Ford Galaxie 500 1964

Texte et photos kiki D. Bois Un homme sous influence FORD GALAXIE 500 1964 Il aura fallu un voyage au Sema Show de Las Vegas pour que la vision de l’automobile soit à jamais revue dans l’esprit de Fabrice Goepfert. Les conséquences de ce trip au pays de la bagnole, vous l’avez sous les yeux avec son magnifique cruiser Ford Galaxie 500 19…

Texte et photos kiki D. Bois Un homme sous influence

Il aura fallu un voyage au Sema Show de Las Vegas pour que la vision de l’automobile soit à jamais revue dans l’esprit de Fabrice Goepfert. Les conséquences de ce trip au pays de la bagnole, vous l’avez sous les yeux avec son magnifique cruiser Ford Galaxie 500 1964. Quand le Hot Rodding rime avec simplicité et goût… A little less conversation, Elvis presley

Ford Galaxie 500 1964 — photo 1

‘’COLLECTIONNEUR’’ AUX OREILLES DE FABRICE, PLUTÔT HABITUÉ AU SON DES AMPLIS MARSHALL ET DES ÉCHAPPEMENTS DE VW PRÉPARÉES. Cruiser FORD GALAXIE 500 1964 La sellerie de cette Ford Galaxie 500 qui a traversé les âges sans accrocs, est complè- tement d’origine. Qui n’aurai pas voulu être responsable du bureau de design affecté aux pan- neaux de porte dans les années 60 ? On est bien loin des intérieurs ‘’50 Nuances de Gris’’ des autos modernes ! Le sublime centre de volant bleu prend ici une tout autre dimension non ?

L ’adoration que l’on a tous pour la culture auto US peut prendre différentes formes selon vos goûts, vos envies, etc. C’est exactement le même phénomène qui se passe devant la vitrine d’un boulanger pâtissier en s’imaginant se taper le joli Paris-Brest ou le Saint -Honoré qui vous font de l’œil ! Certains seront sensibles aux gros Kenworth W900 Conventional bardés de chromes en ayant cette image d’Épinal de longs Interstates sous un soleil couchant en écoutant East Bound and Down de Jerry Reed dans Smokey and the Bandit. Pour d’autres, ce sera les quartiers d’East L.A. en posant fièrement avec des lunettes Spy devant leur Impala Low Rider Six Tré en jouant les bad boys (sans casier judiciaire) tout en écoutant Low Rider de WAR, Colors d’Ice-T, la chanson thématique du film du même nom (1988) ou encore La Playa de Tha Mexakinz (1996). Pour les branchés hot rod croyant qu’American Graffiti se joue toujours dans toutes les villes des Etats- Unis une fois la nuit tombée, leurs yeux se ferment tous les soir en s’imaginant être le mec le plus cool du conté en portant un T-Shirt blanc à bord d’un coupé Ford 32 5 fenêtres avec le paquet de Lucky Strike roulé dans le bras dépassant par la fenêtre. Tous ces clichés entretiennent l’imaginaire des grands enfants que nous sommes en pensant à l’american way of rouler… Cool ! Fabrice Goepfert fait lui aussi partie de ces passionnés fondus de cette culture automobile aux antipodes de la vision strictement d’origine. DE LA VW AU V8 Notre ami Fabrice et son épouse Aurélie ont toujours baigné dans cette culture automobile US. Charpentier de formation, Fabrice a trouvé sa voie en devenant carrossier il y a sept ans tandis que Madame exerce son métier de sellière avec talent dans des locaux situés à 12.5 mètres du domicile familial. Leurs premiers amours automobiles les emmènent dans le milieu VW avec cette approche californienne en toile de fond. Un nombre impressionnant de VW passeront dans le garage familial, que cela soit en mode Cal Look ou simplement restaurées dans les règles de l’art. Car le mouvement VW a cela d’intéressant que les amateurs sont les plus ouverts d’esprit du monde de la « collection » avec ceux du mouvement 2 CV. Un amateur de VW Cal Look aimera autant une VW stock que la même équipée d’un 2.3 l avec des 48 IDA et des pièces vintage. En fait, une vraie vision américaine, où tout le monde est d’accord pour apprécier une automobile quel que soit son style. VOYAGE SANS RETOUR Quand on a tout le temps été élevé à la culture auto US, le rêve ultime est souvent d’aller faire un petit pèlerinage sur place au pays des burgers. Généralement, un Venant du milieu VW, lorsqu’il ne restaure pas une VW Split, Fabrice Goepfert se prend des pauses en cruisant au volant de sa Galax’. sentiment de vivre un truc de dingue vous submerge en ayant ce feeling d’être au beau milieu des pages d’un reportage d’un magazine ou d’un show que l’on a vu maintes fois à la télé. C’est ce qui s’est passé pour Fabrice Goepfert lorsqu’il s’est retrouvé début novembre 2019 au Las Vegas Convention Center pour le SEMA Show. En arrivant dans la ville du jeu, rien que le nom du complexe qui fait plus glamour que… le Parc des Expos de la porte de Versailles, le séduit d’entrée. Ben oui, voilà c’est comme ça! En plus du show en lui-même, il y a cette destination, Vegas, avec tous les excès que l’on peut imaginer dans cette ville créée par des gens peu scrupuleux dont le but ultime inavouable est de vous vider les poches… avec le sourire ! C’est en faisant ce voyage initiatique que Fabrice craque sur cette atmosphère qui prête à vouloir cruiser toutes glaces baissées dans une caisse cool au son du ronflement d’une mécanique 8 cylindres en V. Le tout en étant zen et heureux de faire plaisir aux badauds qui vous font des pouces levés en vous voyant passer sur un boulevard de 30 km de long… VOYAGE DANS LA GALAXIE AUTOMOBILE US Quoi qu’il en soit, c’est au retour de ce voyage américain, que Fabrice commence à cogiter son rêve de rouler cool au son du V8. A contrario du mouvement VW qui est basé sur un véhicule en particulier, le monde de l’américaine est bien plus complexe lorsqu’il s’agit de choisir un modèle. N’étant pas fixé sur une auto en particulier, Fabrice étudie et observe les modèles qui lui plaisent. Et des modèles sympas, la production automobile US en a fabriqué des centaines avec des changements de calandre à chaque millésime. C’est pourquoi les amateurs peuvent identifier une auto en un clin d’œil avec un seul détail esthétique, impressionnant au passage les novices. Essayer d’en faire de même avec une Renault 5 des années 70 ! C’est en observant l’histoire des Ford Galaxie des années 60 et leurs parcours en NASCAR que notre ami trouve cette auto attirante et attachante. La ligne élancée et les gros feux arrière en tuyères de réacteur achèvent de le convaincre de chercher ce modèle en coupé hard top. C’est chez le gros spécialiste de voitures anciennes John Scotti à Montreal que notre ami trouve son bonheur en février 2022 avec un modèle Galaxie 500 de 1964 dans un superbe état d’origine. Malgré les hivers rudes dans cette contrée du monde, la Ford Galaxie est en excellente condition car elle a certainement été préservée en étant utilisée seulement aux beaux jours. La Galaxie débarque sur le Vieux Continent en mars 2022 pour le plus grand plaisir de Fabrice. Les premiers essais se passent sans soucis avec une auto saine dans son comportement. Seule ombre au tableau, la sonorité générale fait trop ‘’collectionneur’’ aux oreilles de Fabrice plutôt habitué au son des amplis Marshall et des échappements de VW préparées. En gros, c’est trop lisse pour notre homme, qui va mettre ses compétences de carrossier à l’épreuve pour la fabrication et la monte d’une double ligne Magna Flow X-pipe en 2.5’’. Fabrice profite de cette période pour sortir le moteur V8 352 ci FE Series et y mettre sa patte avec des petites touches de bleu rappelant la superbe couleur Guardsman Blue code F. L’intervention de notre passionné sur son nouveau jouet ne se résume pas au seul moteur puisqu’il s’occupe de rapprocher sa Galax’ du sol avec la pose de combinés filetés Ride Tech aux quatre coins. Pour parfaire le style, le choix des jantes se porte sur des modèles American Racing VN 427, répliques des roues Halibrand utilisées sur les fameuses Shelby Cobra et Daytona. Tant qu’à se faire une Ford Galaxie en mode Cruiser, autant rester corporate dans le choix des roues ! Sans partir dans de grosses modifications, Fabrice s’est construit une caisse sympa qui montre la voie à suivre… C’est d’ailleurs un peu à cause d’un type patibulaire mais presque, dénommé Le Flanc, dont nous vous reparlerons très bientôt, que Fabrice a craqué sur ce genre de caisses. Mais ça c’est une autre histoire. So, stay tuned ! Cruiser FORD GALAXIE 500 1964

Ford Galaxie 500 1964 — photo 2

L’INTERVENTION DE NOTRE PASSIONNÉ SUR SON NOUVEAU JOUET NE SE RÉSUME PAS AU SEUL MOTEUR.

En très bon état de santé, le moteur V8 352 FE a simplement été démonté, nettoyé et repeint sobrement. Vu de l’arrière, le charme de la Ford Galaxie 500 1964 réside dans ses superbes feux en tuyère, témoins es- thétique d’une époque où les avions à réaction et la conquête spatial entretenaient le rêve. Le sac à eau Fomoco du lave-glace est toujours présent dans le compartiment moteur. Sa couleur bleue matche bien avec la couleur de l’auto !

Ford Galaxie 500 1964 — photo 3


Cet article est extrait de Nitro #334, paru le 08/05/2025. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.

Chevrolet Impala sedan 1961

Amant, photos Vincent Lyky Souvenirs souvenirs, Souvenirs, sou CHEVROLET IMPALA SEDAN (1961) Adaptation française de Souvenirs (in english in the text…) de Cy Coben, la chanson Souvenir, souvenirs (bis repetita) aura été le premier très gros succès de notre Johnny national (mais aussi…

Amant, photos Vincent Lyky Souvenirs souvenirs, Souvenirs, sou

Adaptation française de Souvenirs (in english in the text…) de Cy Coben, la chanson Souvenir, souvenirs (bis repetita) aura été le premier très gros succès de notre Johnny national (mais aussi de Rita Cadillac… Qui se souvient d’elle ?) en juin 1960. Des souvenirs, cette Chevrolet Impala 1961 en véhicule aussi un bon lot, en tout cas au sein de la famille Babin… venirs

Chevrolet Impala sedan 1961 — photo 1

C’est joli comme un bon bon acidulé ! Le combo blanc/rouge sur vinyle brillant fonctionne tou- jours sur ces américaines du début des sixties.

A h, les Yéyés ! Nos Elvis à nous ! Dick, Eddy et Johnny, forcément, le trio magique. Un truc que les moins de 60-70 ans ne peuvent pas vraiment comprendre : à cette époque, c’est eux qui mettaient la rage et qui faisaient casser les sièges des salles de concert. Ouais, okay, ça fait un peu marrer aujourd’hui, mais bon, « alépoque » c’était le rock n’roll en VF ! Et toutes ces stars françaises roulaient en américaines. Et dans les sixties, ça importait officiellement : Ford va faire un carton avec sa Mustang chez nous, mais General Motors n’était pas en reste, ni Chrysler d’ailleurs via Simca, dont le groupe ricain est actionnaire à hauteur de 25 % depuis 1958… Bref, les riches clients français – chefs d’entreprise, commerçants, artistes, gangsters… – affirment leur position sociale en roulant en voitures venues d’outre- Atlantique. La présence encore vive des bases militaires américaines sur le territoire sont aussi dans les années 60 une manne non négligeable – 26 000 militaires et leurs familles, soit environ 65 000 citoyens américains à demeure en France au milieu des sixties… – pour les entités importatrices. Bref, il n’est donc pas rare de croiser de bonnes vieilles productions US « françaises d’origine » encore aujourd’hui. Et c’est ainsi le cas de la très belle berline Chevrolet Impala 1961 qui fait rougir ces pages… VIEUX DE LA VIEILLE LCelle-ci appartient à Jean-Guy Babin. Le nom vous dit quelque chose ? C’est normal, si vous êtes lecteur fidèle du meilleur magazine de bagnoles au monde : vous avez croisé la Camino 1960 de son fils Franck dans le numéro précédent. Et si vous êtes un vieux de la vieille du milieu de l’américaine et du custom en France, sachez que Jean-Guy Babin traîne depuis toujours avec ses « vieux » potes du nord de la France – il a vécu un temps à Lille… – que sont les Olivier Haquette, Damien Vandendorpe ou encore Damien Jouvenel, et bien d’autres encore, figures incontournables de notre « petit » milieu. Bref, Jean-Guy n’est pas tombé de la dernière pluie dans l’américaine. Et puisque l’on parle de souvenirs, l’Impala en est un. Et c’est son fils Franck qui l’évoque : « C’est la première américaine que mon père a achetée en 1982. Et il l’a revendue en 1991. À l’époque nous étions JEAN-GUY BABIN N’EST PAS TOMBÉ DE LA DERNIÈRE PLUIE DANS L’AMÉRICAINE.

Chevrolet Impala sedan 1961 — photo 2

[ CHEVROLET IMPALA SEDAN (1961) ] Moteur V8, 283 ci, 4 638 cm3 (98,4×76,2 mm), 170 hp à 4 200 tr/mn, 373 Nm à 2 400 tr/mn, rapport volumétrique 8.5:1, un carburateur Rochester double corps – Transmission boîte auto Powerglide 2 rapports, ratio final 3.08 – Direction assistée – Freins tambours – Suspensions indépendante à l’avant, pont arrière, ressorts hélicoïdaux – Pneus 7.50×14 – Dimensions longueur 5,31 m, largeur 1,99 m, hauteur 1,41 m, empattement 3,02 m, voies AV/AR 1,53/1,50 m – Poids 1 710 kg – Performances vitesse maximale 160 km/h, 0 à 100 km/h 14,7 sec., 400 m D.A. 20,2 sec. enfants, mes frères et moi, et nous avons eu beaucoup de souvenirs dans cette première Impala. Nous avons toujours dit qu’un jour on retrouverait cette voiture ou un modèle identique. Quant aux américaines, tout a recommencé à l’occasion d’une fête des pères où j’ai offert une Cadillac 1960. On a ensuite revendu celle-ci quand nous avons trouvé cette Impala 1961, qui correspondait à ce qu’on cherchait, et qui est à nos yeux un sacré souvenir ». FRANÇAISE D’ORIGINE Il s’agit donc d’une sedan quatre portes, gréée avec le V8 283 ci en configuration carburateur quadruple corps et boîte auto. Une mécanique solidement charpentée qui rend tout le charme attendu d’une américaine des sixties. Dans sa peinture rouge qui claque fort sous les flashes de Vincent « Las Vegas Parano » Lyky, photographe tout-terrain de Nitro, cette Impala révèle donc un historique français depuis l’origine (General Motors France sur la plaque d’identification), avec une première immatriculation en 1962 (elle a dû être en plaques garage auparavant), et elle présente quelques options de confort comme les sièges et les vitres électriques. Franck nous en dit un peu plus : « Cette voiture avait été restaurée il y a quelques années par son ancien propriétaire et pas terminée… Mon père a pris soin de finir toute la partie esthétique et la mécanique qui nécessitait encore des travaux. Il reste toujours quelques bricoles mais rien de méchant… Etant en retraite ça l’occupe de jour en jour ! » Et si Jean-Guy ne fait pas partie d’un club, ça ne l’empêche pas de participer à des tas de rencards où il retrouve ses bons vieux copains… CETTE IMPALA RÉVÈLE DONC UN HISTORIQUE FRANÇAIS DEPUIS L’ORIGINE.

Le petit V8 est toujours prêt pour un crui- sing tranquille… Il n’y a plus qu’à astiquer les chromes et aller voir les copains.

Chevrolet Impala sedan 1961 — photo 3


Cet article est extrait de Nitro #333, paru le 06/03/2025. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.

Buick Century Free Spirit 1975

Bois Peinture de guerre BUICK CENTURY FREE SPIRIT 1975 A chaque édition des 500 Miles d’Indianapolis, les constructeurs US se battent pour décrocher le contrat juteux, et voir un de leur produit devenir le Pace Car de l’année. En 1975, c’est la marque Buick qui remporte le pompon avec la Buick Century Free Sp…

de guerre BUICK CENTURY FREE SPIRIT 1975 A chaque édition des 500 Miles d’Indianapolis, les constructeurs US se battent pour décrocher le contrat juteux, et voir un de leur produit devenir le Pace Car de l’année. En 1975, c’est la marque Buick qui remporte le pompon avec la Buick Century Free Spirit… Department of youth,

Buick Century Free Spirit 1975 — photo 1

D epuis 1911, la course des 500 Miles d’Indianapolis représente LA course à gagner pour tous les pilotes américains avec comme prestige ultime, avoir son visage sculpté à jamais sur une petite plaquette fixée sur l’énorme trophée. Etant historiquement une des plus vieilles épreuves automobiles au monde, les 500 Miles sont inscrits dans la légende de ce sport avec la célèbre piste d’Indianapolis, dont la surface originale faites de briques rouges lui vaudra le surnom du ‘’Brickyard’’. Aujourd’hui, ce témoignage du passé est matérialisé par la ligne d’arrivée composée de neuf rangées de briques d’origine conservées en rappel de la surface originale du glorieux circuit. Ce qui caractérise aussi cette course mythique, c’est aussi l’instigation du départ lancé mis en place par un précurseur, Carl G. Fisher, le père fondateur de l’Indianapolis Motor Speedway. Ayant pris cette décision pour des raisons évidentes de sécurité, il fallait un véhicule pour retenir la meute de ces fous du volant dont seul le casque en cuir leur servait d’arceau. C’est ainsi que les ‘’voitures de sécurité’’ sont apparues au-devant des racers pour les lâcher après deux tours de mise en chauffe. Pour cela, les constructeurs se battent pour faire de leur modèle phare le Pace Car de l’Indy 500. Avec le temps et depuis le milieu des années 30, une certaine tradition veut que le vainqueur de l’épreuve remporte aussi le Pace Car en guise de bonus. PACE CAR DRIVER WANTED Pour faire face à une bande de fous furieux en attente de se décharger d’une dose d’adrénaline qui ne tiendrait pas sur le pont d’envol du porte-avions Charles-de-Gaulle, il faut une personne de confiance, voire un pilote. Pour les cinq premières éditions de l‘Indy 500, ce ne sera nul autre que Mr Ficher, le boss de l’Indianapolis Motor Speedway, qui flattera son ego entre 1911 et 1915 au volant d’une Stoddard-Dayton pour les épreuves de 1911, 1913 et 1914, d’une Stutz pour l’année 1912 et avec une Packard 6 pour 1915. En raison de l’entrée de plain-pied dans le conflit mondial des USA, les 500 Miles sont annulées en 1942 après l’attaque surprise japonaise sur Pearl Harbor au matin du 7 décembre 1941. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les courses reprennent en 1946 avec Henry Ford II au volant du Pace Car Lincoln V12. La décennie des années 70 débute mal pour les 500 Miles d’Indianapolis avec le Pace Car Dodge Challenger 1971 cabriolet orange qui vient heurter et faire s’écrouler la mini-tribune réservée à la presse photo, causant des blessés et une refonte totale du design de la face avant gauche du cabriolet E-Body ! Ensuite ce sera une pléthore de modèles de chez General Motors avec Oldsmobile et ses 442 ‘’Pace Carisés’’ comme la version Hurst 1972 ou la 442 cabriolet retenu pour 1970. Après une Cadillac Eldorado sélectionnée pour les 500 Miles de 1973, c’est encore une Oldsmobile Hurst qui est élue en 1974. En cette moitié des années 70, les temps ont déjà bien changé et la belle époque des muscle cars est à présent révolue. Fini le moteur 426 Hemi qui a définitivement tiré sa révérence en 1971. Les Plymouth Barracuda et Dodge Challenger aux lignes si parfaites sont déjà rentrées dans l’histoire automobile. Durant cette période de changements radicaux, seules les marques Chevrolet et Pontiac continuent d’offrir leur Firebird et Camaro comme substituts à l’ennuie quand il s’agit de se poser derrière un volant. Profitant de l’aura et du talent de l’acteur/pilote James Garner, les responsables de l’attribution de ce poste honorifique à hauts risques pensent immédiatement à lui pour piloter le Pace Car 1975, la Buick Century Free Spirit basée sur le coupé Collonade Hard Top. EN MODE GUERRIER Réintroduite au catalogue de la marque Buick en 1973 après l’avoir été une première fois au milieu des années 30 et au milieu des années 50, la Buick Century est intercalée entre les modèles Skylark et Le Sabre. Le gros coupé A-Body de taille intermédiaire visant le segment ‘’Executive Cars’’ est le candidat idéal pour le job requis LE MOTEUR DU PACE CAR BUICK UTILISÉ LORS DE LA COURSE ÉTAIT UN V8 455 CI, TANDIS QUE LES VERSIONS RÉPLICAS VENDUES EN CONCESSIONS DISPOSENT D’UN V8 350 CI.

Le traitement de l’intérieur est identique à toutes les Buick Free Spirit avec la finition Glacier Blue sur tout l’intérieur en dehors des sièges blanc. FICHE TECHNIQUE [ BUICK CENTURY FREE SPIRIT 1975 ] Moteur V8, 5 724 cm3 (96,5×97,8 mm), 165 hp à 3 800 tr/mn, 353 Nm à 2 200 tr/mn, rapport volumétrique 7.9:1, un carburateur Rochester quadruple corps – Transmission Boîte automatique GM Turbo Hydramatic 3 rapports – Freins disques/tambours – Suspensions ressorts hélicoïdaux, barre stabilisatrice avant – Direction assistée – Structure Coque autoporteuse acier – Pneus GR70-14 – Dimensions Longueur 5,32 m, largeur 2 m, hauteur 1,35 m, empattement 2,84 m – Poids 1 810 kg – Vitesse maximale 179 km/h, 0 à 100 km/h 11,5 sec., 400 m D.A. 17,9 sec. Le grand attrait esthétique de la Buick Free Spirit est la conversion T-Top effectuée par Hurst. Les bucket seats à dosse- rets offrent un confort de conduite incomparable face à une banquette tradition- nelle que l’on trouve dans ce genre de coupé. Le tableau de bord au de- sign vraiment réussi avec ses deux compteurs prin- cipaux ronds est sublimé par le superbe volant 3 branches.

Buick Century Free Spirit 1975 — photo 2

Les répliques du Pace Car vendues en concession sont toutes motorisées par un V8 350 ci de 165 hp dont le carbu Rochester envoie tout ce qu’il peut dans les culasses aux conduits brimés. Le faible taux de com- pression 7.9 :1 n’aide pas à retrouver les sensations des autos produites cinq ans auparavant ! La console centrale ac- cueille le fameux levier de vitesse en ‘’poignée de valise’’. Le coffre accueille les housses de rangement du T-Top et la roue de secours d’origine montée avec un pneu Goo- dyear Custom Tread GR-70-15 contenant encore de l’air de 1975 qu’aurait pu respirer Elvis. Superbement dé- corés avec cette thématique patrio- tique sous-jacente, les rétros viseur ‘’Bullet’’ GM sont utilisés sur tous les modèles à fort caractère comme ce Pace Car. en comparaison de la Cadillac Eldorado utilisée pour l’édition 1973. Concrètement, quand la marque Buick est pressentie pour la fourniture du Pace Car des 500 Miles d’Indianapolis, c’est l’ébullition chez Buick. Ordinairement considérée comme une marque très consensuelle, Buick ne va pas tarder à faire parler d’elle dans les années qui suivent avec l’arrivée de son moteur V6 qui trouvera son apogée avec la Buick GNX. Pour marquer les esprits et rendre ce Pace Car 1975 unique, les équipes chargées de lui donner du style proposent alors de reprendre le concept du T-Top immortalisé par la Corvette dès 1968. Au sein du Groupe General Motors, bien avant la sortie de la Pontiac Trans Am 1977, la Buick Century Free Spirit Pace Car Edition est donc déjà équipée d’un T-Top converti par Hurst. Pour la décoration, à cette époque, l’Amérique vit dans une ambiance patriotique exacerbée à l’approche du Bicentenaire de l’Indépendance des USA survenue en 1776 face aux vilains Anglais. Cette notion patriotique a grandement influencé Gary Smith pour donner des couleurs à ce Pace Car. Reprenant la thématique des couleurs de la bannière étoilée, tous les coupé Buick Free Spirit sont de couleur blanche avec une déco s’inspirant du drapeau US flottant au vent, bien aidé par la moulure de porte descendante. L’identité de la voiture est renforcée avec le slogan Free Spirit que l’on pourrait croire directement liée à ce modèle en série limitée mais que nenni ! En fait, le Free Spirit est une vision des publicistes de chez Buick que l’on retrouve sur toute la communication Buick pour le millésime 1975 (et 1976). Sur toutes les versions grand public, la déco Pace Car ne dispose pas de la mention Official Pace Car et des dates de la course comme sur le modèle piloté par James Garner. Les roues Buick sont simplement peintes en blanc, alors que des pneus Goodyear lettrés au style ostentatoire essaient de tromper la clientèle avec un look sport en contradiction avec une Buick Century plutôt destinée à des VRP ou des bons pères de famille voulant retrouver leur jeunesse. Mécaniquement, le moteur du Pace Car Buick utilisé lors de la course par James Garner était un V8 455 ci, tandis que toutes les versions réplicas vendues en concessions sont motorisées par un V8 350 ci moins gourmand en énergie. Ce choix s’explique par la conjoncture et les répercussions indirectes de l’effet de l’embargo de l’OPEP de 1973, avec des clients moins enclins à rouler avec des autos à mécaniques big block. Cette mécanique 350 ci délivre 165 hp (SAE net) à 3 800 tr/mn et 353 Nm de couple à 2 200 tr/mn avec un taux de compression relativement bas de 7.9 :1. Taillée pour faire du freeway, la Buick Free Spirit est montée d’origine avec un pont 3.08. Le traitement intérieur est le même sur toutes les versions avec un tableau de bord bleu et garnitures Glacier Blue et une sellerie blanche dont les sièges ressemblent étrangement à ceux d’une Pontiac Firebird. ACHETÉE NEUVE ! Les raisons pour lesquelles les clients se sont laissés séduire par cette auto sont diverses mais le T-Top a sûrement été un des éléments majeurs qui fera signer le bon de commande. En 1974, à 45 mn à l’Est d’Ottawa, dans une petite bourgade nommée St-Pascal-Baylon, Ron et Gilberte Bisson sont un jeune couple qui vient de se marier un an plus tôt. Cette année-là, ils s’achètent une Pontiac Le Mans 1974 neuve chez Grégoire Automobile Limitée à Embrun en Ontario. Ils conduisent cette Pontiac un temps avant de réaliser que ses prestations et divers autres aspects ne leur plaisent pas. Quand ils décident de retourner en concession pour changer d’auto, ils tombent sur cette Buick Century Free Spirit 1975 exposée dans le showroom du même concessionnaire. Véritablement sous le charme du coupé Buick avec sa déco bleu et rouge et ses marquages Free Spirit, le couple passe commande sur le champ avec une reprise sur la Pontiac quasi neuve. Ron conserve sa Buick en bon état au fil des ans en ne la faisant jamais rouler l’hiver, avec les dégâts que le sel peut engendrer sur les routes canadiennes. Le reste du temps, il conduit sa voiture de fonction, une Plymouth Fury Station Wagon 1975. Avec les années, la Buick devient comme un membre à part entière de la famille qui a même été utilisée comme véhicule de mariage pour leurs enfants. La participation à des rencontres automobiles, où cette Buick atypique attire toujours autant les regards, fait prendre conscience que cette voiture est spéciale dans le cœur des passionnés comme toutes les Pace Cars. Le succès de cette première version Pace Car Buick sera reconduit en 1976 avec une Century mue par un moteur V6. Quant à Ron et Gilberte Bisson, ils continuent d’utiliser leur Pace Car à la belle saison en prenant soin d’enlever les T-Tops et de profiter du vent qui s’engouffre en ayant constamment ce Free Spirit qui guide leurs voyages…

Buick Century Free Spirit 1975 — photo 3


Cet article est extrait de Nitro #331, paru le 14/11/2024. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.

Ford Falcon Futura Sports convertible (63)

Harre, photos RM Sotheby’s En attendan David Holmes, A liar and happy thief nt le poney FORD FALCON FUTURA SPORTS CONVERTIBLE (1963) Le marché émergent de la compact car à la fin des années 50 pousse la FoMoCo (et ses concurrents) à investir la catégorie. Fin octobre 1959, Ford lance la Falcon, une v…

Harre, photos RM Sotheby’s En attendan David Holmes, A liar and happy thief

nt le poney FORD FALCON FUTURA SPORTS CONVERTIBLE (1963) Le marché émergent de la compact car à la fin des années 50 pousse la FoMoCo (et ses concurrents) à investir la catégorie. Fin octobre 1959, Ford lance la Falcon, une voiture simple et économique.

Ford Falcon Futura Sports convertible (63) — photo 1

« SPORT » À LA FALCON. Populaire avant tout, la Falcon reste plu- tôt bien finie dans cette variante.

A près quelques errements stratégiques et commerciaux (Ford Skyliner, Edsel, Continental Mark II), le groupe avait nettement besoin de reprendre le « droit chemin », celui des produits en phase avec les aspirations du public. La récession de 1958 et l’importation de véhicules étrangers de « petite » taille en hausse incite Ford à riposter. La Falcon est commercialisée d’emblée en berline 2 et 4 portes, dotée d’un nouveau 6 cylindres en ligne (144 ci) et d’un choix limité d’options (boîte Ford-O-Matic…). Le station wagon (2 et 4 portes) et sa variante tôlée (Courier Sedan Delivery) ainsi qu’un inédit pick-up (Ranchero) suivent en mars 1960. Pour son année inaugurale, elle surclasse toutes ses concurrentes, Chevrolet Corvair et Plymouth Valiant en premier lieu. Un 6 cylindres de 170 ci et un habillage Deluxe étoffe le catalogue des options 1961. Au millésime suivant, apparaissent les finitions Futura (tendance sportive, berline 2 portes, sièges individuels et console centrale) et Squire avec appliques en faux bois (station wagon, 4 portes). En cours de route, une boîte à 4 vitesses manuelles de provenance anglaise (sauf wagon), une boîte automatique 3 rapports et l’air conditionné sont proposés. La Futura Sports au pavillon redessiné – lunette rectangulaire – remplace la Futura. Cette caractéristique esthétique est étendue à toutes les berlines 1963, qui voit aussi l’arrivée du convertible (capote électrique, Futura et Futura Sports) et de la direction assistée en option. En début d’année calendaire, le coupé Hardtop est lancé (Futura et Futura Sports). Ils sont les seuls à bénéficier de la finition Sprint (Futura Sports, boîte 4 vitesses manuelles Borg Warner T-10, compte-tours, volant faux-bois…). Rapidement, le 170 ci fait place au V8 260 ci avec boîte 3 vitesses entièrement synchronisée et la T-10 devient optionnelle. Un lifting majeur est opéré pour 1964. Un nouveau 6 cylindres 200 ci, avec boîte automatique 3 rapports, élargit l’offre mécanique (Les wagons d’abord, tous les modèles ensuite, sauf Sprint) de même que le 260 ci rebaptisé Challenger (filtration et échappement plus restrictifs). VALSE DES GAMMES Le phénomène Mustang impacte alors fortement la carrière de la Falcon. L’abandon du 144 ci, de la boîte 4 vitesses britannique et de la Ford-O-Matic, les remplacements du 260 ci par le 289 ci et de l’appellation Deluxe pour Futura sur le station wagon ainsi que le montage de roues de 14 pouces (sauf berlines, hardtop et convertible en 6 cylindres) marquent l’année-modèle 1965. La Sprint est dorénavant un pack optionnel, avec console centrale en sus (hardtop uniquement). Entièrement revue, la Falcon 1966 revient à son statut initial en berlines 2-4 portes et wagon 4 portes, en finitions standard et Futura. La Sedan Delivery n’est pas renouvelée tandis que le Ranchero – plateforme identique aux wagons Falcon et Fairlane – adopte le faciès de la Falcon pour ce seul millésime. Le freinage avant à disques assisté et le 289 ci à carburateur 4 corps sont disponibles en 1967. Ce dernier est remplacé par un 302 ci l’année suivante, le 170 ci et la boîte 4 vitesses sont supprimés. Pour 1969, il n’y a plus qu’un 302 ci à carburateur double corps. La production de la Falcon cesse en décembre pour faire place à la Maverick. Le nom Falcon désigne alors une finition inférieure de la Fairlane jusqu’à la fin de l’année-modèle 1970. ACTIVITÉS SPORTIVES La Falcon débute timidement en compétition lorsque Bill France, le boss de la NASCAR décide de créer une série de courses dédiée aux compactes et voitures de tourisme étrangères de série. La première course en ouverture des Daytona 500 retransmise à la télévision par CBS voit les sept premières places occupées par des… Valiant, dont l’option Hyper Pak fournit 148 hp officiels. Idem pour la seconde épreuve, à la Sixties FORD FALCON FUTURA SPORTS CONVERTIBLE (1963)

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Le 6 en ligne de 101 hp ne vous ébouriffera pas la banane gominée… Et alors ? FICHE TECHNIQUE [ FORD FALCON FUTURA SPORTS CONVERTIBLE (1963) ] Moteur 6 cylindres en ligne, 170 ci, 2 781 cm3 (88,9×74,6 mm), 101 hp à 4 400 tr/mn, 212 Nm à 2 400 tr/mn, rapport volumétrique 8,7:1, carburateur simple corps Holley – Transmission Boîte auto 2 rapports FordOmatic, rapport de pont final 3.5 – Freins tambours AV et AR – Suspensions Roues avant indépendantes à ressorts hélicoïdaux, pont arrière rigide sur ressorts à lames – Direction A vis et galet – Structure Châssis séparé à longerons acier – Pneus 6.50-13 – Dimensions Longueur 4,60 m, largeur 1,79 m, hauteur 1,36 m, empattement 2,78 m – Poids 1 291 kg – Performances vitesse maximale 142 km/h, 0 à 100 km/h 18,5 sec., 400 m D.A. 20,8 sec. domination moindre cependant. Chez Ford – et Chevrolet –, les visages sont déconfits. Rebelote l’année suivante, malgré une meilleure préparation. Fin de la série. En novembre 1962 la marque homologue auprès de la FIA la Falcon Futura Sprint à moteur V8. Trois voitures sont – très – préparées par Holman & Moody en vue du… rallye Monte Carlo 1963 ! Mention honorable avec l’acquisition des deux premières places de leur classe. En Europe, grâce au dynamique Henri Chemin de la filiale française, Henri Greder obtient deux victoires au classement général (Rallye des Tulipes, Rallye International de Genève) et une 3e place au… Tour de Corse ! Ford remet le couvert en 1964 avec pas moins de huit voitures engagées – dont une aux mains de Graham Hill – sans compter une demi-douzaine de mulets/ véhicules d’assistance, équipées du 289 ci à deux carburateurs quatre corps (285 hp, éléments de carrosserie en polyester, 980 kg) et confiées à Alan Mann Racing. Le règlement favorisant les voitures moins puissantes, l’équipage Bo Ljungfeldt-Fergus Sager finit donc à la seconde place. La saison s’avère plus décevante d’autant que Ford a un nouveau cheval de bataille : la Mustang ! On revoit quelques Falcon 64 à partir de… 1966 au sein du British Saloon Car Championship, modifiées en Groupe 5 par Alan Mann notamment, parfois dotées d’un compresseur au détriment de la fiabilité. L’Australien Frank Gardner est titré en 1967 tandis que son compatriote Brian Muir finit second l’année suivante. C’est principalement en dragster que la Falcon connait le plus de succès. Deux Falcon A/FX officielles sont propulsées par le 427 Hi-Riser pour la saison 1964 ; l’une pour Dick Brannan et l’autre pour Phil Bonner, tous deux au sein du championnat AHRA. En 1965, Bonner se fait construire par Holman & Moody une nouvelle Falcon qui abrite une 427 SOHC « Cammer ». Il l’utilise durant un an et demi passant à l’injection de protoxyde d’azote (nitro…) en cours de route. Au Canada, trois Falcon B/FX sont assemblées, disposant toutes du 289 HiPo et engrangeant une moisson de victoires supplémentaires. UN PEU SPORTIVE La Falcon illustrant ces pages est une Futura Sports convertible du premier millésime, soit 1963 (12 250 exemplaires). La data plate nous apprend qu’elle est sortie de l’usine de Lorain, Ohio, le 4 février 1963 et destinée au district de Jacksonville (Floride). De par sa finition, elle dispose donc du Falcon 170 Special Six de 101 hp, ici accouplé à la Ford-O-Matic à 2 rapports. Avec sa teinte Rangoon Red, sa sellerie en vinyle coordonnée et toile de capote blanche, elle était affiché au prix de $2.591 sans options, dont quelques-unes l’équipent tels que les feux de recul, la montre électrique, les enjoliveurs « à fentes », l’autoradio, le lave-glace manuel, la planche de bord et les pare-soleil rembourrés. Clle- ci a bénéficié d’une restauration complète, a remporté de nombreux prix dans les années 1990-2000 et même eu les honneurs de la presse (feu Legendary Ford Magazine, janvier 2008). Vendue $30.250 lors de la vente aux enchères d’Hershey en octobre 2019, elle n’a pas trouvé preneur à celle d’Open Roads (Virginie) en août 2021…

SCOTT A CONFÉRÉ UNE NOUVELLE PERSONNALITÉ AU ROD DE SON PÈRE TOUT EN PRÉSERVANT L’HÉRITAGE FAMILIAL.

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Van Texte Thibaut Amant, photos Vincent Lyky Bread van The Blues Brothers, She caught the

E-150 (1990) Laurent cherchait un véhicule pratique pour aller chercher le pain le matin : un engin de plus de deux tonnes reposant sur un empattement de plus de 3 mètres de long, et doté d’un V8 5,8 l de 220 hp semblait la meilleure option pour une telle activité…

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E-150 (1990) Bon, on ne pourra peloter le genou de la passagère, mais au moins on est à l’aise ! Notez la finition au top…

O n était harcelé au téléphone, par mail, sur les réseaux sociaux, via la CIA, le FBI, le KGB et la DGSE : une poignée de lecteurs de Nitro réclamait des reportages sur des vans ! On en a fait quelques-uns (merci Steph’ Szantai), mais pas assez apparemment… On voulait du van amerloque, mais ici, chez nous, en France. L’occasion a fait le larron : Laurent, papa de Steeve (dont vous venez de lire l’article sur la Barracuda dans ce numéro) s’est pointé en toute innocence sur le reportage avec son Ford Econoline. L’engin était tellement beau qu’on a craqué… TROISIÈME GÉN’ A la question, pourquoi tu as acheté ça ?, le coupable a répondu : « J’avais besoin de quelque chose pour acheter la baguette du midi, de ce fait, ça en fait la baguette la plus chère de la région… ». Effectivement, avec un V8 5,8 l de 220 hp pour déplacer les largement plus de deux tonnes du monstre, inutile de rentrer dans des comptes d’apothicaire pour établir le ratio consommation, prix du litre de SP, tarif de la baguette indexé sur le niveau d’inflation : on n’a qu’une vie, autant la passer à profiter du trajet pour acheter le pot de rillettes qui va avec la baguette… En tout cas, nous voilà devant l’un des archétypes du van US : un Ford Econoline. Le E-Series, chez Ford, c’est une longue saga de quatre générations, étalée de 1961 à 2014. Un pan de l’histoire de la Conquête de l’Ouest moderne. Initialement, il s’agissait pour Ford de proposer une camionnette de livraison pour succéder au F panelvan dit Courier. Le E-Series – Econoline – original proposait déjà ses trois variantes : fourgon tôlé, mini-bus (Station Bus pour le transport de passagers utilitaire, et Club Wagon pour le Tourisme) et châssis-cabine à aménager par des carrossiers. Le modèle de Laurent est un Econoline de troisième génération : une très longue carrière puisque étalée de 1975 à 1991 ! C’est donc un des derniers du genre (1990) mais avec ce style eighties préservé. Un positionnement du moteur plus en avant et plus bas caractérisait cette génération, autant qu’un empattement plus long. Plusieurs V8 essence et diesel ont équipé la gamme, tandis que des boîtes manuelles et automatiques ont également fait la carrière du modèle. Celui de notre fan de vans est un E-150 avec V8 351 Windsor injection de 220 hp et boîte auto 3 rapports avec overdrive. LE RÊVE Ce Ford sort neuf des ateliers Trail Wagons Incorporated : « Une société convertissant des vans depuis 1961. Elle fait partie des très nombreux spécialistes de vans conversions ou vans customizing qui se sont installés à travers les Etats-Unis dans les années 70-90. Insonorisation, isolation thermique, moquette épaisse, captain chairs, table en bois, porte-gobelets, console, lit, éclairages d’intérieur, fenêtres, stores, rideaux, marchepieds, échelles, porte-roue de secours, etc, étaient proposés aux clients. Trail Wagons a repris la célèbre marque Chinook, qui exerce toujours, pionnière dans l’agencement de véhicules » explique Laurent de façon érudite. C’est que notre homme est fan de vans depuis l’adolescence : « Trop jeune pour participer LES VANS ONT BEAUCOUP FAIT RÊVER LES « PREMIERS » CUSTOMISEURS FRANÇAIS DANS LES ANNÉES 80.

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E-150 (1990) aux débuts du custom en France au début des années 80, je faisais des maquettes de vans et rods et modifiait ma mobylette ! ». Comme nous tous (ou presque) Laurent achetait toute la presse custom française de l’époque et a compilé tous les articles parus sur les vans dans les années 80/90 ! Son livret vaut le coup d’œil : il y a eu des choses superbes comme des trucs affreux mais sympathiques à l’époque… En tout cas, il était temps aujourd’hui pour notre ami de franchir un cap : « Nous recherchions avec mon épouse un exemplaire sans corrosion, sans bosse ni rayure et d’origine bien sûr. Nous l’avons acheté il y a un an sur photos et vidéo dans l’état dans lequel vous le voyez. Il a passé toute sa vie en Californie (Mountain Vie, San José) avant d’être importé en Hollande pour nous y être vendu. Nous sommes les troisièmes propriétaires, factures présentes, 70 500 miles vérifiés au compteur. Il a été livré directement à notre domicile, j’ai fait 50 mètres avant de tomber en panne. Les réservoirs étaient colmatés ». L’INVITATION AU VOYAGE Bien entendu révisé de fond en comble depuis par un professionnel, Laurent et la famille n’ont eu que les garnitures (tissu et mousse) des ouvrants à faire eux-mêmes, avec ponçage et vernis des boiseries. Hormis le trajet à la boulangerie, Laurent l’utilise « pour des réunions dans la région et des promenades privées. Le regarder, même à l’arrêt, c’est déjà pour moi une invitation au voyage ! ». Et Renault qui nous rabâche depuis 1984 qu’il a tout inventé avec son Espace en plastique…

AUX USA, ON TROUVE UNE VÉRITABLE INDUSTRIE DU VAN DEPUIS LES ANNÉES 60 !

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Cet article est extrait de Nitro #330, paru le 11/09/2024. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.