moderne de Doughboy. Les feux arrière personnalisés et les gouttières rasées complètent l’esthétique moderne de l’extérieur. À l’intérieur, l’arceau de sécurité en tubes chromoly 4130, est conçu à l’aide de processus CAO et CNC, tandis que les piliers A et B en aluminium usiné lui confèrent une touche inspirée de la course. Une unité d’affichage Motec C1812 est intégrée au tableau de bord au-dessus d’une colonne de direction inclinable personnalisée couplée à un volant d’Audi R8. Fabriqué par Avant- Garde Design, l’intérieur fait appel aux canons des supercars européennes, avec des sièges de BMW M3 G80 en carbone et une climatisation Restomod Air. La voiture dispose également d’un système audio de premier plan. Enfin, le système de gestion moteur est un Motec 150 alimenté par deux unités Motec PDM 30, permettant à l’ensemble du système 16 volts de fonctionner sans utiliser un seul fusible ou relais. Utilisant des connecteurs Deutsch Autosport, le système est associé à un faisceau de câbles de qualité conforme aux spécifications militaires, scellé d’avant en arrière. Le système d’extinction d’incendie 360 ​de Lifeline gère la sécurité de l’intérieur, du compartiment moteur et du système de carburant. Basé à Rancho Santa Margarita, en Californie, Blazin Rodz s’est rapidement imposé comme un leader dans la conception de voitures personnalisées. Blazin Rodz crée des constructions uniques qui combinent technologie moderne et savoir-faire classique et construit de véritables œuvres d’art. Doughboy en témoigne… Pour voir chaque étape du processus de création, vous pouvez regarder le premier épisode de « Blazin Rodz : The Series » sur YouTube. Pour plus d’informations sur Blazin Rodz, visitez www.BlazinRodz. com ou consultez-les sur Instagram.

Chevrolet Chevelle — photo 2

S’EST RAPIDEMENT IMPOSÉ COMME UN LEADER DANS LA CONCEPTION DE VOITURES PERSONNALISÉES. 2 800 ch sortent donc de ce gros V8 540 ci à double turbo ! Vous noterez que pas un fil ni une durite ne vient «salir» le tableau…


Cet article est extrait de Nitro #333, paru le 06/03/2025. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.

Chevrolet Corvette 1963

Szantai Silver b CHEVROLET CORVETTE 1963 La catégorie de drag Pro Mod accueille une meute de coupés capable de passer la ligne des 400 mètres à plus de 300 km/h. Imaginez un instant l’une de ces autos, transformée pour une utilisation routière… Le résultat pourrait ressembler à la Corvette 1963 de 1 500 ch appart…

Szantai Silver b CHEVROLET CORVETTE 1963 La catégorie de drag Pro Mod accueille une meute de coupés capable de passer la ligne des 400 mètres à plus de 300 km/h. Imaginez un instant l’une de ces autos, transformée pour une utilisation routière… Le résultat pourrait ressembler à la Corvette 1963 de 1 500 ch appartenant à Keith Shakespeare !

bullet Master of puppets,

Chevrolet Corvette 1963 — photo 1

D epuis l’avènement des courses de dragsters il y a environ soixante- quinze ans, d’innombrables « street cars » ont évolué pour devenir d’authentiques « drag machines ». Toutefois, l’approche inverse (à savoir des voitures construites exclusivement pour les runs et qui retournent par la suite sur les boulevards) n’est certainement pas la norme. Keith Shakespeare possède justement l’une de ces autos insolites. Sa Corvette de 1963 s’est fait tout particulièrement remarquer dans la catégorie Pro Mod durant les années 90, avant d’être transformée en street machine peu docile, équipée d’un V8 de 1 500 ch. Pour mieux comprendre le concept de la Corvette de ce résident californien, nous devons d’abord faire un aparté concernant la classe Pro Mod. Celle-ci suit les traces de nombreuses autres catégories de drags, qui impliquaient des « door slammers » – des voitures dotées de portes fonctionnelles de série ! Ces bolides se trouvaient bien souvent rassemblés dans des catégories dites « Gasser », dont l’origine remonte aux années 50. Elles accueillaient initialement un tas d’autos neuves, principalement américaines, fraîchement acquises chez les concessionnaires locaux, mélangées à des voitures plus anciennes. Mais au fil du temps, les Gassers sont devenus des véhicules réservés uniquement aux dragstrips, avec peu d’utilisation routière – voire aucune. Leur succès auprès du public n’est pas étranger à l’avènement des premiers Pro Stock dans les années 70. 300 KM/H CHRONO Au fil du temps, les « door slammers » deviennent encore plus farouches, utilisant des compresseurs, des turbocompresseurs et des kits nitrous oxide. Certains championnats de drag US décident d’adopter ces véhicules, notamment l’IHRA (International Hot Rod Association) qui leur donne une place de choix en 1990 – ainsi naît la catégorie Pro Mod. Les règles d’alors s’avèrent simples, les voitures dopées au nitrous étant limitées à 710 ci (11,7 l), tandis que les moteurs compressés ou turbocompressés se contentent de 526 ci (8,7 l). Les spectateurs adorent le spectacle offert par cette meute d’engins capables de franchir la ligne des 400 mètres à plus de 300 km/h. Et parmi eux, la Corvette que voici… Elle adopta plus tard sa tenue actuelle plus civilisée (bon, à peine !) pour une utilisation routière, grâce à son précédent propriétaire originaire de l’Ohio, Bill Mullins. Nous avons découvert le coupé gris métallisé pour la première fois au Grand National Roadster Show cette année, où il était exposé dans le Hall n°9. Ce dernier accueillait 80 autos regorgeant de puissance dans le cadre d’une exposition intitulée « Street Machines : Then & Now » (voir Nitro n°327). Parcourant les allées, nous avons été constamment attirés par « Silver Bullet » ladite Vette de 63, d’où l’idée de la photographier. WILLYS CONTRE VETTE Plus tard, nous retrouvons Keith pour une séance photo, durant laquelle il nous raconte son parcours dans le milieu du hot rodding. « Mon père était un passionné de voitures, qui en a restauré un tas. Celle dont je me souviens le mieux est une Ford Modèle T 1911 entièrement d’origine – j’avais environ 10 ans. Il l’a refaite de A à Z sur plusieurs années. » Keith a également possédé divers véhicules craquants. « Ma première voiture était une Plymouth Barracuda fastback de 1967, que j’ai « hot rodée » bien sûr. Plus tard, j’ai eu un coupé Ford trois fenêtres 1934, une Dodge Challenger 440 de 1970, une Anglia de 1959 pro street, une Austin de 1948 pro street et un coupé Willys de 1941, pour ne citer que les véhicules les plus intéressants. » Puis il s’entiche de sa Corvette de 1963 ex-Pro Mod, modèle culte car premier de la génération C2 (1963-67). Notons que la vitre arrière séparée dite « split » disparaîtra en 1964. La coque dévoilée ici est une version plus légère fabriquée par Hairy Glass, société basée en Floride. Créée en 1972, elle fournit aujourd’hui encore une gamme étendue de carrosseries en fibre de verre et en carbone aux drag racers. Keith avoue qu’il n’avait aucunement l’intention d’acquérir

WHEELIE BARS, PARACHUTE, AILERON… CLAIREMENT, UNE STREET MACHINE PAS COMME LES AUTRES ! Arceau oblige, il faut jouer les contorsionnistes avant de s’installer dans le siège du pilote ! Le pilote fait face à divers compteurs Autometer – plus deux autres montés devant le pare-brise. Courant sur les drags, le levier de vitesse Hurst enclenche les rapports de la boîte PowerGlide. Colonne de direction allongée, car le siège est reculé pour une meilleure répartition du poids.

Chevrolet Corvette 1963 — photo 2

Malgré sa puissance de 1 500 ch, le V8 de 9,2 l reste utilisable assez facilement sur la route. La furieuse mélodie du V8 compressé s’échappe via huit tubes latéraux… sans silencieux. Les jantes Weld ont reçu des pneus Mickey Thompson et Hoosier typés « route/drag ». Boîtier près du pare- brise… Le bouton Wa- ter sert à asperger les pneus arrière avec de l’eau. Un extinc- teur de bon ton (avec des flammes sur le pourtour) réside sur le tableau de bord. une Vette, mais une annonce sur Facebook éveilla son intérêt. « J’ai vu cette ancienne Corvette Pro Mod de 1963 proposée à la vente par Bill Mullins, qui l’avait transformée en Pro Street », se souvient-il. « Il était prêt à l’échanger. Je lui ai proposé ma Willys de 1941, un deal qui nous a tous deux satisfaits. » Lorsqu’il reçoit le véhicule, Keith cache difficilement sa joie. Le coupé est en très bon état avec un moteur neuf assemblé par Randy McDowell de Power Tech Racing Engines dans le Kentucky. Cette mécanique remplace le V8 de 588 ci (9,6 l) de courses alimenté à l’alcool, utilisé en Pro Mod dans les années 90, qui permettait à la Corvette d’avaler le quart de mile en 7,5 secondes. MÉLI-MÉLO DE TUBES Le châssis tubulaire version Pro Mod, qui intègre quatre amortisseurs à ressorts hélicoïdaux, reste en place. « Il possédait une finition de couleur grise, mais j’ai décidé de le repeindre en rouge », ajoute Keith. « J’ai donc passé quelques semaines à tout masquer et à peindre l’ensemble. Le résultat est plutôt cool, même si cela m’a pris bien plus de temps que prévu. » Au milieu de ce méli-mélo de tubes se trouve une boîte auto GM PowerGlide, suivie d’un pont arrière Ford 9 pouces. Soulignons aussi la présence de freins à disque Wilwood à l’avant et à l’arrière, recouverts de jantes Weld Alumastar en 6×15 et… 15×15. Elles reçoivent respectivement des pneus Mickey Thompson Sportsman 24×5-15 et Hoosier 33×22.5-15. Outre cette gomme arrière titanesque, d’autres composants nous rappellent que le véhicule a été conçu à l’origine pour les courses de drags, de l’aileron arrière aux wheelie bars en passant par le parachute et les pare-chocs peints en trompe-l’œil. Power Tech Racing Engines assemble donc le V8 de 565 ci (9,2 L) en utilisant des pièces hi-perf éprouvées : bloc Merlin, culasses Brodix, compresseur TBS 8-71, carburateurs Quick Fuel 950cfm, boîtier d’allumage MSD 7AL… Keith possède un capot avant, qu’il installe rarement. « Les curieux veulent toujours voir le moteur de toute façon », commente-t-il. Les gaz sont évacués via un échappement sur mesure, accompagné de huit zoomies. Bruyant ? Plutôt, oui ! Note héros s’est fait arrêter par la maréchaussée locale il y a peu de temps. Il craignait de recevoir (au mieux !) un PV en raison du raffut de la mécanique… Heureusement, il a rapidement compris qu’il était hors de danger une fois que l’officier a commencé à discuter des détails du V8. ON FAIT UN TOUR ? Une paire de sièges en alu Jaz accueille le pilote et le copilote, tous deux bien protégés par l’arceau. Remarquez la position de conduite, plus en arrière pour une meilleure répartition des masses. Cet agencement explique l’utilisation d’une colonne de direction allongée sur laquelle se fixe un volant amovible NRG Innovations. Plusieurs éléments renforcent l’ambiance « courses » de ce projet, dont les panneaux de porte en alu et l’instrumentation Autometer montée dans le tableau de bord style Corvette 1963. N’oublions pas les deux autres compteurs Autometer situés de l’autre côté du pare-brise (pressions de suralimentation et d’essence). Un boîtier de commande installé au-dessus du pare-brise intègre divers voyants, fusibles et interrupteurs. Celui indiquant « Water » sert à pulvériser de l’eau directement sur les pneus, une option bienvenue avant d’effectuer un burnout fumeux – un petit réservoir en alu se cache derrière le siège passager. Au final, une sacrée street machine, cette Corvette ! Certains détails risquent de faire sourciller les cops les plus pointilleux, même si Keith a tous les documents prouvant que sa Corvette est légalement immatriculée et autorisée à circuler sur la route. Bien sûr, l’auto n’est pas faite pour conduire de Los Angeles à New York, mais not re ami se rend régulièrement par la route à divers meetings dans un rayon de 40 km. Et Keith est comme un gamin à son volant, domptant le moteur de 1 500 ch, le volant et les pédales avec talent, un fait que nous avons vérifié lors d’un tour du pâté de maisons… Clairement une expérience que nous ne sommes pas prêts d’oublier !

LÉGALE ? TOUT JUSTE… EN FAIT, TOUT DÉPEND DE L’HUMEUR DU « COP » ET LE TEMPS QU’IL SOUHAITE PASSER, CALEPIN EN MAIN !

Chevrolet Corvette 1963 — photo 3


Cet article est extrait de Nitro #331, paru le 14/11/2024. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.

Ford Galaxie 500 1964

Foo Fighters, The sky is a neighborhood FORD GALAXIE 500 1964 Les projets autos de Bob Matranga font régulièrement la une des magazines. Pas étonnant – il possède en effet 70 voitures dans sa collection. Voici sa dernière réalisation marquante, une Ford Galaxie 500 d…

Foo Fighters, The sky is a neighborhood FORD GALAXIE 500 1964 Les projets autos de Bob Matranga font régulièrement la une des magazines. Pas étonnant – il possède en effet 70 voitures dans sa collection. Voici sa dernière réalisation marquante, une Ford Galaxie 500 de 1964 modifiée de manière subtile et propulsée par un rare V8 Ford Big Block de la même époque…

L e mouvement rod/custom regorge d’individus intéressants qui méritent d’être connus, dont Bob Matranga. Sa carrière fructueuse en tant que cofondateur d’une entreprise du bâtiment voilà plus de cinquante ans lui a permis d’accumuler une impressionnante collection de véhicules éclectiques. Elle mélange en effet des modèles américains et européens, parfois d’origine et plus souvent modifiés : customs, rods, trucks, street machines, etc. Les aventures « roddesques » de Bob débutent à la fin des années 70, lorsqu’il se lance dans la construction de son premier rod avec son fils Kent, un pick-up Ford 1934 – la première voiture de Kent. Mais le duo père/fils commence à réellement collectionner diverses autos au début des années 2000. La flotte en question devenant difficile à gérer, ils font alors appel à plusieurs employés pour entretenir celle-ci et participer à la réalisation de nouveaux projets. Matranga Hot Rods, le nom de leur atelier privé, est ainsi à l’origine de quelques rods et customs reconnus mondialement, dont la Ford Galaxie 1964 dévoilée dans ce numéro de Nitro. SCÉNARIO PLAUSIBLE Afin de mieux cerner le thème de ce chantier, il semble nécessaire de se replonger soixante ans en arrière, à une époque où les constructeurs automobiles faisaient preuve d’imagination pour vendre leurs voitures les plus « musclées ». En 1964, Ford conçoit ainsi une unique Ford Galaxie propulsée par un puissant V8 427 SOHC (simple arbre à cames en tête), une mule présentée aux officiels des courses NASCAR dans l’espoir de voir ledit véhicule accepté en compétition. Ford se voit néanmoins rembarré par les autorités compétentes, qui jugent le big block trop exotique pour une voiture de production. Par la suite, le constructeur reconfigura ce V8 (conçu pour faire concurrence au Chrysler Hemi 426) avec succès pour les courses de drag NHRA. Le concept de Bob part donc de cette interrogation : Et si les officiels NASCAR avaient dits « oui » à cette proposition ? Alors Ford aurait été obligé de fabriquer 500 Galaxie ainsi équipées, afin de l’homologuer comme voiture de course. Bref, le coupé Galaxie 500 de Bob répond à un scénario historiquement plausible. UN 427 SINON RIEN L’histoire de cette auto débute en 1964, lorsqu’elle émerge des chaînes de montage de l’usine Ford de Los Angeles. Équipée d’un V8 289 ci et d’une boîte automatique, elle profite d’une vie paisible sur la West Coast ; puis l’un de ses propriétaires installe le 427 SOHC accouplé à une transmission C6. Bob découvre la voiture, appartenant alors au hot rodder Joe Kugel, au cours d’une manifestation organisée chez So-Cal Speed Shop. Au risque d’en surprendre certains, il n’est guère intéressé par le véhicule en lui-même, « z’yeutant » avant tout le V8 exotique – il l’imagine déjà dans l’un de ses futurs projets ! L’auto languit pendant deux ans au sein de la Matranga Collection, tandis qu’il s’affaire sur un autre bolide marquant, un coupé Chevy 1955 bleu métal. Cependant, la carrosserie de la Ford peinte en Blanc Winbledon possède une belle patine qui plait bien à Bob… Il décide donc de se lancer dans sa résurrection, avec l’aide de Chris Brown, un designer automobile qui travaille intensément avec lui sur de nombreuses voitures depuis des années. Chris explique : TOUTES LES PERSONNES IMPLIQUÉES ONT COMPRIS QUE LEUR TRAVAIL DEVAIT AVOIR L’AIR DE SORTIR DES CHAÎNES DE MONTAGE FORD.

Ford Galaxie 500 1964 — photo 1

Le boitier d’air conditionné Ford SelectAire dissi- mule un système Vintage Air contemporain. La surprenante sellerie en cuir reprend les teintes vinyles employées sur les Galaxie en 1964. Bob a choisi de conserver le volant de série, mais il repose sur une colonne de direction inclinable. Une pièce Ford rare : le compte-tours Rotunda. Son embase fut modifiée pour se monter plus bas. L’habillage du coffre se marie à l’intérieur. Le boîtier monté à droite cache la batterie moderne.

Bob Matranga et Chris Brown ont eu la gentillesse de nous fournir quelques photos relatives à la fabrication de ce projet – thanks Bob and Chris ! La construction Montage à blanc du châssis Roadster Shop doté de fusées avant de Cor- vette C6. Surprise : en sortant du sablage, la car- rosserie s’est avérée en excellent état ! La structure du capot fut conçue de manière à ressembler à un montage Ford d’usine ! Forme du châssis Roadster Shop oblige, la coque fut modifiée afin d’éviter toute interférence. La fabrication du vase d’ex- pansion commença avec une pièce en bois suivie d’un moule. « Nous avons imaginé la Galaxie de Bob comme étant la première à être homologuée avec un 427 SOHC. Aidé de mes croquis, nous avons défini les paramètres liés au design de chaque détail. Le projet sortant des normes, toutes les personnes impliquées ont compris que leur travail devait avoir l’air de sortir des chaînes de montage Ford, avec un degré de finition bien plus élevé – aucune pièce ne pouvait avoir un look custom. » EN PARFAIT ÉTAT La coque passe d’abord dans un bain d’acide et, à la surprise de tous les intervenants impliqués, elle s’avère extrêmement saine, sans dommage ni trace de rouille. Bill Brackman se charge de modifier les pare- chocs afin qu’ils se montent plus près de la carrosserie. Le modèle monté devant possède aussi des lignes plus fluides et Bill ajoute un insert sous les phares pour améliorer le rendu visuel du museau. Divers détails discrets seront uniquement notés par les spécialistes des Galaxie : disparition des ornements sur les ailes, paupières de phare allongées, baguettes autour des feux arrière redessinées,… Bob et Chris s’avèrent peu satisfaits du look et la finition du capot Ford en poly, avec sa grosse empreinte en forme de goutte d’eau. Ils choisissent donc de fabriquer une version différente, visuellement moins « mastoc », entièrement en métal et intégrant des grilles d’aération usinées par Evod. Le montage demande un travail colossal, notamment la structure interne unique qui semble avoir été estampillée à l’usine Ford. Mick’s Paint réalise le superbe travail de carrosserie et peinture, recouvrant chaque panneau de la teinte Ford Winbledon White d’origine. LOOK HALIBRAND Sous cette coque étincelante se cache un châssis Roadster Shop à quatre roues indépendantes, qui intègre un kit suspension sur airbags, des freins à disque six pistons Baer de 14 pouces, une boite mécanique à six rapports Tremec T56 Magnum et un pont arrière Strange Engineering de 9 pouces. Les pneus Nitto 225/45ZR18 et 295/45ZR18 logent parfaitement sous les ailes. « Nous avons choisi des jantes ET Mags ACIII en 7×18 et 10×18, car leur look se rapproche des Halibrand utilisées sur les Shelby Cobra, un montage approprié pour un projet Ford d’usine comme le nôtre », commente Chris. Parmi les bonnes surprises, le team découvre que le moteur 427 de 635 ch au look si particulier (avec ses cache- culbuteurs en magnésium) est en excellent état et manifestement refait par un pro. L’œil du lecteur aguerri remarquera le vase d’expansion typique des Ford Big Block… sauf que celui-ci fut spécialement conçu par Bill Brackman pour se loger parfaitement sous le capot. Quelques autres pièces se font plus discrètes, dont les supports du moteur au look « stock », la direction assistée électrique de Volvo, ainsi qu’une poignée de composants usinés par Evod (filtre à air et bouchon de réservoir de liquide de frein). DISCRET ET SUBTIL De série, cette voiture était équipée d’un intérieur en vinyle, utilisant des teintes beige nacré et crème plutôt surprenantes. SMS Auto Fabrics reproduit ces mêmes couleurs, mais en cuir teinté ! Puis Gabe’s Custom Upholstery accepte le challenge d’utiliser ledit matériau et diverses baguettes spécialement usinées pour ce projet, afin de créer une sellerie d’un aspect d’origine. Evod s’occupe de la conception des mini-badges rectangulaires indiquant « 427 SOHC », montés sur les sièges, les panneaux de porte et le coffre luxueux – celui-ci s’accorde au thème de l’habitacle. De chaque côté de l’instrumentation de série, remarquez les double-compteurs réalisés par Classic Instruments, encore une fois dans le style des Galaxie de 1964. Le compte-tours Rotunda de la même période, un accessoire souvent installé par les concessionnaires Ford, prend place sur le tableau de bord. Si Bob choisit de conserver le volant d’origine, il le fait modifier afin de pouvoir le monter sur une colonne de direction Flaming River réglable, tandis que Chris Brown dessine le bouton de klaxon. Le boîtier d’air conditionné d’époque reste en place sous l’autoradio RetroSound (avec un cadran AM unique) ; toutefois, les boutons contrôlent dorénavant un système Vintage Air contemporain soigneusement dissimulé. Enfin, le coupé regorge de détails amusants, comme l’autocollant trouvé dans le coffre, relatif à l’utilisation du cric… Il reprend le graphique Ford de 1964, mais le texte a été changé avec humour et un dessin montre le conducteur, téléphone portable à la main, en train d’appeler l’assistance routière ! La fabuleuse Galaxie 500 de Bob démontre à quel point la scène custom a changé depuis le siècle dernier… On est incontestablement loin des projets au look tapageur des années 80-90 !

Ford Galaxie 500 1964 — photo 2

À QUEL POINT LA SCÈNE CUSTOM A CHANGÉ DEPUIS LE SIÈCLE DERNIER… Voici la réponse de Ford au fameux V8 Hemi du groupe Chrysler : le « Cammer » de 427 ci ! S’il ressemble à une pièce d’époque, le vase d’expan- sion fut spé- cialement créé pour l’auto. La touche d’humour subtile ! CMER427, contraction de « Cammer 427 », le nom du rare moteur équipant cette Galaxie 500. Les deux pare-chocs furent mo- difiés afin de mieux épouser les lignes du gros coupé US.


Cet article est extrait de Nitro #329, paru le 15/07/2024. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.