28e European Dragster

Vous cherchez une machine prête à rouler pour la saison 2026 ? Voici peut-être une bonne piste avec la Chevrolet Beretta du hollandais Ro Hoogenboom. Joli point de vue pour attendre la fin de la remise en état de la piste… 28e EUROPEAN DRAGSTER C’est avec le cœur serré que les 145 participants du 28e opus des Europea…

Vous cherchez une machine prête à rouler pour la saison 2026 ? Voici peut-être une bonne piste avec la Chevrolet Beretta du hollandais Ro Hoogenboom. Joli point de vue pour attendre la fin de la remise en état de la piste…

28e EUROPEAN DRAGSTER C’est avec le cœur serré que les 145 participants du 28e opus des European Dragster sont venus en découdre pour la dernière manche de la saison 2025. Mais bien plus sont venus pour honorer la mémoire d’Éric Angéloni en offrant un spectacle de haute volée afin qu’il respire depuis là-haut la bonne odeur de gomme brûlée. Action… Texte et photos Kiki D. Bois A vant de parler de cette 28e édition des European Dragster sur le plan strictement sportif, saluons aussi la mémoire d’un autre acteur de la discipline en la personne de Bruno Loisel. En effet, comme si cela ne suffisait pas, le sympathique concepteur de la célèbre Cox à moteur V8 est aussi parti quelques jours après Éric Angéloni. Alors nous dédions par avance ce compte rendu à ces deux passionnés français de drag racing qui ont fait beaucoup sur et en dehors de la piste pour promouvoir ce sport venu d’ailleurs directement lié à l’état d’esprit Nitro. TÉMOIGNAGES ROULANTS La passion sert souvent de carburant en drag pour aller de l’avant et faire progresser les machines. Et de la passion, on en trouve dans le paddock des courses du Trophée ATD avec une communauté solidaire et un bel esprit d’amitié. Et cet aspect des choses, beaucoup de pilotes européens l’ont très bien compris en revenant très souvent en Picardie. Le seul endroit où cet esprit de camaraderie disparait ou presque, c’est devant l’arbre de Noël. Là, fini les palabres, avec un esprit compétiteur qui prend le pas afin de franchir la ligne en premier. Accueillis à l’entrée du Clastres Dragway par une équipe toujours aussi motivée malgré la peine que l’on peut facilement imaginer, les participants tombent sur une très jolie bannière en hommage au Boss, leur permettant d’avoir directement une belle pensée pour lui. Et dans ce petit monde du drag racing, nombreux sont les pilotes qui ont voulu, à leur manière, rendre hommage sous

28e European Dragster — photo 1

différentes formes. Que cela soit par un simple ruban noir attaché à une poignée de porte, un message écrit sur le haut du pare-brise ou sur la lunette arrière, chaque pilote ou membre d’un team a fait cela avec son cœur. Dans ce domaine où l’imagination n’a pas de limite, la palme revient sans conteste à la petite Plymouth Valiant 1968 d’Éric Reitz qui arborait un beau témoignage en reprenant l’esprit du logo NHRA et de l’ATD. Bravo à tous ! UNE JOURNÉE PARTICULIÈRE… Le vendredi est souvent le temps des retrouvailles pour toute la famille du drag racing européenne. Comme souvent, nombre de pilotes étrangers ont répondu présents. Parmi les nouvelles autos entrevues dans le paddock en ce vendredi 25 juillet, nous nous sommes arrêtés sur le stand du britannique Kevin Jenkins. Ce dernier pilote un coupé Ford Escort 1973 qui abat le ¼ de Mile en 7.20 sec à 304 km/h grâce à un moteur Vauxhall 2 l double arbre équipé d’un kit Precision Turbo PT76 mm. Non loin de cette Ford emblématique ayant fait ses preuves plus en rallye que sur les pistes de drag, la Ford Fiesta 1980 de Chris Todd avait elle aussi de quoi alimenter L’italien Marco Furiani de Verona est venu faire des sessions de Test and Tune après quelques ‘’Upgrades’’ sur sa très photogénique Nova 1962 à moteur Big Block Chevy 540 ci équipée d’un compresseur Pro Charger F2. De retour à Clastres après quelques années d’absence, le pick-up Ford 1941 de l’allemand Ulrich Kejelmann était présent pour des sessions Test and Tune. Son meilleur temps est 8.80 sec à 255km/h. Opposé à la Lada à moteur V8 289 ci, la Plymouth Valiant 1968 d’Éric Reitz arborait avec fierté un très bel hommage à Éric Angéloni.

Les Camaros de 3ième génération ne manquent pas d’attrait esthétique avec leur Design acéré et leurs calandres qui inauguraient pour la première fois 4 optiques. Avec son injection dépassant du toit, cette Camaro 1967 de provenance germanique a impressionné les foules avec de somptueux rolling burns. Duel de Camaros franco-allemand avec à gauche la Camaro d’Olivier Coulon venue du sud de la France qui est opposée à la Camaro de Gabriel Widmann. Entrevue dans le car show le samedi, malgré ses bandes racing ‘’inversées’’, cette Camaro 1968 en mode ‘’Street’’ ne manquait pas de ‘’peps’’ avec sa teinte jaune pétante. Il y a quelques années, l’anglais Jon Giles avait vendu son Willys à Sophie Zaninetti. Trop fan du modèle, il s’en est reconstruit un dans la même livrée et est venu à Clastres par la route pour revoir son ancien ‘’bébé’’. Le parking visiteur réservé aux voitures US et Customs est toujours l’occasion de voir de beaux spécimens comme en témoigne la Jolie présentation pour l’El Camino de ‘’HomeBoy’’ bien posé sur ses jantes Weld ‘’inspired’’

28e European Dragster — photo 2

Pas une seule édition des European Dragsters sans la Mercury Comet Gasser de Laurent Levi. Petite séance de mécanique sur l’alimentation NOS pour Stéphane Jacquet qui cours en Drag depuis 2007. Son meilleur temps est un 7.38 sec 296 km/h réalisé en Juin dernier à Clastres. Départ impressionnant de l’italien Bettin Mirco au volant de sa Camaro face au danois Hans Nielsen au volant de sa Nova 1966 équipée d’un moteur Reher-Morrison Big Block 583 ci qui propulse la Chevy en 8.63 sec à 250 km/h. Le suisse Mike Bruckmüller a fait sensation avec sa Camaro 1967 motorisée par un moteur Merlin de 9.0L développant 1200cv qui lui per- met de faire des runs en 8.20 sec à 274 km/h. Venu depuis le sud de l’Angleterre et la région de Portsmouth dans le Hampshire, Chris Todd a surpris tout le monde avec sa petite Ford Fiesta qui tourne en 8.44 sec à 260 km/h

les discussions dans les paddocks. La raison ? Une implantation mécanique comme seuls les amateurs anglais peuvent en concevoir pour rouler sur route (au début…). Qui d’autre qu’un Anglais aurait pu concevoir une Ford Fiesta avec un moteur boxer Subaru turbo 2,1 l placé en position centrale arrière. Le tout est couplé à une boîte Mendeola que les amateurs de VW connaissent bien. Grâce à sa suralimentation avec l’utilisation d’un turbo Garrett G42, le moteur développe 700 ch. Rien que ça ! Pour encaisser cette puissance, l’ensemble moteur/ boite est solidement arrimé à un châssis conçu chez Webster Race Engineering. Dans cette configuration, le meilleur temps de la petite Ford Fiesta réalisé à ce jour l’a été à Santa Pod avec un 8.44 sec à 260 km/h avec une pression de turbo réglée à 3 bars. Ne connaissant pas la piste de Clastres, Chris Todd a réglé sa pression de turbo à 1.7 bar. CONTRETEMPS, HOMMAGE ET MÉTÉO CAPRICIEUSE La venue des pilotes européens participants au championnat donne de la crédibilité aux épreuves European Dragster depuis ses débuts grâce à une piste de Clastres devenue très compétitive au fil des ans avec cette couches de gomme qui s’y est déposée. Le reste est dû en grande partie à la préparation de la piste par les bénévoles de l’association avec un encollage des plus sérieux pour accueillir en toute sécurité des machines ultra performantes. Face aux pilotes suisses, allemands, anglais ou néerlandais, les pilotes français sont toujours aussi performants dans toutes les catégories. Avec un beau soleil dès le samedi matin, la course ne débutera vraiment qu’en fin de matinée suite à un incident corporel mobilisant l’ambulance dans les paddocks. Passé ce contre- temps qui entraîne un retard majeur dans l’organigramme, les sessions de runs commencent mais pour très peu de temps. En cause la Dodge Dart de Thierry Levèque qui tape le rail à 90°, entrainant une déformation notoire des rails de sécurité. Finalement plus de peur que de mal pour ‘’Le Ploum’’ et c’est tant mieux ! Il s’ensuit une remise en état du rail de sécurité qui prendra un certain temps avant que les sessions de runs se déroulent finalement sans encombre. Avec le retard pris en début de journée, les sessions de qualification sont poussées un peu plus tard que prévu. En fin de journée, l’hommage prévu sur la piste par les amis et la famille d’Éric Angéloni se met en place. Pour cela, les deux panneaux d’affichage des temps sont transformés en écran de visionnage de belles photos du Boss, montrant ainsi au public sa passion pour le drag racing. Sur la piste, toutes les catégories étaient représentées avec une belle brochette garée en épi. Dans un concert de décibels à haut indice d’octane, tous les pilotes ont démarré leurs machines simultanément pour un moment fort en émotion, allant du rail de Fabien Dubois aux Jr Dragsters. Il s’en est suivi une minute de silence, puis de quelques mots de ses proches dont son épouse Séverine, que nous saluons ici pour son courage face à l’épreuve. Un pot de l’amitié pour honorer la mémoire d’Éric mais aussi de Bruno Loisel conclura cette journée pas comme les autres. Et la course dans tout cela me direz- vous ? La météo de ce week-end-là ayant décidé de s’en mêler, la pluie abondante du dimanche matin a écourté l’évènement de manière prématurée, figeant le résultat final au classement des qualifications de la veille. Mais au vu des évènements, est-ce si important de savoir qui a gagné ? Le seul gagnant reste à mon avis la passion de courir et de partager des moments conviviaux dans une ambiance de greasy t-shirts comme le faisaient les hot rodders au début du drag racing… Les amis de Bruno Loisel étaient tous présents sur la piste pour honorer sa mé- moire avec un burnout conséquent. L’hommage des pilotes et du public Éric Angéloni a été fort en émotion. Pour l’occasion, une enfilade d’engins ont fait rugir leur moteur devant un public passionné et ému. Les panneaux habituellement réservés à l’affi- chage des temps se sont transformés en écran géant pour honorer la mémoire du Boss sous la forme d’un diaporama émouvant.

28e European Dragster — photo 3


Cet article est extrait de Nitro #336, paru le 06/11/2025. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.

American Day 2025

Toulouse, la Ville Rose, devient la capitale française des V8 et du rêve américain ! Avec ses milliers de visiteurs, plus de 1 200 voitures US et son ambiance unique, l’American Day a encore franchi un cap ! Reportage Correspondance Frédéric Dunal D u 5 au 7 septembre 2025, le parc des expositions de Toulouse,…

Toulouse, la Ville Rose, devient la capitale française des V8 et du rêve américain ! Avec ses milliers de visiteurs, plus de 1 200 voitures US et son ambiance unique, l’American Day a encore franchi un cap ! Reportage Correspondance Frédéric Dunal D u 5 au 7 septembre 2025, le parc des expositions de Toulouse, le MEETT, a accueilli une édition mémorable du Salon Auto-Moto Classic et de son American Day. Sous une météo radieuse, plus de 28 500 visiteurs ont « voyagé » dans les allées du MEETT, découvrant des véhicules venant de toute la France et aussi d’Espagne, de Belgique. Plus de 2 500 voitures et plus de 260 stands étaient réunis avec 78 clubs automobiles ! Ce combo American Day et salon Classic fonctionne et encre définitivement cet événement au niveau national. Sur la zone extérieure dédiée à l’American Day, ce sont 1 200 voitures US accueillies sur le week- end ! Les passionnés se sont retrouvés plongés en plein rêve américain. La street de l’American Day a vu un débarquement de pick-up des années 50/70. Les reines de la performance occupaient également le terrain : une armada de muscle cars enragées, Dodge Charger, Plymouth GTX, Coronet Super Bee, Pontiac GTO, Chevelle Yenko, Shelby GT500, GT350, Eleanor… Les visiteurs ont aussi eu droit à un plateau rare et impressionnant de NASCAR authentiques, une scène digne des speedways américains. À cela s’ajoutaient des dizaines de rods venus de Bordeaux, de Limoges ou encore de Nice, véritables œuvres roulantes où la créativité et le style se conjuguent avec la puissance brute. La limousine Wheeler Dealers France était également en bonne place ! La bouée flamant rose était bien présente dans la piscine de cette Lincoln Town Car transformée en cabriolet spécialement pour la 100e restauration de l’émission. La FSRA était également présente avec un magnifique stand, des rods et encore des rods. La liste est longue, un Monster Truck Milwaukee était également de la partie ! Et on ne comptait plus les alignements impressionnants de muscle cars et trucks récents. SHELBY ÉTAIT LÀ ! Pour couronner le tout, l’importateur officiel Shelby Europe avait fait le déplacement avec des pièces rares sorties des ateliers Shelby : deux GT40, cinq Cobra, une Daytona, mais aussi le motor- home ayant appartenu à Caroll Shelby. Plus de 2 000 personnes ont eu la chance de pouvoir le visiter. Ce stand Shelby a laissé sans voix les puristes comme les simples curieux. Du jamais vu dans le grand sud ! Philippe Médart, le boss a déjà annoncé qu’il reviendrait en 2026 ! Côté US, il est clair qu’il ne fallait pas négliger l’intérieur du salon Auto-Moto Classic cette année. Les américaines y étaient bien présentes par la force des

[ FRED DUNAL, PASSIONNÉ ET ORGANISATEUR SANS CONCESSION ! ] Derrière ce rendez-vous hors norme se cache Fred Dunal, grand passionné de voitures américaines. Bien plus qu’un organisateur, il est lui-même collectionneur de voitures US. Il nous a présenté cette année son méchant Ford F100 custom de 1956. Son objectif est clair : faire voyager les visiteurs en Californie, recréer l’atmosphère unique des grands rassemblements américains. Mission réussie : la rue centrale de l’American Day avait été transformée en boulevard californien avec des palmiers installés spécialement pour l’occasion. L’ambiance était à couper le souffle, renforcée par les sons des moteurs et les concerts live qui résonnaient toute la journée. La team GlLevents Toulouse ne s’est pas trompée sur le casting ! Une équipe redoutable avec notamment Annabel Darris, chef de projet du salon Auto Moto Classic. Entre le professionnalisme des équipes GL events et l’OVNI Fred Dunal tout est réuni pour encore nous surprendre en 2026 ! Vivement la prochaine édition les 4, 5 et 6 septembre 2026.

American Day 2025 — photo 1

et de nombreux vendeurs très connus dans le milieu. L’édition 2025 a aussi brillé par la présence de personnalités phares de la scène auto : Eddy Torres, référence du hot-rodding français, Gerry Blyenberg, le charismatique présentateur de Wheeler Dealers France et parrain de l’American Day, l’influenceuse Sandy Galland, suivie par une large communauté de passionnés. Sandy est depuis cette édition marraine de l’American Day. Leur présence a renforcé la dimension fédératrice de l’événement, la donne a changé à Toulouse ! Tout au long du week-end, l’ambiance a été électrisée par des concerts live. Un skate-park était aussi monté pour l’occasion avec comme obstacle une Cadillac 58 ! Imaginez les riders en BMX et skates sauter et enchainer des figures au-dessus d’une Cadillac… Comment ne pas parler de la tant attendue découverte de l’égérie de l’American Day, un Gasser Mercury Comet de 64 venu de Nice, une machine propulsée par un modeste V8 598 dépassant les 1 200 ch. La bête compte 14 trophées collector ! Un symbole fort, reliant le MEETT à l’histoire même du mythe automobile américain. Moment phare du week-end : la remise des trophées pour une sélection de voitures. Sur une scène monumentale de 30 m de long, les voitures sélectionnées ont défilé comme des stars de cinéma. Les trophées avaient cette année une valeur particulière. Chacun portait la signature d’Aaron Shelby, petit-fils du mythique Carroll Shelby. Un clin d’œil historique qui n’est pas passé inaperçu. Les propriétaires chanceux de recevoir ce collector ont présenté du « lourd », on retient notamment une magnifique Chevrolet Bel Air cabriolet 57, Christine la cultissime Plymouth 58, une rare Pontiac GTO 69 Royal Bob Cat, plusieurs rods, Custom Chevy 54 et pick- ups, un El camino 60 et même le Hummer H1 ayant appartenu à Johnny Hallyday.


Cet article est extrait de Nitro #336, paru le 06/11/2025. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.

Trio au nat’s

NAT’S PARFUM D’HOLLYWOOD FORD (1932) Comme beaucoup, Serge Braillard rêvait d’un rod. Marqué à jamais par quelques films, il a fini par trouver l’engin de ses rêves, chez lui, en Suisse… S erge vient du milieu de la moto, qu’il a pratiqué en version compétition : il en a gardé deux Ducati en souvenir. Puis il s’est occupé…

NAT’S PARFUM D’HOLLYWOOD FORD (1932) Comme beaucoup, Serge Braillard rêvait d’un rod. Marqué à jamais par quelques films, il a fini par trouver l’engin de ses rêves, chez lui, en Suisse… S erge vient du milieu de la moto, qu’il a pratiqué en version compétition : il en a gardé deux Ducati en souvenir. Puis il s’est occupé de son fils qui a couru divers championnats en 125 (Europe, Espagne…). Enfin est venu le temps de se faire plaisir avec un engin qui le fait rêver depuis qu’il a vu il y a longtemps American graffiti : un rod. Un Ford 32, exactement. Nous avons rencontré Serge et son épouse Chantal au Nat’s, et nous avons fait connaissance avec son ’32 à coque métal : « Je l’ai vu sur le meeting de Aarburg pendant deux ans, et il m’a fait craquer. J’ai fini par mettre un mot sur le pare-brise pour dire que j’étais intéressé. Son propriétaire était un Américain résidant en Suisse, qui en possédait plusieurs, et même beaucoup. Il m’a rappelé, et on a fait affaire en 2018 ». Aussi simple que ça ? Oui, car l’engin était en parfait état, pratiquement tel quel vous le voyez, à part une révision et des touches personnelles de Serge : « Le groupe motopropulseur 350/350 a été refait, et le train avant remis à neuf par JF Autos. J’ai changé les jantes aussi. L’intérieur est de l’an dernier ». Finalement marqué par le cinéma, on remarque évidemment les fameux autocollants Deuce of Spade sur le capot (du film du même titre) : ils ont été réalisés par Nys-Art, artiste rencontré à Epoqu’Auto. Serge et Chantal roulent pas mal avec ce rod : « On fait 6 000 km par an, des rassemblements mais aussi du tourisme en France. Avec la boîte auto 4 rapports c’est sans problème… ».

Amant, photos Vincent Lyky LA COULEUR EST SUPERBE, LA DÉCO CRAQUANTE, LE STYLE CLASSIQUE : ON AIME. Serge et Chantal ne sont pas avares d’utilisation de leur rod : partir en vacances ne pose aucun problème ! Les petits détails font la différence… Comme toujours ! Le 350 « moderne » a été accessoirisé vintage, comme en attestent les bandages du collecteur…

Trio au nat’s — photo 1

NAT’S R oland Matthey et son épouse Katherine ont l’habitude des engins rustiques : « On a déjà beaucoup roulé en Jeep et en utilitaires anciens ». Du coup, opter pour un pick-up Chevy de 58 pour les week-ends et les vacances relevait presque du confort ! l’importation de l’Apache remonte à huit années en arrière, après une sévère sélection par des contacts locaux. Le gros truck bordeaux appartenait à un négocient en vins du Connecticut, la couleur ne pouvait pas mieux tomber. Sous le capot, c’est toujours du Chevy mais un combo 350/350 issu d’une Camaro bien plus moderne : « C’est plus civilisé pour les longs parcours, on a des gros freins et un pont long ». La carrosserie et la peinture ont aussi été refaits il y a quelques temps, tandis que la fille de Roland et Katherine a customisé et peint elle-même la casquette de pare- brise, avec cette maxime « Never give up », n’abandonne jamais. Un credo familial important chez les Matthey et qui est devenu leur façon d’être. Et l’Apache ne semble pas prêt de déposer les armes, puisqu’il prend la route très régulièrement voire souvent pour des périples en lien avec les américaines et les customs, ou tout simplement pour des week-ends entre copains. CHEVROLET APACHE (1958) La couleur ne pouvait pas mieux tomber : ce pick-up Apache appartenait à un négociant en vin dans le Connecticut, avant que Roland Matthey ne tombe dessus… COULEUR VIN

UTILITAIRES, C’EST PRESQUE DU CONFORT « BOURGEOIS » ! Texte Thibaut Amant, photos Vincent Lyky Ce gros Apache aligne les kilomètres chaque année : une mécanique moderne, et de gros freins rendent sa conduite plus facile au long cours… La caquette est une « œuvre fami- liale » qui a son importance pour Roland et Katherine.

Trio au nat’s — photo 2

NAT’S FORD (1932) Manu voulait un rod. Mais discret : il avait stipulé au garage qui avait en charge de lui trouver, surtout pas de flammes. En toute logique, il a craqué pour celui-ci. PAS DE FLAMMES L es hasards des coups de cœur et du pouvoir de séduction de certaines machines amènent souvent à faire le contraire de ce qu’on pense ou veut. Ainsi, alors qu’ils sont déjà bien occupés avec une Chevrolet Bel Air 53 stock, Manu et Sandrine se mettent à chercher un rod, mais discret. JF Autos leur propose alors ce superbe ’32 flammé à l’ancienne. Top. On révise le cahier des charges et on adopte : « JF a été de très bon conseil : il savait ce que je cherchais mais cet exemplaire était vraiment très beau, avec une histoire importante. Il ne fallait pas le laisser passer ». Effectivement, il a été la vitrine des pneus Mickey Thompson pendant deux ans au SEMA Show il y a de ça quelques années ! Ces gars-là n’exposent pas des bouses, loin s’en faut. Et ce ’32 à coque poly claque fort. « Il n’avait que 3 000 miles et le prix était très correct ». JF Autos se charge de mettre l’engin aux normes, pose des jantes un peu moins larges (Thompson avait besoin d’y coller des gommes… démonstratives !). Sous le capot, l’éternel 350/350 sous la forme d’un « tpi » de Corvette préparé. « Sa conduite est si facile, presque moderne, qu’il prime désormais sur la Bel Air pour nos sorties ! ».

Amant, photos Vincent Lyky CE ’32 NE FUT RIEN MOINS QUE LE MODÈLE DE SHOW DE MICKEY THOMPSON LORS DE DEUX SEMA SHOW. Manu et Sandrine préfèrent presque voya- ger dans ce rod totalement adapté aux contraitnes de la circulation moderne, plutôt que dans leur antique Bel Air ! L’habitalce apporte un vrai confort et une finition parfaite : Micey Thompson ne fait pas les choses à moitié !

Trio au nat’s — photo 3


Cet article est extrait de Nitro #335, paru le 02/08/2025. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.

French Rod Nat’s

CEPOY C’EST COOL FRENCH ROD NAT’S L’an dernier, le Nat’s avait changé de terrain pour migrer vers le Loiret, à Cepoy. L’endroit convenait bien, la FSRA y est retourné. Et Nitro aussi, histoire de participer comme chaque année à ce rendez-vous tout ce qu’il y a de plus cooool… Texte Thibaut Amant, photos Vincent Lyky V ous savez co…

CEPOY C’EST COOL FRENCH ROD NAT’S L’an dernier, le Nat’s avait changé de terrain pour migrer vers le Loiret, à Cepoy. L’endroit convenait bien, la FSRA y est retourné. Et Nitro aussi, histoire de participer comme chaque année à ce rendez-vous tout ce qu’il y a de plus cooool…

Amant, photos Vincent Lyky V ous savez combien Nitro est attaché à défendre la cause de la France Street Rod Association. Emmenée par Philippe Baes et une poignée de membres influents et très impliqués, la FSRA tend à vouloir populariser le hotrodding, expliquer aux collectionneurs ayatollahs qu’il s’agit là d’une vraie passion et d’un mouvement historique, et rameuter les jeunes générations. Vaste mission. Avec des adhérents répartis sur tout le territoire et parfois au-delà des frontières frenchies, il est bien normal de se rassembler au moins une fois par an… et de convier tous ceux qui veulent venir se raccorder le temps d’un week- end à l’agenda de l’asso’ ! Car la FSRA n’est pas sectaire et accepte au Nat’s tout ce qui est dans l’esprit, des américaines de tous âges, dans tous les états, des kustoms, des muscle cars, des classiques, même pas forcément de chez l’Oncle Sam. Le seul impératif est d’être en osmose avec l’ensemble de la troupe. Le programme demeure très amical, familial et tranquille : on se rassemble pour trois jours, on pose les caisses sur le terrain, on discute, on papote, on se retrouve, on fait connaissance, et on suit le programme au déroulé classique, avec AG de l’asso’ pour ceux qui y adhèrent, repas de « gala » copieux, un peu de musique, des animations genre course de cache-culbus, et un cruising kivabien pour le bonheur de rouler koudalaportière tous ensemble. Le tout sous une météo sèche, malgré un orage menaçant le samedi (on était le dernier week-end de mai).

French Rod Nat’s — photo 1

UN NAT’S À LA FRANÇAISE La rédac’ de Nitro était évidemment là pour procéder à quelques shootings, pour ceux qui voulaient bien être dans le mag’ (et on n’a pas eu le temps de faire tout ce qu’on voulait, on va revenir vers vous les gars…), et on a retrouvé des fidèles autant que des têtes nouvelles, ce qui permettait d’avoir un turn-over intéressant au niveau du plateau. Les styles se mélangeaient, du rat’s au rod léché, du nostalgia au street typé années 90, les tatouages rivalisaient avec les autocollants rigolos sur les bagnoles, et tout cela dans la sérénité la plus totale. Il nous semble que tout le monde était content, et c’était bien l’idée. Et si certains reviennent c’est bien que l’ambiance est sympa : on a rencontré une délégation suisse qui avait fait tous les vignobles français depuis la frontière jusque-là, autant dire que dans les soutes à bagages on ne comptait pas trop les cartons de Perrier. Mais tout est dans la modération, et c’est bien pour ça que ça fonctionne : respect, calme, passion, amitié. L’équation idéale. Ici on pose un plaid pour vendre les trois pièces qui traînent dans le garage, là on croise un loupiot Ce petit rod est aussi allé au Mans Classic ! Bravo pour la réalisation… Cette 403 kustomisée est une fidèle du rendez-vous, et mérite le détour pour ses transformations assez radicales.

AMICAL, FAMILIAL ET TRANQUILLE : ON SE RASSEMBLE POUR TROIS JOURS, ON POSE LES CAISSES SUR LE TERRAIN, ON DISCUTE, ON PAPOTE, ON SE RETROUVE, ON FAIT CONNAISSANCE. Ce pick-up se la jouait rat’s avec pour autant quelques très bonnes idées au niveau du look et des détails… Rods et américaines classiques font bon ménage, pick-ups et muscle cars sont aussi de la partie : show what you brung…

French Rod Nat’s — photo 2

« REINES » DU RASSO. dans un rod à l’échelle qui est une petite merveille (désolé Boris, on s’est loupé ! Mais on va revenir voir ça de plus près…). Les Karshapers avaient réuni leurs plus belles réalisations (la Plym’ 55 dans ce numéro, on retourne faire l’Impala très vite !), tandis qu’on trouvait une palanquée de chouettes rods et pick-ups qui constituaient les deux catégories « reines » du rasso. On vous attend donc pour 2026, Nitro sera encore là, pour venir voir les copains, faire connaissance avec les autres et surtout ramener plein de jolies photos… (www.fsra.info, FB FSRA) Sympa la course de cache-culbus…


Cet article est extrait de Nitro #335, paru le 02/08/2025. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.

Nash Healey Le Mans

Laperruque, photos Vincent Lyky Transatl NASH HEALEY LE MANS L’histoire de l’industrie automobile est un puits sans fond et ne devrait plus nous surprendre. Pourtant, cette Nash Healey n’aurait jamais vu le jour si un industriel américain, propriétaire de Nash, et le patron d’un petit constructeur Britannique au bord de la…

Laperruque, photos Vincent Lyky Transatl NASH HEALEY LE MANS L’histoire de l’industrie automobile est un puits sans fond et ne devrait plus nous surprendre. Pourtant, cette Nash Healey n’aurait jamais vu le jour si un industriel américain, propriétaire de Nash, et le patron d’un petit constructeur Britannique au bord de la faillite n’avaient pas partagé leur passion commune pour…la photographie. Sous ses allures très élégantes, cette Nash Healey Le Mans a une histoire bien rock’n roll.

lantique All right now, L a Nash Healey Le Mans est une énigme. Comment une voiture peut-elle porter le nom d’un constructeur américain, Nash, d’un constructeur anglais, Healey, et d’une ville bien française, connue pour ses rillettes au cochon et pour son circuit automobile ? LES FORCES EN PRÉSENCE Nash Motors fut constructeur automobile, aux Etats-Unis d'Amérique, à partir de 1914. C’est un ancien cadre de General Motors, Charles W. Nash qui achète la Thomas B. Jeffery Company qui existe depuis 1902. En 1938, Nash fusionne avec Kelvinator et devient la Nash-Kelvinator Corporation. En 1954, année de fabrication du modèle présent dans ces pages, la société va s’unir avec la Hudson Motor Car Company pour former American Motors Corporation. AMC devient alors le quatrième plus grand constructeur automobile aux Etats-Unis. Donald Healey lui, est un sacré personnage. Né à Perranporth, une plage de Cornouailles, Healey s'intéresse très tôt à la mécanique, et plus particulièrement aux avions. Au point de se porter volontaire au début de la Grande Guerre, dans le Royal Flying Corps, et d'obtenir son brevet de pilote d'avions en 1916. Il sert alors dans la patrouille anti-Zeppelin, et comme instructeur de vol. Abattu par la défense anti-aérienne britannique par erreur lors du retour de l'une des premières missions de bombardiers de nuits de la guerre, il est réformé de la RFC à l'âge de 18 ans pour blessure. Devenu pilote, il cumule les victoires dont une au rallye de Monte-Carlo en 1931. En 1945 il fonde la société Donald Healey Motor, dans le but de fabriquer des voitures de sport. DONALD ET GEORGES SONT DANS UN BATEAU Les marques Healey et Nash n’avaient pas de raison particulière de de travailler ensemble. C’était sans compter sur le destin et une passion pour… la photographie. La création des Nash Healey est en effet le résultat de la rencontre fortuite de Donald Healey avec George W. Mason, président de Nash-Kelvinator. C’est sur un bateau, le Queen Elisabeth, que les deux hommes se rencontrent, au beau milieu de l’Atlantique. Alors qu’il se promène sur le pont du bateau, Donald Healey voit George Mason réaliser des clichés avec une caméra stéréo 3D. Un appareil de connaisseur, rare à l’époque, qui pousse Donald à aller à la rencontre du photographe. Ce n’est qu’après avoir longuement discuté photographie que les

Nash Healey Le Mans — photo 1

À HEALEY SONT QUASI NULLES. deux hommes se trouvent d’autres centres d'intérêts en commun. Ce jour-là, Donald Healey traverse l'Atlantique en direction des Etats-Unis pour honorer un rendez-vous avec Edward Cole, patron de Cadillac. Son objectif est d’obtenir de Cadillac une fourniture de moteurs pour son modèle Silverstone. Donald Healey veut remplacer le bloc 4 cylindres Riley par le moderne V8 5,4 litres de Cadillac. La marge de manœuvre de l’Anglais est très limitée, sa société est au bord de la faillite. De son côté, George W. Mason rentre d’Europe après avoir fait le tour des salons automobiles du Vieux Continent et découvert les premières voitures de sport d’après-guerre. Les deux hommes déjeunent ensemble et Mason confie ses doutes à Healey. Les chances que Cadillac accepte de fournir des moteurs à Healey sont quasi nulles pour une raison très simple : Les chaînes de production de Cadillac tournent déjà à plein régime, et peinent à fournir assez de moteurs pour la marque. Dans ce contexte, Cadillac n'a aucun intérêt à vendre des moteurs à d’autres constructeurs. NASH-HEALEY, L’ASSOCIATION Comme pressenti, Cadillac refusera de fournir des moteurs à Healey. Et comme promis au cours de ce voyage en bateau, Healey ne tarde pas à reprendre contact avec son nouvel ami photographe. Mason, en vrai capitaine d'industrie, va lui proposer un projet bien plus ambitieux que la simple fourniture de moteurs. Healey va fabriquer une voiture sportive, motorisée par un moteur Nash. L’idée est d’étoffer le catalogue Nash avec la première vraie sportive américaine d’après-guerre. Pour Healey, plus besoin de chercher de fourniture moteur et surtout, adieu les dettes avec un juteux contrat qui lui permet de solder son découvert à la banque. En 1950, un premier prototype de Nash Healey reprend la carrosserie élargie de la Healey Silverstone dotée d’un vrai pare- brise et d’un bloc Nash 6 cylindres de 3 848 cm3, retravaillé par Healey pour sortir 125 ch. Mais cette solution cosmétique est vite abandonnée. On se tourne vers le carrossier Panelcraft de Birmingham qui réalise une carrosserie en aluminium sur une ossature acier. Nash expédie moteur, boîte et pont en Angleterre, dans l'usine Healey de Warwick qui fabrique le châssis pour assembler ce qui devient une Nash Healey de 125 ch grâce à deux carburateurs SU, une révision du dessin de l'arbre à cames et de la tubulure d'admission, et de l’augmentation du taux de compression. La voiture est présentée au Salon de Paris en octobre 1950, avant d’être exposée au Salon de Chicago en février 1951. Première voiture de sport américaine, lancée deux ans avant la Chevrolet Corvette et trois ans avant la Ford Thunderbird, la Nash Healey ne peut malheureusement compter sur le sex-appeal des MG, Triumph ou autres Jaguar XK120 qui plaisent tant à Hollywood. Pour enfoncer le clou, Nash Healey refuse de prêter son modèle aux journalistes spécialisés. Il se dit que cette anglo-américaine ne dépasserait pas les 160 km/h contre 200 annoncés. DEUXIÈME TENTATIVE Après seulement une centaine d’exemplaires vendus, Mason ne s’avoue pas vaincu et demande à Pinin Farina de se pencher sur le cas de la Nash Healey. La calandre englobe désormais les phares, le pare-brise est plus incurvé, et la carrosserie se montre davantage dans l’air du temps. Tout est en acier, sauf le capot moteur et la porte de coffre qui sont en aluminium. Mason va utiliser le nom Pinin Farina, déjà réputé dans le monde entier, sur ses brochures publicitaires. Dotée du 6 cylindres de 4,1 litres vu sur l’Ambassador, la Nash Healey “Pinin Farina” tutoie désormais les 140 ch grâce à ses carburateurs SU (Skinner Union) et peut affronter les Corvette et Jaguar XK 120. Nash fournit également un embrayage Borg & Beck et une boîte trois vitesses Borg Warner. Sur le papier, tout va bien, la voiture ne manque pas d’élégance et la marque compte bien capitaliser sur l’engagement, réussi, d’une Nash Healey aux 24 Heures du Mans. En effet, dès 1950, deux exemplaires spécialement carrossés et armés du 6 cylindres Nash sont au départ de la course d’endurance. Grâce à ses 140 Exotique NASH HEALEY LE MANS

Evidemment, pour les fans d'américaines on est ici un peu dérouté : ça respire le confort anglais et le style italien !

Nash Healey Le Mans — photo 2

ch, la voiture tape le 200 km/h en ligne droite et termine à une très honorable 4e place au général ! L’année suivante, une Nash Healey Coupé prend la 3e place de sa catégorie et la 6e au général. En 1952, face aux Mercedes, Talbot, Cunningham, Ferrari, Lancia ou Aston Martin, la numéro 10 s’offre la 1ère place de sa catégorie et la 3e au général. Après une nouvelle participation en 1953, les associés Nash et Healey décident de transformer ces podiums en version de série. La Nash Healey Le Mans est née. UN NOM PRESTIGIEUX ET UN PRIX ÉLITISTE Dès 1953, est présenté le coupé Le Mans, qu’on retrouve dans ces pages. Les exploits de la jeune firme au Mans sont encore présents dans les esprits et la belle offre 140 ch et une vitesse de pointe de 180 km/h. Mais ne vous y trompez pas, cette Le Mans tient davantage du Grand Tourisme que de la sportive. Avec son style élégant typiquement turinois, elle reçoit le trophée de la plus belle carrosserie au Salon de Turin et le concours d’élégance de Stresa en Italie. Malheureusement, la logistique va avoir raison de l’avenir commercial des Nash Healey. Les moteurs et transmissions partent de Kenosha, dans le Wisconsin, avant d’être expédiés en Angleterre pour être montés sur les châssis Healey. Cet assemblage est ensuite acheminé en Italie, où les artisans de Pinin Farina façonnent la carrosserie et terminent l'assemblage. Une fois terminées, ces Nash Healey retournent à l’envoyeur, aux Etats-Unis, principal marché de la marque. Evidemment ces aller-retours plombent la rentabilité du projet et le tarif atteint les 5 908 dollars sur le millésime 1953. C’est 1 500 dollars de plus que la nouvelle Chevrolet Corvette et 1 000 de plus que la séduisante Jaguar XK 120. La demande ne cesse de baisser, avec seulement 162 coupés et cabriolets vendus en 1953. En 1954, les concessionnaires sont contraints de brader les 90 dernières Nash Healey Le Mans produites. L’arrivée annoncée de la Ford Thunderbird, à un tarif de 3 000 dollars finit de plomber la Le Mans. UN BEL EXEMPLAIRE EN FRANCE Se rendre chez Paul’s Classic Cars, vendeur bien connu de classiques en Normandie, c’est quasiment entrer dans un musée avec 400 véhicules de collection à vendre. Mais celle qui attire les regards aujourd’hui c’est bien cette Nash Healey Le Mans Coupé, de 1954, dernière année de production si vous avez suivi. Importée de Californie en 2017, elle cache sous son capot le moteur Jetfire 6 cylindres 4 138 cm3 couplé à une boîte mécanique à trois rapports + overdrive. Ce modèle fait donc partie de la petite centaine de coupés produits, et se trouve dans un bel état. Une fois au volant, le sentiment de rouler dans un engin unique ne nous quitte plus. On a l’odeur de l’américaine et le bruit. L’ambiance intérieure avec sa sellerie crème pourrait évoquer les belles anglaises mais les compteurs, et l'accastillage intérieur nous emmènent plutôt du côté de Turin, cocktail absolument unique ! Avec sa carte grise française collection et sa révision complète, cette nNsh Healey sera à vous pour le tarif d’un SUV allemand d’entrée de gamme. Sauf que votre voisin n’est pas prêt d’avoir la même : Paul’s Classic Cars, tél. 02 33 45 58 24, www.pauls-classic-cars.fr Exotique NASH HEALEY LE MANS APRÈS UNE NOUVELLE PARTICIPATION AU MANS EN 1953, LES ASSOCIÉS NASH ET HEALEY DÉCIDENT DE TRANSFORMER CES PODIUMS EN VERSION DE SÉRIE. Le 6 en ligne Nash a montré de la ressource au Mans !


Cet article est extrait de Nitro #334, paru le 08/05/2025. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.

SEMA Show 2024

Amant, photos Vincent Lyky Viva Las Vegas ! VIVA LAS VEGAS ! Elvis avait raison, Las Vegas c’est vraiment cool… Surtout début novembre, quand the famous SEMA Show ouvre ses portes et que vous avez la chance d’être devant ! Ce qui fut le cas de la Rédac’ de Nitro, partie au complet voir si le mythe était à la hauteur. Et…

Amant, photos Vincent Lyky Viva Las Vegas ! VIVA LAS VEGAS ! Elvis avait raison, Las Vegas c’est vraiment cool… Surtout début novembre, quand the famous SEMA Show ouvre ses portes et que vous avez la chance d’être devant ! Ce qui fut le cas de la Rédac’ de Nitro, partie au complet voir si le mythe était à la hauteur. Et c’était… encore mieux que ça ! Viv

Viva Las Vegas ! Reportage SEMA SHOW Une Renault Dauphine pro-touring ! Bloc central de Golf VR6 et un surnom sur le web : La brute. Une bonne vieille Merc’ leadsled. C’était la seule… Une mécanique hybride, ça vous rebute ? Aux States, on adjoint un moteur électrique à un bon vieux V8 et ça donne ça ! Cette Pontiac 1957 a été modifiée avec un kit eCharger à 5 000 dollars… Une Z28 pro-touring sous le soleil de Vegas. Cette Jeep postale renferme un LS 4.8 et une prépa’ de ouf !

SEMA Show 2024 — photo 1

B ah ouais, on n’y avait jamais été. Un salon gigantesque, un show à l’américaine comme on n’en trouve qu’à Sin City ; en vrai, ça nous effrayait presque… La peur d’être déçus ! Un peu comme si c’était la première fois qu’on allait au bordel dans les années 50 : toutes ces promesses de péchés, de luxure, de sensations fortes… Et si ce n’était qu’un mythe ? LES PRAIRIES AU MILIEU DU DÉSERT “Welcome to fabulous Las Vegas, Nevada”. C’est écrit à l’entrée de la ville, et un peu partout dans les rues. OK. En tout cas, that’s all right mama, on vous en met plein la vue. Les lumières de Sin City doivent consommer 24/7 l’équivalent d’une centrale nucléaire par heure tellement ça claque et ça brille de partout – même en plein jour ça se voit ! -, de toutes les couleurs, surtout si c’est rose et doré. Rose pour le sexe. Doré pour les brouzoufs. Les deux raisons de vivre ici. Des milliers de touristes transhumancent tous les soirs dans les casinos les plus Grosse délégation de japonaise, à l’instar de cette Datsun Z méchamment préparée. Les C10 sur air-ride prolifèrent ! Celui du bas vient de chez Adams Customs. A suivre… Dans le paddock des drifteuses, cette Camaro en jetait. Cette ‘Cuda attendait sa séance de drift en exhibant ses dessous : un bloc moderne bourré de watts (ci-dessus). Le drag Supernatural d’Hannah Maloof était là… mais pas elle. Snif. Une belle C2 : les grandes jantes lui vont bien, pour une fois.

SHOW Une Impala 1962 vous accueillait… Chez Mickey Thompson, cette Camino est un projet en cours… Les pick-ups représentent plus d’un tiers des bases des ateliers de customs… On ne boudera pas notre plaisir devant ce Ford. voiture déjà mise en face : mets une phot de las vegas à la place Coup de coeur pour cette Z28 1969 superbe. Zwygarts Hotrods présentait cette Nova 67 avec LS3 de 500 hp. Parfaite. Sous une carrosserie patinée à souhait, cette Rambler wagon affichait une finition parfaite et des éléments techniques de Corvette. kitsches de la planète, en forme de Tour Eifel, de pyramide égyptienne ou de Little Venezia, avec ses gondoles et son faux ciel bleu. Le soir, sur les trottoirs du Strip, on vous refile les cartes de visite illustrées de péripatéticiennes aux qualités aérodynamiques indéniables et aux tarifs malgré tout accessibles, surtout si l’on compare au prix du cheeseburger – synonyme du mot « nourriture », car vous ne trouverez rien d’autre à grignoter dans ce coin de désert – indexé sur le cours du platine. Après neuf heures d’avion, et trois heures d’escale à Dallas (Texas), la prise en charge à l’aéroport de Vegas par une Jeep Cherokee déglinguée d’un chauffeur de taxi bosniaque – installé depuis vingt-cinq ans sur place – trumpiste et complotiste (on apprendra de sa bouche alors qu’on avait la tête dans le c… après le vol, que les Démocrates étaient coupables d’avoir enlevé et mangé plus de vingt mille enfants américains ! On a laissé tomber, pas la force de lutter…), et budget serré oblige, on avait pris nos quartiers au Flamingo, hôtel-casino parmi les plus connus et anciens de Vegas mais un peu déclassé aujourd’hui comme un vieil Ibis Style en bord de zone indus’, et dans lequel on ne retournera pas espérons-le – j’ai réparé deux fois la chasse d’eau de la turne -, vu que la notion de service y était pour le moins floue et l’état général des équipements remontant à des standards du siècle dernier. Et là, vous vous dites que le Rédac’ Chef n’a pas spécialement kiffé l’événement, et se trouve bousculé par quelque aigreur d’estomac… VITRINE D’ENFER Fi de Gaviscon ! Que nenni ! Car il suffit de prendre le monorail – une sorte de métro aérien façon Blade Runner qui sillonne en hauteur le centre-ville – pour se rendre en dix minutes au… SEMA Show. Lequel d’entre vous, passionnés d’américaines, de rods, de kustoms, de restomods, de pro-tourings, de dragsters et toutes ces sortes de choses, n’a pas entendu parler de l’événement annuel ? Même quand on n’y a jamais été, on sait ce que c’est : la promesse du grandiose Du Sold Design présentait cette Camaro 67 turbo de 1 300 hp ! La finition de bord est soignée pour une voiture de piste… Bel Air restomod avec V8 Hemi Gen3. Cette Chrysler 300 E a gagné déjà pas mal de prix. Constance Nunes en tenue de travail… Une réplique de la Skyline de Fast & Furious construite en dix jours !

SEMA Show 2024 — photo 2

SHOW Motor Trend est à l’origine de cette Mustang 67 de 750 hp. Les bases fifties sont rares en pro-touring. Cette Chevy 55 est superbe. Cette Chevelle est une tuerie, aussi bien en plumage qu’en ramage avec 2 800 hp au programme ! Les Chevelle sont toujours prisées… Une Mazda Miata avec V8 LT2 de Silverado et culasses Lamborghini ! Ci-dessus et ci-dessous, la Corvette «attraction» de Kindig it Design ! À tomber cette Ford 46 posée au sol. Cette Plymouth Savoy 1954 est un kustom culte aux USA. et du spectaculaire, de la démesure à l’américaine. Pourtant, tant qu’on n’a pas vu « pour de vrai », impossible de se rendre compte que c’est encore bien au-dessus de ça. De temps en temps, en France et ailleurs en Europe, on tombe sur un rod ou une pro-touring qui sort des sentiers battus par sa qualité de finition. Pourtant et en toute objectivité, et malgré toutes leurs qualités, aucune de ces réalisations n’atteint ce qu’on trouve au SEMA. Rappelons qu’il s’agit avant tout d’une vitrine pour des équipementiers, qui proposent des pièces de haute qualité, pour optimiser les machines. Aussi, chacun redouble d’efforts pour attirer les regards et faire venir sur son stand quelque 300 000 visiteurs professionnels… Il faut réaliser la caisse qui tue. Celle qui écrase toutes les autres. Ça rivalise d’audace, technique et stylistique, parfois jusqu’à l’outrance. Mais le plus fou c’est réellement la qualité de finition des ensembles. Dessus, dessous, dedans, tout est plus qu’au top. DE OUF ! Les genres les plus courus sont les restomods et les pro-tourings. Normal, c’est ce qu’il y a de plus spectaculaire. Mais il ne faut surtout pas négliger la très grande part de tuning-drift sur bases essentiellement japonaises, et, dans une moindre mesure, européennes (BMW a une bonne audience). C’est à 50/50 avec les voitures américaines. Autre tendance très populaire : les pick-ups et trucks, notamment en version hi-rider, avec des châssis « télescopiques » montés sur vérins, débauche de chrome, de jantes en en 20 pouces mini, de peintures persos. Enfin, le spectacle fait partie du show, et les démonstrations de drift font bouffer des boulettes de pneus et respirer de la fumée de caoutchouc et d’embrayage aux spectateurs amassés autour de la piste, à moins d’un mètre des mécaniques qui virevolent dans un bruit furieux… On s’attendait à prendre une claque, on a été assommé. Où boire ? Où manger ? Si vous allez à Vegas, préparez- vous à douiller cher partout pour tout. Ils nous prennent pour des Américains… Des burgers plus rachitiques que dans les McDo français vous attendent au prix moyen de 25 $. On a eu du mal à trouver des points de chute corrects (prix, ambiance), mais voilà deux-trois adresses : pour boire un coup avant le resto ou au petit-déjeuner – selon votre rythme, ça vit 24/7 là-bas -, il y a le Yard House (Las Vegas blvd, 3545), je ne sais plus le nom du cocktail mais c’est une bombe atomique et la barmaid (« C’est-la-vie », in french in the text) est sympa. Pour manger le soir, c’est direct au Tilted Kilt (même adresse, c’est une galerie commerciale) : bonne ambiance, serveuses charmantes en minijupe écossaise et pas trop couvertes en haut, menu correct en qualité/prix (sans originalité cependant). On a fait toute la carte, tout tient la route comme une Studebaker à la Panamericana. En journée, on vous recommande un classique : le Denny’s (trois adresses à Vegas), fast food généreux en carte, prix corrects, endroit propre. On ne pouvait pas passer un doigt entre la caisse et la moquette ! Cette Bel Air 54 venait de chez Born Vintage Hot rods. Une Chevy pro-touring dans toute sa splendeur. Cette Chevelle WhippleD vient de chez Nostalgia Hot Rods. BMW ? Juste pour le look, le châssis est unique et le bloc est un V8 ricain.

A RENCONTRE MIKE HALL… Ceux qui ont Netflix connaissent bien cette série culte, Rust Valley. C’est tout simplement la vie du garage de Mike Hall, un sacré bonhomme, très charismatique, qui a entassé au cours de sa vie des centaines de semi-épaves d’américaines mythiques, sauvées de la destruction et entassées dans son grand terrain en Colombie-Britannique (frontière canadienne). Il entame des chantiers les uns après les autres avec son équipe (son fils Connor, son copain Avery – avec qui ça frictionne souvent -, la jeune Cassidy, carrossière de talent, Sarah qui s’occupe des commandes de pièces…). Mike a gagné sa vie comme dynamiteur de roches, et a ouvert cet atelier la « retraite » venue pour assouvir enfin sa passion des belles mécaniques customisées. Dans la série, Mike s’y dévoile comme un authentique passionné, mais aussi un grand homme, au propre comme au figuré, généreux comme on n’en trouve pas deux. La preuve, quand on l’a rencontré, la poignée de mains fut particulièrement franche ! Une Mustang 70 au concours Toyo Tires, signée Tucci Hot Rods. Quelques lowriders classiques étaient là. Don Garlitts en dédicace ! Voilà la très grande mode aux USA… Les séances de drift sont spectaculaires… Et ça pue le pneu brûlé grave ! Une Firebird 73 montée sur des éléments d’Indycar !

SEMA Show 2024 — photo 3


Cet article est extrait de Nitro #332, paru le 09/01/2025. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.

VAG Granby International 2024

Bois Joli traitement typé sixties pour ce coupé 5 fenêtres Model A équipé d’une calandre de Deuce. Notez au pas- sage le feeling avec le firewall peint en blanc et les pneus à flancs blancs ‘’komalépok’’ ! Le Marché aux Puces regorge toujours de belles décos US pour remplir la ‘’Man Cave’’ ou le salon ! Cette Do…

Bois Joli traitement typé sixties pour ce coupé 5 fenêtres Model A équipé d’une calandre de Deuce. Notez au pas- sage le feeling avec le firewall peint en blanc et les pneus à flancs blancs ‘’komalépok’’ ! Le Marché aux Puces regorge toujours de belles décos US pour remplir la ‘’Man Cave’’ ou le salon ! Cette Dodge Charger 1966 quitte son statut de muscle car restauré pour rejoindre la cohorte des caisses cools avec son scoop, ses roues tôle noires et ses pneus lettrés. Le ‘’Marché aux Puces’’ est l’occasion de faire de bonnes trouvailles comme ici avec cette aile arrière complète de Chevy Bel Air Two Door Sedan proposée par Daniel, un passionné habitué du rendez-vous de Granby.

Sirop d’érable VAG GRANBY INTERNATIONAL 2024 Le Show de Granby qui se tient chaque année à la fin juillet à 80 km à l’Est de Montréal, est le plus grand du Canada avec plus de 3 000 autos. En 2024, la popularité du show était toujours au zénith comme nous l’avons constaté aux portes du Parc Daniel Johnson. Suivez le guide ! D an tant qu’Américains du Nord, les Canadiens et plus particulièrement les Québécois, ont les mêmes centres d’intérêt que leurs encombrants voisins du Sud. Ils aiment le football US, la bière et se retrouver autour d’un BBQ pour faire griller de la bidoche et manger des ‘’chiens chauds’’ ou des ‘’Hot Dogs’’ suivant que vous vous trouviez en Ontario ou au Québec pour les francophones. Il est vrai que là-bas, la langue française est bien plus défendue que chez nous. En règle générale, comme pour résister à cette américanisation de la société, une loi a été votée dans les années 70 pour faire de la langue française, la langue officielle au Québec ! Il est par contre un domaine où l’anglais résiste encore, celui de l’automobile. De tous temps, les Canadiens francophones travaillant dans le secteur automobile, ont utilisé des outils en pouce et des revues techniques en anglais sur les autos US jusqu’aux années 70. De nos jours, par-delà les différences techniques et culturelles qui existent bien entre les anglophones et francophones, tous partagent la même passion de l’automobile ancienne avec la même ferveur. Et cela se ressent dès que l’on franchit les portes du Granby International. Se déroulant le dernier week-end de juillet, le show est articulé autour d’un programme qui ne diffère pas depuis des décennies. Le Swap Meet ou dans la langue de Molière, le Marché Aux Puces, peut parfois regorger de bonnes pièces vintage. Mais avec le temps cela devient de plus en plus rare à l’heure du Net où les infos circulent à la vitesse de la lumière. Le petit carburateur ‘’2 Barrils’’ Stromberg équipant les moteurs flat head, est devenu très recherché de nos jours par des hot rodders locaux qui pensent la faire à l’envers au papy Québécois qui est aussi connecté qu’eux ! Trêve de plaisanterie, il y a toujours des bonnes affaires à faire pour peu que votre œil soit bien aiguisé. Pour les inconditionnels de goodies typés sixties qui mettront en valeur le garage, la visite des 450 stands est un passage obligé dès le vendredi, histoire de trouver la pièce manquante ou la ‘’pompe à Gas’’ qui trônera fièrement à côté du juke-box Wurlitzer 1050 ! Cette Hudson ‘’rat’s’’ au feeling bien senti est connu dans le milieu québécois. Son propriétaire n’a pas hésité à traverser les USA pour se rendre à un festi- val Rock-A-Billy à Las Vegas. Moment de repos pour ce Custom Chevy Truck posé sur coussin d’air et cette Dodge Charger 1970 motori- sée par un ‘’petit big block’’ 383 ci. Jolie Pontiac Trans Am 1977 en version ‘’Bandit’’ si l’on excepte les roues de 8’’ seulement disponibles sur les versions 1978. S’il existait le ‘’Trophée de la plus courte dis- tance’’, il serait certainement attribué à Hélène et Raynald Perrault qui réside à… 100 m du Parc Daniel Johnson ! Leur Chevrolet Bel Air rouge ré- alisée il y a plus de trente ans, est une icône dans le milieu ‘’modifiées’’ québécois.

VAG Granby International 2024 — photo 1

Le mouvement rod québécois est très actif avec ses spécificités propres. Il en ressort de temps en temps de beaux spécimens comme le roadster Ford 1933 à moteur Buick Nail Head de George Watson de Belleville. Notez les verres de phares atypiques. Le Nord-Est de l’Amérique du Nord est le fief des muscle cars comme le montre avec brio cette splendide Oldsmobile 442 Pace Car 1970, dont le modèle original avait servi durant la 54e édition des 500 Miles d’Indianapolis le 30 mai 1970. Cette Cadillac Coupe De Ville 1976 nous a fait craquer par sa présenta- tion nickel, son historique suivi et sa combinaison de couleurs sentant bon les années Elvis ! Les Pontiac Trans Am 1973 sont des oiseaux assez rares, surtout en version SD 455. Celle-ci pro- pulsé par le V8 455 ci de base. Deux ambiances différentes le samedi soir dans un petit cruise spot improvisé dans une station-service avec à droite le style Hamburger shake and fries et à gauche le style, Congés payés National 7 pâté cornichons. Les deux ont leur charme ! Le spot a visité au moins une fois lors d’une venue à Granby est l’institution ‘’Chez Ben, on se bour la bedaine’’. Ne riez pas, c’est ce qu’il y a d’écrit sur la très cool enseigne en néon sentant bon les années 60.

Si le ‘’Marché aux Puces’’ représente une grosse partie du show de Granby, d’autres activités sont organisées sur la grande surface du Parc Daniel Johnson faisant face au lac Boivin. La vente aux enchères ou ‘’encan’’, permet de vivre une petite expérience bien éloignée des ventes guindées françaises où les commissaires- priseurs parlent des autos comme du bon vin en vendant une ‘’histoire’’ pour faire grimper la sauce en traînant en longueur… alors qu’il n’a fallu que 7 minutes pour vendre la Mustang 1968 fastback du Lieutenant Franck Bullitt à Kissimmee en janvier 2020 pour 3.74 millions $ en partant de 3.500 $, le prix payé à l’époque par son propriétaire ! Autre pays, autres mœurs ! Si le vendredi est très calme du côté de l’exposition proprement dite, il n’en est pas de même le samedi qui reste de loin le pic du week-end. La météo estivale incite à sortir les autos qui débarquent de toute la Province mais aussi de bien plus loin comme les états US frontaliers du Canada avec le Vermont, le Maine ou l’état de New York. Le show est divisé en deux secteurs bien distincts avec d’un côté les autos dans leur configuration plus ou moins d’origine si l’on extrait les restomods, et de l’autre les « modifiées » comme les surnomment les Québécois. Là, on trouve de tout, du bon goût traditionnel jusqu’aux ‘’saveurs locales’’ où l’on se dit que Hot Rod Magazine ou The Rodder’s Journal n’est pas le livre de chevet de certains passionnés. Mais comme tous les goûts sont dans la nature… Par contre, pour ce qui est des restaurations fidèles à l’origine, les amateurs connaissent bien leur sujet avec des restaurations stratosphériques bien éloignées des standards franchouillards où la flemme guide les passionnés quand il faut polir pendant des heures une peinture et que le fait de se baisser pour cirer les pneus risque de leur coincer le dos. NO CRUISING ALLOWED L’effervescence ressentie le samedi ne se ressent malheureusement pas le soir dans la ville de Granby qui, certes, possède une belle avenue centrale mais qui, pour l’occasion, n’est pas neutralisée au moins une petite partie de la soirée pour offrir un petit ‘’happening’’ avec un cruising organisé comme le font beaucoup de shows de l’autre côté des ‘’lignes’’. Si ce n’est une petite ‘’Pompe à Gas’’ (station-service ou pompe à essence en bon québécois !) squattée par des amateurs ou quelques autos entrevues sur des parkings de restaurants, on se demande même où sont passées ces 3 000 ‘’chars’’ ayant franchi les portes du parc Daniel Johnson quelques heures auparavant ? On a la culture auto ou on ne l’a pas ! Et du côté de la ville de Granby, il semblerait que Le coin des Mustang dont les propriétaires désirent participer au concours d’état est bien relevé. Ici on juge l’état de la voiture et non le modèle en lui-même. Quoi de plus cool que ce Cruiser sur base Lincoln Continental 1964 pour pro- fiter du soleil estival en cette fin juillet. Notez la qualité de la peinture, la sellerie cuir fauve et les roues billet en diamètre à l’esprit stock. Le samedi matin, la file d’attente s’al- longe très vite comme en témoigne cette belle brochette de Muscle Car.

VAG Granby International 2024 — photo 2

La Plymouth Belvedere 1958 de Michel Mondoux restau- rée aux petits oignons ferait bien de l’ombre à n’importe quelle Plymouth Fury… Avec son look roots sortie de grange, cette Dodge Daytona à fait parler d’elle tout le week-end lors de la vente aux enchères ou encan comme on dit ici ! Venus depuis Laval …au Québec, ‘’Chromé’’ et sa blonde Patricia sont de tous les rendez-vous de Granby soit avec leur Chevrolet Bel Air 1957 ou cette année avec un stand vendant des pièces de Chevy avec une spécialité, les moteurs en W type 348 ou 409. Motorisé par un V8 312 ci Marauder de 330 hp, ce station wagon Woody Mercury Colony Park 1958 a fait sensation avec sa superbe teinte noire mettant en va- leur les boiseries. Notez le Body Style en 4 portes sans montant ! Il vous manque un petit truc sympa pour votre plateau drive-in ? Alors pourquoi pas une des créations uniques de faux Milk Shake imaginée par la ravissante Danielle Clavette.

cela ne soit pas le cas… Dommage ! CHAUD AND SHINE Le dimanche matin, après une nuit entière à déambuler dans les rues à essayer de localiser sans succès ‘’Robert Latendresse’’ et sa Chevrolet 55 Gasser ou un fameux coupé 32 jaune ‘’Five Window’’, les amateurs se retrouvent pour astiquer et faire briller de mille feux leurs engins avant le passage des juges pour celles et ceux qui se sont inscrits au concours d’état. Là, les juges ayant chacun leur spécialité, dissèquent les prétendantes avec le même zèle qu’un gendarme français qui se pencherait sur un Ford 32 Hi-Boy compressé avec des wheelies-bars… En ce dimanche matin, le spectacle est bien rodé avec toutes les catégories soigneusement rangées entre les fifties, les Mustang, Camaro, Mopar et autres ‘’modifiées’’ etc… Tandis que les juges se plient en quatre pour départager équitablement les participantes, les visiteurs profitent encore des autos avant la mise en place de la cérémonie de remise des prix qui se fait en défilant par classes sous l’œil exercé d’un public connaisseur. Et cette cérémonie prend un certain temps avec pas loin de 50 classes et 3 gagnantes par classes ! Le spectacle est alors au rendez- vous avec des lauréats fiers de recevoir les honneurs avec des trophées qui ont une vraie signification au vu de la qualité d’ensemble des autos présentées. Le Granby International reste le grand show annuel pour les passionnés canadiens et les nombreux Français rencontrés dans les allées avec ‘’leur accent’’ bien reconnaissable ne me contrediront pas sur ce point. Si vous êtes au Québec fin juillet 2025 pour la 42e édition de Granby, faites un détour sans oublier votre crème à claques car vous risquez d’en prendre quelques-unes ! Si les Mopar Maniacs craque- ront plus vite sur le conver- tible 1971 340 ‘’Four Bar- rel’’ équipé du capot R/T, le modèle 1974 propulsé par un V8 360 ci en boite méca avec levier Pistol Grip, ne manque pas d’attrait ! Pourquoi tant de haine sur les millésimes 72-74 E-Body ? Un mystère ! Le niveau de restauration de cette Camaro Z/28 1969 Garnet Red est hallucinant. Notez l’absence de baguettes de tour d’ailes, de l’enjo- liveur de gout- tière et des faux louvers qui font tous partie du même code option. Le Québec, c’est aussi cela avec ce pick-up Stepside GMC qui se la joue ‘’Lil Red Express’’ façon GM avec une benne de Square Body de la génération suivante ! Quant à la déco et au style… j’ai regardé la date de mon billet de retour en me disant que c’était loin…

VAG Granby International 2024 — photo 3


Cet article est extrait de Nitro #332, paru le 09/01/2025. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.

Trophée ATD

Bois A n ce week-end des 22 et 23 Juin, la 24e épreuve du Trophée Dragster signait la deuxième manche du Trophée ATD pour la saison 2024 sur la désormais mythique piste du Clastres Dragway près de Saint-Quentin (02). Dès le jeudi soir pour certains, les concurrents étaient prêts pour en découdre à nouveau sur le…

Bois A n ce week-end des 22 et 23 Juin, la 24e épreuve du Trophée Dragster signait la deuxième manche du Trophée ATD pour la saison 2024 sur la désormais mythique piste du Clastres Dragway près de Saint-Quentin (02). Dès le jeudi soir pour certains, les concurrents étaient prêts pour en découdre à nouveau sur le ruban d’asphalte long de 400 mètres en arrivant tôt au circuit pour les plus éloignés. Mais avant de pouvoir déposer de la gomme lors des runs, l’équipe de l’ATD s’est attelée à préparer la piste sérieusement tout au long de la semaine précédent l’évènement. Un travail de l’ombre où il faut encoller la piste sur toute sa longueur afin de la rendre plus performante et plus sécurisante pour les pilotes disposant de gros matériel. Sans ce travail primordial, les grosses catégories partiraient quasiment toutes en burn out en allumant les pneus faute d’adhérence. Malheureusement pour les racers mais aussi pour les spectateurs, la météo n’est guère encourageante pour le week-end. Sous un ciel menaçant ne laissant rien augurer de bon, après un travail acharné de tous les membres de l’association pour sécher la piste après une averse matinale le samedi matin, l’espoir revient et quelques runs ont permis à quelques chanceux de s’exprimer pour tester les machines. Malheureusement cette session d’essais du samedi sera écourtée avec une autre averse soutenue prévue en milieu d’après-midi. Cette dernière mettra un terme aux runs pour la journée du samedi malgré une belle éclaircie venue trop tard. LA VIE EST BEAUCOUP PLUS BELLE AU SOLEIL ! Le dimanche démarre mieux que le samedi avec un changement d’ambiance et une météo quasi estivale pour cette deuxième journée de la 24e édition de l’European Dragster. Motivés comme jamais, tous les racers sont sur le pied de guerre pour se European dragster TROPHÉE DRAGSTER ATD 2024 Réduit à trois rendez-vous sur une période concentrée, les épreuves de l’European Dragster du Trophée Dragster ATD sont toujours fidèles à elle-même avec au programme du gros son, de la fumée et des prestations toujours plus enthousiastes des pilotes français et étrangers. Faites chauffer la gomme ! La Chevrolet Camaro de Celestin Kenneth engagée en catégorie Super Comp, n’a rien pu faire contre Clément Dubois et son Altered et sort en huitième de final.

Steven Loisel a bien figuré dans cette dernière course de l’ATD en allant jusqu’en demi-finale où il se fait sortir par la Ford Maverick de Jean-Luc Arnaud. Pas besoin de tenir la voiture en plein burn out pour cette Plymouth 1964. Pour 28 000 €, passez du stade de spectateur au stade d’acteur du Trophée Dragster ATD avec cette Chevy Nova prête à courir. Steven Loisel et sa Cox V8 Mopar est opposé ici à la Dodge Dart 1969 ‘’Landy Tribute’’ de Thierry Leveque. Les VW Drag s’inspirent souvent des drags US des seventies comme le montre ici les VW ‘’The Smoker’’ et ‘’Strudel’’. Le public a pu apprécier la puis- sance du Jet Car de Sébastien Lajoux lors de runs exhibition sous formes de baptêmes pour les plus téméraires n’ayant pas peur de se retrouver assis à côté d’un réacteur de chasseur US.

Trophée ATD — photo 1

Le Suisse Eric Mathis est un habitué des lieux avec son pro Mod sur base Chevy Bel Air 1957. Chaque concurrent a sa Back-up Girl attitrée avec des styles différents diamétralement opposés mais la passion reste la même. L’Anglais Lee Huxley prouve qu’il n’y a pas que le style McQueen Bullitt qui va aux Mustang Fastback 1968. Dns le car show, de belles sur- prises comme cette Imperial 1959 dans un superbe jus d’origine à la limite du survivor. Quelques beaux rods sont venus garnir les parkings dédiés comme ce splendide coupé Chevy 1937 bien connu dans le Nord de la France te- nant compagnie à un pick-up Chevy équipé de roues smoothies. Le Suisse Mike Bruckmueller a fait le spectacle au volant de sa superbe Camaro 1967 engagée en catégorie Super Pro ET et en finissant premier des qualifica- tions avec un temps le plus proche de son index avec une différence de 0.0002 seconde !

qualifier pour les phases finales malgré un manque de repères faute de runs. Avec un nombre limité de runs qualificatifs dû au timing à respecter le dimanche, les pilotes les plus réguliers avaient un avantage certain. En catégorie Junior Dragster, après une élimination en ¼ de finale lors de l’édition ‘’23’’, la Hollandaise Lorris Weyland remporte le trophée face à la Française Marie Camilleri qui elle, avait remporté la manche précédente (2023). Lors de la dernière manche de la saison française qui s’est déroulée les 27 et 28 juillet 2024, la victoire en Junior Dragster est revenue à l’Allemand Thore Wolf face au Hollandais Sam Timmers, prouvant que la discipline est très disputée avec trois vainqueurs différents aux trois courses. Réservée aux voitures de rues affutées, la catégorie Street Run permet de se défouler et de s’amuser en tapant des chronos sans prévenir son assureur. Pas vus, pas pris ! À ce petit jeu durant l’opus 24 de l’European Dragster, c’est le Luxembourgeois David Thiges qui met tout le monde d’accord au volant de sa VW. Lors de la dernière épreuve, c’est l’Anglais Clive Dandridge avec son pick-up GMC C-15 qui s’est révélé le plus performant face au même Luxembourgeois. Même si les voitures engagées en Street Run ne sont pas de banales muscle cars ou voitures préparées, les choses sérieuses commencent à partir de la catégorie Pro ET sponsorisés par Speed Flex. Dans cette classe très disputée où la concurrence fait rage, 39 racers seront recensés pour la 24e édition avec une victoire qui est revenue à l’Allemand Gerd Habermann au volant de sa Pontiac Firebird 1969 opposé à René Schindler et son pick-up Chevrolet S10. Tout cela après avoir battu Cédric Limasset et sa Mustang coupé 1966 bien connue du paddock. MÉTÉO DÉCIDÉMENT CAPRICIEUSE Pour la 25e et dernière épreuve du championnat français, la météo capricieuse a de nouveau bouleversé le déroulement des runs. Les concurrents n’ont eu le temps De retour à Clastres pour l’opus 24 de l’European Dragster, l’Anglais Billy Gane et sa Vauxhall 1969 ont ravi le public avec des runs constants. Un bon contingent de VW fait de plus en plus le déplace- ment aux sessions de Clastres, attirés par une ambiance et un espace leur permettant d’exprimer le potentiel de leur mécaniques comme ici avec Michael Spiessens. Une petite délégation du Mustang Club de France avait fait le déplacement. De là à ce qu’il y ait des concours de burns au Mustang Day, ce n’est pas encore dans les cartons… Pourtant le Drag Racing c’est bien dans la culture auto US ! Duel Mopar VS Ford entre Peter Soursas et sa redoutable Barracuda 1971 et la petite Ford Pinto d’Aurel Motors pilotée par Aurélien Ménard.

Trophée ATD — photo 2

Lors de la 24e édition de l’European Dragster, Claire- Ange Renard maitrise parfaitement sa Barracuda 1973 mais ce ne sera pas suffisant face à la Pontiac Firebird de Gerd Habermann avec une élimination prématurée en 16e de finale. La Duster de Loïc ‘’Mr Hot Wheels’’ n’en finit pas d’évoluer au fil des épreuves de Trophée Dragster. Mais jusqu’où ira-t-il ? Duel 100 % allemand entre la VW 1966 de Dirk Kunold partant en wheeling et la Plymouth Belvedere 1964 de Bernt Kaltenbach qui étrennait une nouvelle déco flammée pour cette 24e édition de l’European Dragster. L’Allemand Franck Römer et sa Cama- ro 1970 sont de sérieux concurrents en catégorie Super Pro ET. Sans un rouge en finale, il aurait remporté la dernière manche du Championnat Français. Si vous rencontrez cette Chevy 1956 aux Grand Prix de Feux Rouges, ne la provoquez pas à moins d’avoir une machine qui a du répondant ! Stéphane Jacquot et son Altered Fiat Topolino en plein rolling burn.

de faire que trois runs le samedi. À ce petit jeu des qualifications, c’est Jean-Luc Arnaud et sa Ford Maverick 1971 Grabbed Blue qui remporte la catégorie pour son retour dans le paddock en battant Janine Petzold et sa Mercedes coupé CLK gris silver qui a eu des soucis mécaniques après son burn out. Avant cette finale, Janine Petzold avait battu Sébastien Platner au volant de sa VW Cox. De son côté, Jean-Luc Arnaud s’était défait de Steven Loisel au volant de va VW à moteur V8 Mopar. Dans la catégorie reine en France, les Super Pro ET, la compétition est tout aussi vivace que dans les autres catégories. En juin, la victoire est décrochée par Lucas Pottholf avec son rail dragster face à la redoutable Alfa Romeo d’Alain Duerr motorisée par un Big Block Mopar compressé. Pour l’épreuve finale se déroulant fin juillet, Lucas Pottholf tombera dès les ¼ de final contre Eric Mathis et son Drag Chevy 1957 Pro Mod. Ce dernier s’incline en demi-finale face à l’Espagnol Angel Romero et sa monstrueuse Camaro Pro Mod venue de Barcelone. Dans le deuxième tableau, le Français Stéphane Jacquot et son Altered Topolino s’incline en demi-finale face à la Chevrolet Camaro de l’Allemand Franck Römer. Pour la finale, malgré un index cassé par Angel Romeo avec un run de 8.17 pour un index de 8.18, ce dernier remporte la victoire face Franck Römer qui lui offre la victoire sur un plateau avec un joli ‘’rouge’’. En marge des catégories présentes dans le calendrier français, les dates de l’ATD accueillent aussi des dates pour les catégories européennes Super Comp et Super Gas. Certains concurrents français sont aussi impliqués dans ces catégories ‘’européennes’’ comme Cédric Limasset qui remporte celle des Super Gas face à un autre français en la personne de Peter Soursas. En catégorie Super Comp, Clément Dubois et son altered Milwaukee tombe face à Gerd Habermann et son rail. Pour conclure, du côté des afficionados du Pentastar de la French Connexion, l’ambiance a été teintée d’une grande émotion en apprenant le décès de leur pote Pascal plus connu dans le milieu comme ‘’Le Plum’’. C’est avec leur Plymouth Barracuda respectives portant des messages lui rendant hommage que Peter Soursas et Claire-Ange Renard ont effectués leurs runs en clôturant leur week-end en lui offrant un burn d’anthologie en duo avec tous ses amis en pensant bien fort à lui. Quel plus bel hommage enfumé pouvaient-ils lui offrir que ce burn sous le portique de départ dont la fumée a dû titiller les narines du Plum. À Nitro où sa Dodge Challenger 1970 fut publiée (Nitro 185), on lui dédie ce reportage. Keep on Dragin’ Dude comme dirait un certain David Friedburger… En hommage à leur copain Pascal dit ‘’Le Plum’’ parti trop tôt, rien de mieux qu’un bon burn pour honorer sa mémoire en compagnie de ses amis. Lors du 24e European Dragster, Alain Dueer et son Alfa Romeo GTV Mopa- risée bat l’El Camino 1969 de Michael Mikuscheit en demi-finale en 8.78 à 242 km/h contre 8.82 à 250 km/h. Look très intimidant pour la Dodge De- mon de l’Allemand René Siefert lors de l’épreuve de Juin. Crédit photo : ADELINE KOWALSKI

Trophée ATD — photo 3


Cet article est extrait de Nitro #330, paru le 11/09/2024. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.

23e European Dragster à Clastres

Bois 23e European Dragster à Clastres S’il y a un concurrent qui fait le spectacle à chacune de ses apparitions aux épreuves European Dragster, c’est bien le Suisse Christian Zulauf au volant de son mons- trueux et très performant Ford Model A 1931. Venue de Belgique jusqu’à Clastres, cette Plymouth Roadrunner 1…

Bois 23e European Dragster à Clastres S’il y a un concurrent qui fait le spectacle à chacune de ses apparitions aux épreuves European Dragster, c’est bien le Suisse Christian Zulauf au volant de son mons- trueux et très performant Ford Model A 1931. Venue de Belgique jusqu’à Clastres, cette Plymouth Roadrunner 1970 dans sa robe Lime Light Green a fait baver plus d’un amateur Mopar dans le paddock. Cédric Limasset préfère déposer de la gomme et taper des chronos au volant de sa Stang en 10.12 à 211 km/h. Pas mal pour une voiture de secrétaire…

Les courses du Trophée ATD sont toujours attendues avec une certaine impatience dans le paddock de la part des coureurs français mais aussi étrangers. Retour en image sur l’édition des 11 et 12 mai, 23e du nom ! Fabien Dubois maitrise son Rail Milwaukee à la perfection. Qualifié en 4ième position malgré un run en 7.17 sec à 303 km/h, Fabien tombe en ¼ de finale face au redoutable El Camino 1969 noir de l’allemand Michael Mikuscheit. Reportage 23e EUROPEAN DRAGSTER À CLASTRES

23e European Dragster à Clastres — photo 1

Le gang francilien des ‘’mousseuses’’ était pré- sent avec la Trans Am 1975 de Bruno Hardy tenant compagnie à la Camaro 1967 de Patrice ‘’passe-moi le décapsuleur’’ Vermeille et de la Camaro 1971 de Christophe ‘’Remets-en donc une tournée’’ 95. Pour cette 23e édition, le parc rods et customs était bien fourni avec ce duo qui illustre bien l’expression ‘’posé dans l’herbe’’. Tout l’esprit du drag racing dans ce cliché. Ne manque plus que le son et les odeurs de gommes brûlée du rail de Sébastien Lajoux dont le meil- leur temps est 6.9 à 334 Km/h. Pour sa première vraie course, Laurent Ar- naud a fait forte impression au volant de sa nouvelle Corvette : son meilleur temps sur cette première sortie est 7.97 pour 277 km/h. Mais il sort prématurément avec un ‘’rouge’’ face à Renaud Launay.

L ’odeur de la gomme brûlée et du bruit rageur des drags est une drogue saine pour tous ceux qui reconnaissent cette discipline à sa juste valeur. Ainsi chacun profite du spectacle offert par les coureurs qu’ils soient engagés en Super Pro/Et ou dans les petites catégories comme en Street Run ou en sessions de runs libre (RWYB). Les participants ou les simples spectateurs sensibles au ruban d’asphalte mesurant 1 320 pieds ou 402 mètres, en prennent alors pleins les yeux… et les narines tout au long de ces week-ends de courses ! Pour perpétuer cet esprit, les membres de l’ATD ont tissé au fil des ans des épreuves sérieusement organisées mais où la convivialité reste le maître mot. Après-tout on n’est pas là pour se prendre la tête et la grande expérience des organisateurs est maintenant reconnue dans toute l’Europe du Drag Racing. Chaque année, un contingent de pilotes étrangers fait le déplacement jusqu’au Clastres Dragway pour en découdre officiellement ou pour effectuer de nombreuses sessions ‘’Test and Tune’’. Ainsi suivant les calendriers des différents championnats, il y a toujours des gros teams qui font le déplacement. Certains de ces pilotes sont même devenus des habitués qui ne louperaient pour rien au monde une course de Clastres où ils peuvent rouler beaucoup plus souvent qu’ailleurs. En effet en cas d’élimination lors des phases finales, le ‘’perdant’’ peut alors se rabattre sur les sessions de RWYB pour continuer de faire évoluer son drag en essayant différents réglages, ce qui n’est souvent pas le cas sur les grosses pistes européennes comme Santa Pod ou Hockenheim où quand vous êtes éliminé, le seul avantage que vous avez …c’est de pouvoir rentrer plus tôt chez vous ! SOLEIL MIRACULEUX En ce weekend des 11 et 12 mai dernier, cette 23ie édition de l’European Dragster du Trophée Dragster ATD, a tenu toutes ses promesses. Bien aidée par une météo quasi estivale, la course s’est bien déroulée sans aucun problème. En junior Dragster, ce sont onze prétendants qui se sont présentés pour en découdre. Malgré une place en milieu de tableau après la huitième session de qualification, c’est la Française Marie Calimeri qui remporte la course devant l’Allemande Emily Shaupp. En catégorie Street Run, ce sont treize concurrents qui se sont défoulés. Après avoir battu Eric Armand au volant de sa splendide Camaro 1969 Hugger Orange, Nicolas Chevassus et sa Pontiac Firebird 1970 ont eu fort à faire face à une autre Firebird, celle de Samantha Fermond. Même si ce ne sont pas les machines les plus puissantes, la catégorie Pro/ET est la plus populaire lors de ces épreuves de l’ATD. Pour cette 23e édition on ne comptait pas moins de quarante- quatre engagés venus de toute l’Europe. Si Peter Soursas assure toujours autant le spectacle au volant de sa Plymouth ’Cuda 1971 qui évolue de courses en courses, ce n’est pourtant pas lui qui est reparti avec le Trophée du Winner en ce dimanche soir. En effet, en finale l’Anglais Ronnie Mercer au volant de sa méchante Ford Popular bleue ‘’Mairie de St-Maur’’ qui se défait de l’Allemand Gerd Habermann avec sa Firebird 1969 tout aussi bestiale avec son Big Block Chevy 482 ci (7.6 l). La catégorie Super Pro/ET est la Pour sa première vraie course, Laurent Arnaud a fait forte impression au volant de sa nouvelle Corvette : son meilleur temps sur cette première sortie est 7.97 pour 277 km/h. Mais il sort prématurément avec un ‘’rouge’’ face à Renaud Launay. Cyril Perret n’a pas attendu les bobos pour parler de voiture hybride avec sa Renault Laguna mixée avec un avant de Peugeot 406 coupé. Pour la mécanique, il rem- plit toutes les cases du politiquement incorrect avec du bruit, ça pique les yeux mais que c’est bon ! Avec leur Chevrolet ‘’Hell Camino’’ portant bien son nom avec son moteur 383 ci de 620 ch plus 150 de shoot au NOS, Benoit et Maud Isnel écument les pistes de Clastres et d’Italie pour en découdre en catégorie Super Pro/ET. Reportage 23e EUROPEAN DRAGSTER À CLASTRES

23e European Dragster à Clastres — photo 2

catégorie où il faut commencer à se boucher les oreilles sur le bord de la piste si l’on n’est pas équipé d’un casque. Dans cette classe très disputée, Laurent Arnaud alignait pour la seconde fois sa nouvelle Corvette de Drag mais en configuration course cette fois-ci. La finale a opposé le Barcelonais Angel Romero au volant de sa Camaro 1967 Pro Mod à l’Allemand Michael Mikuscheit et son Chevy El Camino qui remporte la victoire haut la main. Le public ayant bravé le soleil a aussi pu se régaler avec la puissance du rail Milwaukee de Fabien Dubois dont le meilleur temps est à ce jour …7.15 sec. à 304 km/h. Si l’on ajoute à ce week-end un bon contingent de VW Cox à la présentation hyper photogénique avec un certain Ludo qui s’en est donné à cœur joie avec sa VW Four Play en réalisant de superbes départs en Wheeling ‘’comme là-bas ‘’, il ne manquait pas grand-chose pour faire de cette session VW improvisée un énième Bug-In avant l’heure… En attendant, la formule et le format des courses plaisent et c’est bien cela le plus important en rendant tout le monde heureux, pilotes et spectateurs compris. Thierry Leveque avec sa Dart 1969 en pré-grille en compagnie d’Aurel et sa Pinto au look seventies. Désormais habitué des rendez-vous de l’ATD, l’Anglais Ronnie Mercer a passé un très bon week-end en remportant haut la main la victoire dans la ca- tégorie Pro/Et face à l’Allemand Gerd Habermann. Venu de Hollande, cette Chevy Gasser 1955 en mode roots ayant connu de meilleurs jours, a prouvé qu’avec son nom White Trash, nombreux seraient les passionnés prêts à la récupérer à la ‘’Trash Can’’… Avec sa Plymouth Belvedere 1964, Sophie Zaninetti a eu fort à faire avec Ronnie Mercer et sa Ford Pop malgré son Big Block Mopar 493 ci qui l’emmène souvent aux portes des 10 sec avec un 11.01 à 195 Km/h. Joli feeling pour ce Ford F-1 1948 venu tout droit de Hollande avec ses roues tôles noir et son drop- page juste ce qu’il faut. Ici au grand complet, le team de Sébastien Lajoux est un des acteurs majeurs du Drag Racing en France. En dehors des courses avec son rail de 2 500 ch engagé en Super Pro/ET, des baptêmes sont possibles en rail biplace de 1 200 ch ou en jet car de …6 000 ch ! Duel au sommet en catégorie Super Gas entre l’Italien Oscar Scap- pocin au volant de sa Nova jaune ‘’Goin Banana’’ et le Hollandais Hol Arnold au volant de sa Ply- mouth Roadrunner 1970. À une époque, la Chevy Nova 1963 de Ed ‘’Buurman’’ Breedveld était la voiture im- matriculée la plus rapide de Hollande avec le ¼ de Mile abattu en 9.40 grâce à son Big Block Chevy 509 ci de 785 ch. Cette édition a vu la venue d’un beau contingent de VWs avec un feeling qui rappelait les heures de gloire des fameux Bug-In US de la belle époque comme en témoignent Ludo et sa VW Four Play et la Mupper Racer de Stéphane Speelman.


Cet article est extrait de Nitro #329, paru le 15/07/2024. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.