Base US Karting

Voilà le genre d’endroit idéal : en plein centre de la France – rien n’est vraiment loin -, sur une ancienne base américaine de l’OTAN – Châteauroux -, de l’espace, une structure toute neuve, et de quoi s’amuser et se régaler, le tout sur une forte ambiance américaine… Base US Karting, qui a juste quelques mois d’existen…

Voilà le genre d’endroit idéal : en plein centre de la France – rien n’est vraiment loin -, sur une ancienne base américaine de l’OTAN – Châteauroux -, de l’espace, une structure toute neuve, et de quoi s’amuser et se régaler, le tout sur une forte ambiance américaine… Base US Karting, qui a juste quelques mois d’existence, est aussi imprégné de la passion pour la culture automobile américaine de Jean-Claude et Louis Sauvadon, père et fils, et Franck Violas (Team Manager de RDV Compétition)associé dans Base US Karting.

Un monde parfait Propos recueillis par Thibaut Amant, photos Vincent Lyky

Base US Karting — photo 1

A la sortie de l’autoroute, on traverse la base par les nombreuses routes qui desservent désormais une cohorte de PME diverses. Il y a là aussi des vestiges de l’histoire aéronautique du lieu, avec des hangars qui datent de la Première Guerre mondiale ! Et puis d’un coup, surgit un vaste complexe avec des bâtiments rouges, modernes, et une enseigne : Base US Karting, aux couleurs de l’Amérique… UN CONCEPT COHÉRENT Il faut alors aller à la rencontre des maîtres des lieux, Jean-Claude et Louis Sauvadon, père et fils, qui ont fait sortir de terre ce complexe, qui mêle deux pistes de karting toutes neuves et bien pensées, et un restaurant à l’ambiance ô combien américaine – une voiture de NASCAR trône sur un podium en plein centre de la salle ! « Mon père et ma mère avaient une entreprise leader national, spécialisée dans les pneus de très grandes dimensions pour les engins de chantier notamment, et ils avaient acquis ce bâtiment pour faire du stockage. Quand ils ont vendu l’entreprise, il restait ce foncier et l’envie de se lancer dans un nouveau défi. C’est comme ça qu’on a créé ce complexe à l’image de l’Amérique » commence Louis : « Nous sponsorisions aussi un jeune pilote en championnat d’Europe NASCAR(Team RDV Compétition) depuis quelques années et mon père collectionne les voitures américaines depuis les années 80, ça avait du sens d’être dans cette thématique. Quant au choix du karting, Châteauroux était en demande de dynamisme au niveau du loisir et ça correspondait à un sport mécanique accessible au plus grand nombre. Tout cela avait une cohérence ». C’est d’autant plus cohérent que le restaurant qui est à l’étage du bâtiment s’appelle le V8 et propose une cuisine traditionnelle, à la fois française et américaine : on vous recommande d’ailleurs le… V8, le burger « maison ». UN LIEU CONVIVIAL Et ce sont bien deux entités qui font un tout. La pratique du karting a l’avantage d’offrir ici deux pistes, une outdoor, une indoor. « La piste indoor était primordiale pour que l’activité soit toutes saisons. La piste extérieure fait 700 mètres, sur un tracé sympa et physique, avec des bouts droits pour la vitesse et des virages plus techniques, où on peut doubler à plusieurs endroits. En intérieur, le tracé fait 400 mètres. Nous pouvons accueillir pratiquement tous les âges. Jusqu’à 13 ans, la norme c’est 4,5 ch et 45 km/h, nous avons dix karts de ce type. Pour les adultes, nous proposons vingt karts 4 temps 270 cm3. Nous sommes très à cheval sur l’entretien des kartings et de la piste, c’est primordial pour offrir de la qualité » explique Louis. Aujourd’hui encore, tout respire le neuf et le soin pris pour les détails : des jeux, des billards, la décoration, on se trouve vite à l’aise dans un mobilier de qualité et dédié, et les clubs de voitures américaines pourraient bien en faire leur lieu de rencard, qu’on se le dise ! « Nous pouvons accueillir des particuliers comme des entreprises pour des séminaires, des groupes dans des proportions importantes au besoin : nous avons ainsi eu l’équipe de Alpine Endurance Team qui est venue avec 120 personnes, pour que nous organisions une course par équipe de six heures » ajoute Louis. « Le projet a mis deux ans de l’idée à l’ouverture, qui s’est faite en décembre 2024. Cela a été rapide, malgré un gros investissement. Il y a aujourd’hui 21 salariés entre le karting et le restaurant. Nous démarrons, nous voulons prendre notre rythme avant de nous développer. On se consacre à faire quelque chose de qualité » raconte Jean-Claude Sauvadon. Et c’est par lui que la passion des voitures et de la culture américaines est arrivée : « Dans les années 80, j’ai fait un long voyage dans les pays d’Europe du nord. Là, il y avait bien plus de voitures américaines que par chez nous. Ça a été le coup de foudre. J’ai commencé par acheter une Pontiac Firebird en 1985. Puis il y a eu une Pontiac GTO cabriolet, une Corvette Cabriolet Sting Ray de 69, un pick-up Chevrolet que j’ai toujours et bien d’autres modèles… La El Camino que vous avez vu ici, par exemple. Ou encore la Cadillac Eldorado de 1972 ici présente également : nous avions dans l’idée à un moment de louer ces autos pour des événements, des mariages… Nous ne l’avons pas fait, mais j’ai gardé la Cadillac ! ». Base US Karting est véritablement animé par cette passion du festif à l’américaine. Base US Karting ZI la Martinerie, rue Lafayette, 36120 Etrechet Tél. 02 54 25 23 08 (karting)/02 54 25 23 11 (restaurant V8) Web : baseuskarting.com ; lev8-restaurant.fr Horaires sur le site web. Insta, FB, et appli disponibles.


Cet article est extrait de Nitro #336, paru le 06/11/2025. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.

Airborne Museum

– 80 ans D-Day VISITE / AIRBORNE MUSEUM Il compte parmi les plus anciens musées dédiés au D-Day, mais que de chemin parcouru depuis l’ouverture d’une « rotonde » autour d’un planneur Waco en 1964 : en soixante ans, sa surface a considérablement augmenté et l’Airborne Museum a ajouté pour 2024 un cinquième bâtiment à visiter ! Ce qui fait de lui…

ans D-Day VISITE / AIRBORNE MUSEUM Il compte parmi les plus anciens musées dédiés au D-Day, mais que de chemin parcouru depuis l’ouverture d’une « rotonde » autour d’un planneur Waco en 1964 : en soixante ans, sa surface a considérablement augmenté et l’Airborne Museum a ajouté pour 2024 un cinquième bâtiment à visiter ! Ce qui fait de lui l’un des plus anciens, mais aussi l’un des incontournables du genre… 5en1 80 ans D-Day – 41 Par Thibaut Amant – Photos Vincent Lyky ▶ INFOS PRATIQUES  • Adresse : 14, rue Eisen- hower, 50480 Sainte-Mère- Eglise. Tél. 02 33 41 41 35 airborne-museum.org • Horaires d’ouverture : de mai à août, 9/19h ; d’avril à sep- tembre, 9h30/18h30 ; d’octobre à mars, 10/18h. • Temps de visite moyen : environ 2 heures. • Tarifs : Du 10 février au 8 mai 2024 : adulte 8,90 €, enfant (6-16 ans) 5 €, adulte avec visite guidée des réserves 13,90 €, enfant avec visite guidée des réserves 9 €. – A partir du 8 mai 2024 : adulte 11,50 €, enfant 7,50 €, adulte avec visite guidée des réserves 16,50 €, enfant avec vi- site guidée des réserves 11,50 €. Gratuit pour les moins de 6 ans. Tarifs réduits pour anciens combattants, militaires en va- cances, PMR : 6,40/8,50 € selon dates. Tarif famille (2 adultes 2 enfants) 24/33 € selon dates, 4/5,50 € par enfant supplémen- taire. Pass Airborne Ambas- sadeur 17 € (voir conditions sur site web). Tarifs groupe : en visite libre 6,40/8,50 € par adulte suivant dates, 4/5,50 € par enfant suivant dates ; en visite guidée, 20 personnes minimum, contactez infos@ airborne-museum.org (anglais possible), 7,50/11,50 € par adulte suivant dates, 5/8,50 € par enfant suivant dates. – Pas de visite guidée entre le 31 mai et le 9 juin. Scolaires : visite libre 5 €/en- fant, guidée 6 €/enfant, guide et chauffeur gratuits, une gratuité pour dix payants. • Infrastructure : parking payant municipal devant le musée (2€/24 h). Accessibilité PMR (sauf plateforme C-47). Boutique dans le musée. Partenariat avec d’autres sites donnant lieu à des réductions tarifaires. Privatisation de trois salles possibles. 42 – 80 ans D-Day VISITE / AIRBORNE MUSEUM L ’histoire de l’Airborne Museum c’est surtout un lien puissant qui unit depuis 1944 les habitants de Sainte-Mère-Eglise avec les parachutistes des 82e et 101e Airborne Divisions, libérateurs de la ville. C’est au clocher de l’église que restera accroché le soldat John Steele – on peut encore voir un emblématique mannequin à son effigie, toujours pendu à une toile de parachute au sommet de l’édifice religieux… Entre 1945 et 1958, le maire, Alexandre Renaud, entame les premières démarches commémoratives et mémorielles, avec dans l’idée de créer ce qu’on appellera un « musée », dédié aux escadrons salvateurs. Tout tournera autour d’une planneur Waco CG4A, emblématique des troupes américaines liées à Sainte-Mère-Eglise. Mais l’engin n’est pas facile à trouver malgré l’aide des autorités américaines. En 1959, le nouveau maire, Jean Masselin, prend le relai et poursuit les démarches. Une épave de Waco est dénichée, une restauration entreprise, un terrain acquis par la mairie : le 6 juin 1964, le petit bâtiment – en forme de parachute ouvert – est inauguré en présence des généraux Taylor et Ridgway, et du soldat « vétéran » John Steele. Dès lors, l’Airborne Museum n’aura de cesse d’évoluer et de grossir. LE CINQUIÈME ÉLÉMENT Le don à la fin des années 70 d’un Douglas C-47 ayant participé au Débarquement engage la création d’un deuxième bâtiment, inauguré le 6 juin 1983. Puis la collection s’agrandit encore, la vocation pédagogique et didactique du musée prend du sens, et un troisième bâtiment en forme d’aile d’avion sort de terre le 5 juin 2014, baptisé Opération Neptune. Il sert de support « L’Airborne Museum compte parmi les plus anciens lieux de mémoire. » 80 ans D-Day – 43 Quel est votre rôle au sein de l’Airborne Museum ? Eric Belloc : Je suis Conservateur depuis douze ans environ. Je m’occupe de la conservation des collections, ainsi que leur mise en valeur. Je m’occupe également des recherches historiques et des expositions temporaires notamment. Comment est né le musée ? Eric Belloc : Sainte-Mère-Eglise est reconnue comme un haut lieu de mémoire. Cette notoriété réside dans le fait qu’elle fût le théâtre d’importants combats aux premières heures du Débarquement de juin 1944, mais aussi du fait de la création sur le canton, de trois grands cimetières militaires provisoires. Il y avait 13 797 tombes de soldats sur trois sites autour de la ville. Les civils ont ensuite pris l’initiative de nettoyer et fleurir les tombes régulièrement. Dès le 6 juin 1945, il y a eu les premières célébrations officielles. Une relation s’est créée avec les Américains qui ont donné un grand nombre d’objets. Monsieur Alexandre Renaud, pharmacien et maire de Sainte-Mère-Eglise à la Libération, entame, en tant que maire- adjoint en 1956, des démarches afin de créer un musée à Sainte-Mère-Eglise. En effet, cette idée sommeille depuis la fin de la guerre dans la tête des époux Renaud, qui entreposent à la mairie des objets, des reliques ayant appartenus à des vétérans américains. De 1956 à 1958 ils multiplient les courriers vers les autorités américaines et françaises afin de collecter les fonds nécessaires à la construction d’un édifice à vocation mémorielle. En ces années dédiées à la reconstruction de la Nation, la tâche est rude mais ils parviennent malgré tout à acheter un terrain, situé face à l’église, emplacement hautement symbolique des parachutages de la 82e Airborne. Cet emplacement nécessite une muséographie innovante, entièrement dédiée à la gloire des Américains, dont le point d’orgue serait l’exposition d’un planeur ayant participé aux opérations du Jour-J. Monsieur Renaud formalise cette demande en mai 1957, auprès de l’état-major de la 82e AB de Fort Bragg aux Etats-Unis. L’année 1959 voit la nomination au poste de maire de Sainte-Mère-Eglise du docteur Jean Masselin, qui prend en charge le dossier de création du musée. Au début des années 60, l’armée américaine vient de localiser l’épave d’un planeur Waco CG-4A. Les démarches reprennent, l’épave est confiée pour restauration aux ateliers Salis de la Ferté-Alais en région parisienne. L’association pour « l’Exposition permanente des troupes aéroportées » (loi 1901) voit le jour et prend le relais pour l’exploitation du futur musée. C’est ainsi que la première pierre est posée le 6 juin 1962 par un hôte de marque, l’ambassadeur des Etats-Unis en France, le général Gavin. Le planeur Waco prend place au milieu d’un bâtiment novateur pour l’époque puisque son toit évoque la voilure d’un parachute. L’inauguration a lieu le 6 juin 1964 en présence notamment des généraux Ridgway et Taylor, la grande aventure du musée peut enfin démarrer. Cette association est toujours celle qui officie aujourd’hui, avec d’autres personnes depuis bien sûr ; mais le maire est un membre de droit, du conseil d’administration. A l’ouverture au public en juin 1964, l’association gérait au début de manière bénévole, puis a lancé au fil des ans des travaux et divers agrandissements jusqu’à aujourd’hui. Mais entre-temps, il a fallu davantage de monde, engager des salariés, créer des postes. Il y a désormais une dizaine de salariés à l’année, dont je fais partie, pour gérer au quotidien le musée. Le musée de 1964 était bien plus petit qu’aujourd’hui… Eric Belloc : Entre 1975 et 1977, un homme passionné d’aviation et de parachutisme, membre de l’association du musée propose un don exceptionnel, un véritable avion de transport, le Douglas C-47 Skytrain. Un avion mythique qui a participé aux opérations aéroportées près de Sainte-Mère-Eglise dans la nuit du 5 au 6 juin 1944. L’association décide alors de lui réserver une place de choix dans son parc et lance la construction d’un deuxième bâtiment, inauguré le 6 juin 1983 et entièrement restauré en 2021. Au fil des ans, le musée s’adapte et afin de répondre aux mieux aux attentes des visiteurs, l’association lance la construction d’un troisième bâtiment en forme d’aile d’avion, inauguré le 6 juin 2014, et baptisé « Opération Neptune ». Ce nouveau dernier bâtiment de façon très réaliste et émouvante fait la part belle aux durs combats auxquels ont été confrontés les parachutistes en Normandie. Le point d’orgue de cette visite prend fin dans le hall avec l’exposition d’un Piper-Cub J3, avion de reconnaissance américain. L’année 2016 est marquée par la construction du centre de conférence Ronald Reagan, bâtiment à vocation culturelle puisqu’il abrite une salle d’exposition temporaire et un cinéma. 2024, année du 80e anniversaire du Débarquement et 60e anniversaire de la création du musée sera marquée par l’inauguration d’un cinquième bâtiment spécialement dédié aux opérations des planeurs pendant la Seconde Guerre mondiale. Quant au bâtiment originel du planeur, il sera complètement réaménagé pour accueillir une toute nouvelle thématique autour d’une scénographie remise au goût du jour. En dehors du planeur et du C-47, quelles sont les pièces maîtresses du Airborne Museum ? Eric Belloc : Il y en a beaucoup ! Le casque M1 du Major Général James Gavin, les bottes de saut du Major Général Matthew Ridgway les dog tags de John Steele, le fameux parachutiste qui est resté accrocher au clocher de Sainte-Mère-Eglise, et bien d’autres objets emblématiques et uniques. Le musée fonctionne par des dons et des achats. Il a fallu établir une politique d’acquisition avec des normes précises. Les objets sont proposés, j’estime s’ils sont valables ou non, à un prix cohérent, et je les propose au conseil d’administration : on voit si on en a besoin, et vers quoi on veut aller. On prend en compte pas mal de critères, et d’abord celui de rester dans la thématique de l’Airborne. On ne prend pas tout ce qui a trait à la Seconde Guerre mondiale, mais seulement ce qui nous concerne. En outre, la collection appartient à l’association du musée, si elle est dissoute la collection serait léguée au musée de l’Armée à Paris. Après une carrière commerciale dans le domaine de la pièce de rechange pour automobiles, Eric Belloc a pu enfin être « professionnel » dans sa passion : la Seconde Guerre mondiale, de par l’histoire de ses grands-parents, a toujours été un domaine d’intérêt pour lui. Eric a restauré d’abord plusieurs véhicules militaires (Jeep, Dodge, GMC, Halftrack…), est devenu collectionneur d’objets de cette période, a écrit des ouvrages, puis est devenu Conservateur d’un des principaux musées liés au Débarquement… Eric Belloc Conservateur de l’Airborne Museum Rencontre Rencontre ▶ 44 – 80 ans D-Day au quatrième bâtiment, inauguré en mai 2016, le Centre de conférence Reagan (la Fondation Ronald Reagan ayant fait une donation substantielle pour permettre la construction), qui renferme une salle de cinéma, ainsi qu’un espace pour les expositions temporaires. Des travaux de rénovation des anciens bâtiments sont menés en 2020-2021, mais c’est pour mieux mettre en valeur un cinquième bâtiment qui sort tout juste de terre en ce début d’année 2024, et dont l’inauguration se déroulera bien entendu le 6 juin prochain, célébrant ainsi les 80 ans du Débarquement mais aussi les 60 ans du musée ! Nous laissons dans ces pages la Directrice du musée, Magali Mallet, nous expliquer à quoi servira ce cinquième bâtiment, qui fermera le cercle en quelque sorte… Ainsi, l’Airborne Museum est devenu en six décennies l’un des musées incontournables sur le D-Day et sans doute l’un des plus fréquentés à l’année. POUR TOUS, ET SURTOUT LES JEUNES La richesse de la collection, authentique, historiquement vérifiée, la scénographie, épurée pour mettre en valeur le fond plus VISITE / AIRBORNE MUSEUM Un travail d’historien pointu préside à l’exposition des objets et aux explications fournies, ce qui fait de l’Airborne Museum un endroit référentiel. L’agenda 2024  13 avril débat sur la Résistance dans la Manche (Cotentin, Sainte-Mère- Eglise et le réseau Centurie) avec les historiens Michel Boivin et Michel Leblond. 8 mai mise en accès des deux nouveaux bâtiments du musée au public (pavillons Waco et Occupation). Mi-avril (la date précise n'est pas encore fixée) : ouverture de la nouvelle exposition temporaire (saison 2024), « Eisenhower- De Gaulle, de l'amitié à l'alliance, dans la guerre et dans la paix ». Elle analysera les relations des deux personnages et soulignera ce qui les rapprochait. 1er-9 juin ouverture du Camp Geronimo 2024, le camp de reconstitution militaire US de l'Airborne Museum. Pour le programme complet (dans sa version du 8 janvier 2024, qui est susceptible de changer d'ici juin), se reporter à notre site web ou la page Facebook dédiée. Weekend du 14 juillet animations sur les Forces Spéciales de la Libération (Jedburghs, OG OSS, SAS, Plans Proust et Sussex). ▶ 80 ans D-Day – 45 « Cet objet n’est pas le plus gros mais demeure une pièce rarissime : il s’agit d’une des fameuses poupées Rupert. » – FOCUS – Les poupées Rupert  Difficile de sélectionner un objet parmi les milliers présentés à l’Airborne Museum, tant tous ceux présentés semblent avoir une valeur symbolique et historique intrinsèque. Nous n’avons pas choisi le plus gros, mais assurément un des plus originaux, en la présence de deux poupées Rupert. Qu’est-ce qu’une poupée Rupert ? ll s'agit d'un faux mannequin parachutiste fabriqué en toile de jute d'une hauteur de 90 cm environ. Les bras et les jambes sont remplis de sable pour le lester, il est équipé d'une petite voilure blanche en coton. De fabrication anglaise, cette poupée surnommée « Rupert » par les Américains devait servir de leurre. En Normandie, ces poupées n’ont été utilisées que dans la nuit du 5 au 6 juin 1944. Cette même nuit, deux escadrilles britanniques brouillent les radars allemands pendant qu’une quarantaine d’avions larguent 500 « Rupert ». L’objectif de ces largages était de tromper l’armée allemande sur le lieu exact du Débarquement : l’avion les larguait avant les vrais parachutistes, quelques centaines de mètres ou kilomètres, pour faire déplacer les troupes allemandes vers ces poupées. Le musée en possède deux exemplaires : le premier est en parfait état de stock (état neuf) et a été retrouvé avec quelques exemplaires rescapés sur un aérodrome anglais dans les années 80. Il n’a jamais été largué. Le second est un don de Mr Renaud qui le tient de ses parents (exemplaire vraisemblablement du largage de Saint-Lô en juin 1944). Il est en moins bon état que le précédent car ayant été utilisé pendant les opérations du Débarquement. 80 ans D-Day – 45 46 – 80 ans D-Day que la forme, ont une vocation bien précise : la pédagogie. Si l’Airborne Museum est bien entendu un lieu de mémoire et d’hommage historique, son but est aussi de permettre aux jeunes générations d’appréhender facilement et clairement la teneur des événements qui se sont déroulés là, les enjeux, et aussi l’aspect humain – primordial – des premières heures, des premiers jours après le Débarquement. Pour se faire, le musée se plie aux dernières technologies, avec des bornes tactiles et aussi l’Histopad, une tablette numérique et interactive qui propose huit scènes immersives pour le spectateur-visiteur. L’Histopad c’est aussi une chasse aux reliques et la possibilité de prendre une photo selfie en uniforme de parachutiste, de soldat ou d’infirmière ! Ce dispositif de l’Airborne Museum vous révélera des destins incroyables et vous plongera au cœur de l’action : des photographies inédites, des cartes animées, des extraits de films d’archives exceptionnels et des textes concis, traduits en 6 langues (Français, Anglais, Néerlandais, Allemand, Italien, Espagnol). Il est évident que c’est désormais le moyen de capter l’attention des plus jeunes. Quelle que soit l’attente qu’on puisse avoir dans la visite d’un musée dédié au D-Day, l’Airborne Museum saura s’adapter et répondre ainsi à tous les publics. Ce qui explique aussi son succès. ■ Nos remerciements à Hugo Levannier de l’Airborne Museum pour l’aide apportée à la réalisation de cet article. « La force de l’Airborne Museum est de pouvoir s’adapter à tous les publics. » L’on retrouve parmi les éléments exposés des références pour le moins exotiques, et la plupart sont liées à un propriétaire identifié. VISITE / AIRBORNE MUSEUM 80 ans D-Day – 47 Quel est votre rôle à l’Airborne Museum ? Magali Mallet : J’ai en charge le pilotage global de la structure : les RH, les finances et la supervision de la communication. Je m’occupe aussi des grands projets, avec tous les travaux : à chaque fois il faut trouver l’argent, suivre les études, déterminer les entrepreneurs… Comment fonctionne le musée ? Magali Mallet : Il est privé, donc nous avons des subventions d’investissement, mais pas de fonctionnement. Nous avons réussi, pour certains projets, à obtenir parfois des subventions européennes, nationales ou régionales, mais ce n’est pas systématique. Par exemple, pour le bâtiment consacré à l’opération Neptune, nous n’avons rien eu. Côté personnel, à l’année, nous sommes huit personnes qui représentent six temps pleins. Pour la haute saison, nous faisons appel à des renforts saisonniers et nous recevons des stagiaires longue durée. L’Airborne Museum est un des plus anciens musées sur le thème, mais aussi l’un des plus fréquentés… Magali Mallet : La fréquentation est croissante, en 2013 on était à 173 000 visiteurs, en 2023 on a avoisiné les 240 000. Les années « anniversaire » sont spéciales : en 2014, 263 000 visiteurs, en 2019, 251 000. Au mois d’août on est à plus de 50 000. On a la chance d’être un musée en plusieurs pavillons qui permet d’étaler la fréquentation. Quelles sont les nouveautés pour 2024 ? Magali Mallet : En 2024, nous ajoutons un cinquième pavillon, ce sera un bâtiment dédié au planeur Waco – il était à l’étroit dans la rotonde originelle -, 1 100 m2 seront dédiés à ce modèle et son histoire : une salle consacrée au bureau d’études Waco aux USA, pour comprendre la technique et son utilisation avant la Normandie, puis une salle de projection avec des films d’archives, dont une partie se passe dans le cockpit d’un planeur. Une très grande salle avec notre planeur exposé dans un décor fera aussi honneur aux équipages de bord. On trouvera un espace consacré à l’utilisation des planeurs pendant la guerre ailleurs dans le monde, et enfin une salle avec l’histoire du musée pour les 60 ans de la structure avec un film. Le planneur a été à nouveau restauré partiellement au niveau de l’entoilage, grâce à l’intervention de l’Amicale Salis, sur place. Du coup, que devient l’espace originel sans le planeur ? Magali Mallet : Dans le premier musée rénové, nous organisons désormais une exposition sur Sainte-Mère-Eglise sous l’Occupation, sur trois grands thèmes : l’armée allemande d’Occupation, la vie civile pendant l’Occupation, l’entrée en résistance de certains habitants. Arrivée en octobre 2013 pour finaliser le bâtiment Neptune et préparer le 70e anniversaire du D-Day à l’Airborne Museum, Magali Mallet est issue du Tourisme et du marketing touristique. Consultante pendant dix ans pour des collectivités, elle a notamment travaillé sur l’Hermione, et sur le patrimoine fluvial. Après sept ans passés à Manche Tourisme, et avec un attrait personnel pour l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, elle a naturellement pris sa place de Directrice dans ce musée gigantesque… Magali Mallet Directrice de l’Airborne Museum


Cet article est extrait de Nitro Hors-Série n°5, paru le 26/04/2024. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.

Museum D-Day Omaha

– 80 ans D-Day VISITE / MUSÉE D DAY OMAHA INFOS PRATIQUES  • Adresse : Route de Grandcamp, 14710 Vierville-sur-Mer. Tél. 02 31 21 71 80, d.dayomaha@orange. fr, dday-omaha.fr • Horaires d’ouverture : avril-mai-septembre : 10h30/18h ; juin-juillet-août : 10h/19h ; octobre-novembre : contactez le musée. • Tarifs : adulte 7 €, enfant (8-15 ans) 4 €…

ans D-Day VISITE / MUSÉE D DAY OMAHA INFOS PRATIQUES  • Adresse : Route de Grandcamp, 14710 Vierville-sur-Mer. Tél. 02 31 21 71 80, d.dayomaha@orange. fr, dday-omaha.fr • Horaires d’ouverture : avril-mai-septembre : 10h30/18h ; juin-juillet-août : 10h/19h ; octobre-novembre : contactez le musée. • Tarifs : adulte 7 €, enfant (8-15 ans) 4 €, tarif réduit 5,50 € (étudiants, militaires, journalistes, handicapés, sur présentation de la carte), gratuit moins de 8 ans, vétérans de la 2e GM. • Infrastructure : parking gratuit. Chasseur DE TRÉSORS Des collectionneurs d’objets du Débarquement ou même, plus largement, de la Seconde Guerre mondiale, vous en trouverez beaucoup. Mais il faut savoir trier les dilettantes des acharnés et des connaisseurs. La Famille Brissard – père et fils – a cette fibre de chasseurs de trésors insatiables. En résulte un musée à Vierville-sur-Mer pas tout à fait comme les autres. On ouvre la malle ? 80 ans D-Day – 33 ▶ Par Thibaut Amant – Photos Vincent Lyky L es grandes collections font souvent les plus beaux musées. Il en va ainsi du monde de l’Art comme de celui de l’Histoire. Dans ce hors-série, vous croiserez le destin de grands accumulateurs, de dénicheurs de haut vol, de chercheurs pointus… Citons parmi ceux rencontrés à l’occasion de l’écriture de ce guide des gens comme Emmanuel Allain, Patrick Fissot ou encore la Famille Leloup. Evidemment, les écrins varient suivant les ambitions, les moyens, mais vous trouverez à coup sûr de véritables trésors historiques dans ces collections. Ainsi en est-il aussi du Musée D Day Omaha de la Famille Brissard. Situé sur les hauteurs de Vierville-sur-Mer, le bâtiment en lui-même est un monument. C’est Antoine Brissard qui nous le présente : « Mon père a eu l’opportunité de racheter ce bâtiment historique, qui a été le premier construit par les alliés pour accueillir les blessés arrivant de la plage. Il était en bas, il a été remonté ici après-guerre. Il a même servi de cinéma municipal. En lui-même, le bâtiment est déjà un trésor ». Et c’est bien le maître-mot qui entretient la flamme de cette famille depuis les années 70… UN ÉTAT D’ESPRIT Michel Brissard est né en 1945. Dans les années 70, comme beaucoup de Normands, il s’est intéressé à la mémoire des années de guerre et aux objets liés. La collection a commencé comme ça : en s’intéressant aux choses, aux gens, aux histoires, aux anecdotes. A l’envie de conserver et montrer. Et Michel Brissard s’est lancé progressivement dans de véritables chasses aux trésors : sur les renseignements de l’un, sur le témoignage d’un autre, des indications d’emplacement, de cachettes secrètes, d’enfouissements. Michel a gratté, creusé, remué, dégagé, découvert, déterré de plus en plus d’objets, entraînant dans son sillage ses deux fils nés dans les années 80, Antoine et Fabien : « On a passé notre jeunesse à faire des fouilles dans les bois, les greniers, à ramasser tout ce qu’on trouvait : mon père avait une dimension plus mature et cherchait des pièces réellement rares et 34 – 80 ans D-Day historiques, nous, nous étions obnubilés par la chasse aux trésors pure. Devenus adultes on a encore le virus, et on cherche toujours des pièces inlassablement » raconte Antoine. Même si les temps ont bien changé en trente ou quarante ans : « On achète encore des pièces malgré les prix. Aujourd’hui, on est passé de la mémoire à l’Histoire, c’est plus médiatisé. Les contextes géopolitiques ont aussi bougé depuis la Guerre. Mais on sait encore où fouiller, même si ça n’a plus rien à voir avec la grande époque. Aujourd’hui c’est un réseau de collectionneurs. Il y a encore des opportunités, j’ai trouvé un casque sur la plage il y a deux ans, un moteur d’avion dans les campagnes. Il y a aussi des adresses qui circulent, il faut mener des investigations. Ce sont des pièces d’histoire, elles ont pris de la valeur. Et sont devenues rares sur le marché ». L’HISTOIRE… D’UNE FAMILLE Mais Antoine Brissard ne parle pas d’argent ou très peu, la motivation n’est pas de faire fortune en revendant, loin de là. Comme pour leur père, les deux frères – qui ont pris la suite – ont toujours la volonté du travail de mémoire et surtout de trouver des trésors : « On les expose ensuite pour créer une médiation, racontrer nos trouvailles, comment on les a découvertes, et faire les Légende ▶ VISITE / MUSÉE D DAY OMAHA L’agenda 2024  1-8 juin tarif préférentiel de 5 € pour tout le monde durant la semaine des commémo-rations. Durant cette période, aux abords du musée vous trouverez l’Omaha Camp, réalisé par des reconstitueurs, aussi bien côté allemand qu’américain, avec aussi une exposition de véhicules. 2 juin Tank Day, démonstration sur un terrain, en partenariat notamment avec Military Machine, des collectionneurs privés et des associations. Ce projecteur a été remis en état d’usage et sert à l’occasion pour les commémorations. Ci-contre, cette « cloche » de 60 tonnes vient de Chebourg et constituait la partie visible d’un bunker de deux étages.Notez les impacts d’obus ! 80 ans D-Day – 35 « Le bâtiment de ce musée est en lui-même un élément historique important. » – FOCUS – La machine Enigma  « Nous n’avons pas de thématique à proprement parler, mais nous avons désormais tendance à cibler notre propos sur la désinformation durant la guerre, la cryptologie, les données cachées, tout ce qui a permis le Débarquement finalement, tout ce qui touche au secret, localement et internationalement » raconte Antoine en s’approchant d’un véritable trésor. Une de ces fameuses machines Enigma, qui a permis aux Allemands d’utiliser un code de transmission réputé indécodable ! Sauf par le scientifique anglais Alan Turing, qui mettra au point un véritable ordinateur pour y parvenir… Non seulement la machine est rare, mais celle de la Famille Brissard ajoute encore un destin incroyable : « Cette machine vient d’une brocante, la personne croyait que c’était une machine à écrire, mon père l’a achetée 50 F à l’époque. Elle est rentrée dans la collection du musée et, en 2008, il y a eu un braquage armé ici ! La caissière a été séquestrée, et ils ont pris l’Enigma. Les braqueurs se sont révélés être basés sur Paris : ils se sont rendus au Poilu qui est un fameux surplus militaire, pour essayer de la revendre. Evidemment la Gendarmerie a été prévenue et un piège a été tendu. C’est comme ça qu’on a récupéré notre Enigma. C’est une trois rotors, donc soit de l’armée de terre ou de l’air. La marine avait les plus complexes à quatre rotors. Il y avait ordre de les saboter pendant la guerre ». 80 ans D-Day – 35 36 – 80 ans D-Day passeurs d’histoire. Le musée a été créé en 1999 par mon père. Après son décès en 2012, malgré nos activités professionnelles respectives, nous avons décidé mon frère et moi de poursuivre l’aventure ». Et en écoutant Antoine expliquer comment tel ou tel objet a été récupéré ou trouvé, on entend cette fièvre qui l’anime, celle d’un véritable aventurier. Ce qui fait de ce musée un assemblage épais, touffu, sans concordance immédiatement lisible… C’est comme si l’on ouvrait nous-même un grenier secret ! « On n’a pas de thématique particulière, on mixe du matériel de toutes les armées, mais notre point de vue est de proposer à l’exposition des choses très qualitatives et rares, des trésors donc. Du vrai haut de gamme pour les puristes, mais qui soit accessible au plus grand nombre. L’exposition dépasse le cadre normand. On porte un propos hétéroclite. Pour l’instant on est à l’étroit, on n’a pas le choix. On raconte ici avant tout l’histoire de notre famille de chasseurs de trésors ». Et c’est passionnant ! Et surtout on ne vous dit pas tout ce que vous pourrez voir, on préfère vous laisser beaucoup de surprises, et croyez-nous, vous n’êtes au bout ! ■ « La plupart des Goliath n’ont pas survécu,ils étaient programmés pour exploser ! » Il faudra être attentif et prendre le temps de poser ses yeux partout, tant les trésors de la famille Brissard sont nombreux et la place comptée pour les exposer… VISITE / MUSÉE D DAY OMAHA – FOCUS – Le mini-char Goliath  Le Goliath – de son nom technique Sd.Kfz.302 – est un petit engin chenillé téléguidé utilisé par la Wehrmacht lors de la Seconde Guerre mondiale. Il disposait d'une charge d'explosifs de 60 à 100 kg, pouvant être actionnée à distance, afin de détruire un char ou une place fortifiée. Chaque Goliath était prévu pour être détruit avec sa cible. Bien qu'un total estimé de 7 564 Goliath des deux modèles (thermique et électrique) ait été produit, cette arme à usage unique est par définition devenue donc très rare. Et vous trouverez donc un Goliath parmi les plus beaux exemplaires survivants au Musée D Day Omaha : « Ce Goliath était enterré dans un coin que mon père a pu déterminer suivant des témoins de l’époque, après avoir délimité un périmètre il y est allé avec une pelleteuse. C’était au début des années 80. Un Goliath, c’est introuvable. Nous avons la version thermique, il est complet et d’origine, il nous manque juste la télécommande » explique Antoine Brissard. Mais il y a encore mieux : « Nous avons aussi le rack de transport pour quatre goliath qui est aussi exposé ». 80 ans D-Day – 37 Photos xxxx Ils sont une poignée à travailler aux côtés des frères Brissard à la bonne marche du musée. Cécile Robert fait partie de l’équipe et se trouve tout autant passionnée et pointue sur le plan historique… Est-il encore possible de faire des trouvailles ? Cécile Robert : Ce qui est fou c’est de trouver encore des choses par hasard. Les casques, par exemple, sortent de plage facilement à chaque tempête ou grande marée. La houle creuse régulièrement. Après chaque événement météorologique, il y a foule sur la plage. Tout le monde espère la « trouvaille fortuite » légale. Il n’y a pas de fouille, c’est interdit. Bon, quatre-vingt ans ans après, c’est tout de même bien mangé par la corrosion. Arrivez-vous à être encore étonnée par les découvertes de « trésors » ? Cécile Robert : Beaucoup de gens héritent encore d’objets dont ils ne savent rien et cherchent à s’en débarrasser. Certains font monter les prix parce qu’ils voient ce qui se passe sur internet, mais pas toujours… Il y a aussi beaucoup d’objets mal identifiés car liés parfois à des opérations très secrètes, comme la panoplie anglaise de plongeur autonome que nous avons au musée. Il faut être vraiment connaisseur ou curieux pour trouver l’information. Quand on tombe sur ce genre d’objets, c’est toujours plus excitant. Cela peut aussi être des énigmes historiques, comme ce gilet de sauvetage de parachutiste trouvé sur Omaha en 2021 : il n’y a pas eu de parachutage à cet endroit, officiellement en tout cas. Ça soulève encore des questions historiques, tout n’est pas démonté de A à Z. La semaine du 6 juin sera particulière en 2024 ? Cécile Robert : Oui, nous avons mis en place tout un programme. Ce que nous voulons c’est rendre le musée le plus accessible possible durant cette semaine-là, avec un tarif très serré. A noter aussi que tout au long de l’année, nous travaillons en partenariat avec plusieurs associations, comme une près de Dieppe qui réhabilite les bunkers. Nous ne faisons pas qu’un travail d’exposition, nous sommes toujours en recherches historiques et curieux. Cécile Robert Accueil et visite du musée Ce fusil allemand FG42 est à la fois une pièce rare et une véritable aventure pour la famille Brissard : à vous de venir la découvrir. EN MARGE DU MUSÉE… Port Mulberry  Grâce à l’association Les passerelles d’Omaha, les élus de la commune et la DRAC de Caen, les passerelles Whale, éléments du port artificiel Mulberry à Omaha Beach, sont depuis quelques années inscrites au registre des monuments historiques. Un sauvetage (in)espéré pour ces reliques qui ont failli être ferraillées ! Grâce à Barthelemy Ballester, leur destin à basculer en 2001 : en visitant le Centre National des Ponts de Secours en Seine-et-Marne, ce Normand d’adoption découvre que les dernières passerelles du port artificiel d’Arromanches et de Vierville-sur-Mer en état y sont posées là mais à l’abandon depuis 1949… Barthelemy demande alors à pouvoir récupérer ces éléments destinés à la ferraille. Au bout de deux ans, on lui accorde le tout pour un franc symbolique et il devient propriétaire de 676 tonnes de ferraille ! Où les mettre ? Le musée d’Arromanches n’en veut pas. C’est finalement Michel Brissard, du musée D Day Omaha de Vierville-sur-Mer, qui s’y intéresse et fait revenir en Normandie les pièces détachées des cinq passerelles, réassemblées en 2004 via l’association. Elles avaient été installées en 1944, en mer, juste en face de Vierville-sur-Mer. Avec leur 2 km de leur long, elles servaient à débarquer du matériel. Dix jours après leur installation, une tempête a pratiquement tout détruit.


Cet article est extrait de Nitro Hors-Série n°5, paru le 26/04/2024. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.

La Batterie de Crisbecq

– 80 ans D-Day VISITE / BATTERIE DE CRISBECQ L’agenda 2024  A partir du mois de mai, vous pourrez voir un film sur simulateur du point de vue de trois personnages historiques différents, dans une nouvelle salle vidéo conçue à cet effet. 6-9 juin Présence de camps américain et allemand reconstitués, exposition de véhicules d’époque, surplus mi…

ans D-Day VISITE / BATTERIE DE CRISBECQ L’agenda 2024  A partir du mois de mai, vous pourrez voir un film sur simulateur du point de vue de trois personnages historiques différents, dans une nouvelle salle vidéo conçue à cet effet. 6-9 juin Présence de camps américain et allemand reconstitués, exposition de véhicules d’époque, surplus militaire… Spectacle plusieurs fois par jour racontant la Bataille des Haies par des reconstitueurs, inclus dans le ticket d’entrée. 7 juin Nocturne à partir de 20h30, avec un feu d’artifices en clôture. 80 ans D-Day – 29 ▶ Par Thibaut Amant – Photos Vincent Lyky INFOS PRATIQUES  • Adresse : Route des Manoirs, 50310 Saint- Marcouf-de-l’Isle. Tél. 06 68 41 09 04/09 82 57 61 92, contact@batterie-marcouf. com, batterie-marcouf.com • Horaires d’ouverture : du 10 février au 30 juin et du 1er septembre au 11 novembre, 10h/18h – juillet-août, 10h/19h.. • Temps de visite moyen : 1h30. Fermeture de la billetterie 1h avant fermeture. • Tarifs : visite libre, adulte 10,50 €, enfant (6-14 ans) 6,50 €, moins de 6 ans gratuit. Tarif de groupe adultes sur demande suivant nombre de personnes. Tarif de groupe scolaire 4,50 €/enfant. Visite guidée sur réservation à partir de 10 personnes, 2 € en supplément/personne. • Infrastructure : parking gratuit. Boutique dans le musée. Accès PMR compliqué. Mise à feu Outre sa construction quasi monumentale de vingt-deux blockhaus constituant l’un des points défensifs allemands parmi les plus lourds de l’Atlantique, la Batterie de Crisbecq est aussi historiquement le point de départ des hostilités du Débarquement : à 5h52 le 6 juin, c’est de là que les Allemands ont ouvert le feu sur les alliés… 30 – 80 ans D-Day VISITE / BATTERIE DE CRISBECQ – FOCUS – Les canons : chiffres superlatifs !  A la surface de la batterie de Crisbecq, ce sont les canons qui captent l’attention. Ils sont plusieurs et impressionnants par la taille et surtout leurs caractéristiques. Précision tout de même : aucun de ceux présents ne l’était là à l’origine, ce sont tous des pièces rapportées, issues d’achats et venant enrichir la collection du propriétaire… Mais ils ne sont pas anachroniques, des modèles identiques ou équivalents ont équipés Crisbecq ou d’autres batteries similaires à l’époque. Il y a d’abord celui très vertical, reposant sur ses quatre roues : un Bofors anti-aérien de 40 mm réquisitionné par les Allemands en 1940 lors de la Blitzkrieg, longueur de portée 7,2 km, et à la verticale 3,2 km, 120 coups à la minute, vitesse de 860 m/ seconde. On trouve ensuite un 105 mm espagnol, lourd de 3 tonnes, avec une portée de 11 km et un débit de 15 coups/minute. Le russe a été pris par les Allemands en 1942 : c’est un 122 mm de 3,3 tonnes, portée 12 km, vitesse de 515 m/seconde. Enfin le Chacal, un canon français ayant équipé le destroyer coulé à Ambleteuse en 1940 : ce 130 mm est le plus lourd avec 12 tonnes sur la balance !  Ci-dessus, un canon de 155 mm dans son encuvement. Ci-dessous un canon de type Chacal. 80 ans D-Day – 31

tonnes de bombes vont tomber dessus dans la nuit du 5 au 6 juin 1944. Un déluge qui parviendra à mettre hors d’état la plupart des canons de la Batterie. Et faire pas mal de dégâts alentours, dommages collatéraux… Malgré tout, les troupes allemandes en place se réorganisent et utilisent les deux canons subsistant pour ouvrir le feu sur les navires alliés au large d’Utah Beach, à 5h52 précises. L’USS Corry sombre. D’autres sont touchés, avant que l’USS Nevada, l’USS Arkansas et l’USS Texas ne répliquent lourdement. A 8h le premier canon tombe, le second une heure après. Mais les Allemands résistent et remettent en fonction l’un des deux dès le lendemain. Les attaques terrestres du 7 au 8 juin sont encore repoussées. Crisbecq n’est prise que le 12 juin. Nous n’étions qu’à 3 km de la plage. C’est dire l’intensité des combats… La batterie aux mains des Américains, ceux-ci effectueront des tests d’explosifs pour graduer la capacité de résistance des bunkers allemands. Ces traces d’explosion sont encore visibles aujourd’hui, bien entendu. La batterie de Crisbecq fut ensuite laissée à l’abandon, le temps et la nature faisant son office… En 2004, deux collectionneurs passionnés rachèteront les terrains et réhabiliteront les bunkers pour en faire un site désormais visitable. ■ Marie Leveziel est du pays et s’est donc intéressé forcément à l’Histoire du Débarquement. Ce qui l’a amenée à travailler avec passion et intérêt à la Batterie de Crisbecq… La batterie de Crisbecq en tant que site visitable est une histoire relativement récente ? Marie Leveziel : La Batterie est restée soixante ans dans l’oubli… Les Allemands avaient réquisitionné ces terrains qui étaient privés. Après la guerre, ils sont retournés à leurs propriétaires, qui ont plutôt voulu oublier les horreurs qui s’y étaient produites et effacer les traces des combats : des gravas, des branchages sont venus combler les tranchées et trous d’obus. Et puis petit à petit, un collectionneur passionné à racheter les terres composant le site de la Batterie de Crisbecq pour réhabiliter le site et en faire un lieu de mémoire. Celui-ci a ouvert en 2004, il y a donc tout juste vingt ans… Cela se présentait comme aujourd’hui ? Marie Leveziel : Pas complètement, au début, seuls quinze bunkers étaient visitables, aujourd’hui on en compte vingt-deux. Il a fallu tout remettre en état, sécuriser, réaliser un parcours et aménager les bunkers avec des objets retrouvés et collectés alentours pour remettre dans une configuration proche de l’époque… L’aménagement des bunkers est d’ailleurs en constante évolution, au gré des achats. Plusieurs choses sont d’origine au niveau de l’armement lourd, mais pas les canons : à l’époque, l’Etat avait tout refondu. Ceux présentés ici sont d’époque mais proviennent d’origine diverses : le propriétaire a d’ailleurs conservé les camouflages particuliers d’origine pour bien montrer que ce ne sont pas ceux du Crisbecq de 1944, mais tout de même des modèles équivalents. Marie Leveziel Responsable accueil, boutique et visite guidée Le parcours des bunkers numérotés est particulièrement bien agencé pour les visiteurs. Ce trou d’obus fait partie des exercices de tirs américains : impressionnant.


Cet article est extrait de Nitro Hors-Série n°5, paru le 26/04/2024. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.

Utah Beach, Musée du Débarquement

– 80 ans D-Day VISITE / UTAH BEACH MUSÉE DU DÉBARQUEMENT 80 ans D-Day – 23 ▶ Construit à l’endroit même où les troupes américaines ont débarqué le 6 juin 1944, le Musée du Débarquement de Utah Beach a ciblé son exposition didactique sur le D-Day – le Jour J – en dix séquences… Décortiquée et scénographiée, l’Opération prend ici une dimension sup…

ans D-Day VISITE / UTAH BEACH MUSÉE DU DÉBARQUEMENT 80 ans D-Day – 23 ▶ Construit à l’endroit même où les troupes américaines ont débarqué le 6 juin 1944, le Musée du Débarquement de Utah Beach a ciblé son exposition didactique sur le D-Day – le Jour J – en dix séquences… Décortiquée et scénographiée, l’Opération prend ici une dimension supplémentaire. Anatomie D’UN JOUR J L ’endroit est impressionnant. Il faut commencer par se faufiler sur la plage, derrière le musée, pour s’imprégner du lieu, de l’atmosphère qui y règne encore malgré les chevaux paisibles qui passent aujourd’hui au trot. Ensuite, il y a le Monument dédié à ceux qui ont péri sur ce sable, américains et membres aussi des FAFL (Forces Aériennes Françaises Libres) ce 6 juin 1944 de triste et héroïque mémoire : à la fin de la journée plus de 23 000 soldats américains auront réussi à débarquer là… Puis l’on se dirige vers ce Musée. Vaste bâtiment étendu, érigé sur un ancien bunker, et à l’architecture moderne… La visite est à la fois didactique par la richesse de ses informations et immersive Par Thibaut Amant – Photos Vincent Lyky 24 – 80 ans D-Day « 275 exemplaires de ce type de bombardiers ont participé au D-Day. » VISITE / UTAH BEACH MUSÉE DU DÉBARQUEMENT 80 ans D-Day – 25 – FOCUS – Le bombardier Martin B-26G- 25-MA  L’engin est impressionnant sous son écrin en verrière : c’est en 2011 que le B-26 Marauder a quitté le Musée du Bourget pour venir s’installer au Musée du Débarquement. Démonté, repeint aux couleurs du 553e Squadron de l’US Air Force (Dyna Might) qui a participé au D-Day, transporté, puis remonté, son exposition a été inaugurée en présence du lieutenant-gouverneur du Texas, David Dewhurst, dont le père a commandé le 553e Squadron ! C’est pour lui rendre hommage que David Dewhurst a financé l’opération de restauration et de transport de ce B-26, grâce à des dons récoltés au nom de la Fondation portant le nom de son père. 275 exemplaires de ce type de bombardiers ont participé au D-Day. Il n’en reste que 3 au monde… Caractérisé par ses ailes courtes (20 m d’envergure), ses 16 tonnes armé, ses deux moteurs Pratt et Whitney de 1 850 ch chacun, le Martin B-26 était aussi surnommé « widows maker » (faiseur de veuves). Il est aujourd’hui l’une des pièces maîtresses du Musée du Débarquement, en tout cas la plus imposante ! ▶ 26 – 80 ans D-Day par la scénographie et la puissance de la collection exposée. Dix séquences chronologiques permettent de comprendre la préparation et les enjeux de ce D-Day, jusqu’à la présentation dans la salle de cinéma du musée du film La palge de la victoire (avec ses archives inestimables), récompensé il y a dix ans d’un Golden Eagle award. D’un bout à l’autre de cette fantastique exposition, vous trouverez en chaque objet, document, arme ou véhicule exposés, l’émotion intense qui a animé la plage de Utah Beach dans son rendez-vous avec l’Histoire… C’est évidemment une visite incontournable, aussi bien pour qui veut appréhender le D-Day, comme pour le connaisseur pointu du sujet qui trouvera là aussi, dans le détail, matière à aller de plus en plus loin dans la connaissance de cette date-clé de l’histoire mondiale. ■ « Il y a ici moyen d’aller très loin dans les informations historiques affichées. » De nombreux objets témoignent de la vie militaire et personnelle des soldats. Les vitrines montrent la plupart des équipements militaires de l’époque. INFOS PRATIQUES  • Adresse : La Madeleine, D70, 50480 Sainte-Marie- du-Mont. Tél. 02 33 71 53 35, musee@utah-beach. com, utah-beach.com • Horaires d’ouverture : ouvert tous les jours de mai à septembre, de 9h30 à 19h, ouvert tous les jours sauf 25 décembre et 1er janvier d’octobre à avril, de 10h à 18h. • Temps de visite moyen : 2 heures. Fermeture de la billetterie 1h avant fermeture. • Tarifs : adulte 8,50 €, enfant (6-15 ans) 5 €, visite guidée sur réservation (reservation@ utah-beach.com, français et anglais) 2,50 €/pers. (45 mn, intérieur), 5 €/pers. (1h30, intérieur et extérieur). Groupe adultes 6,50 €/pers. (chauffeur, accompagnateur gratuit). Scolaires 4 €/élève (1 accompagnateur gratuit pour 8 élèves). Le musée est accessible aux personnes en situation de handicap moteur, auditif, mental et visuel (tarif 7,50 €, gratuit pour l’accompagnateur). Un fauteuil roulant est mis à disposition à l’accueil. • Pour les scolaires, les ateliers et la chasse au trésor sont à 3,50 €/élève. • Gratuité pour les enfants de moins de 6 ans, vétérans WWII, professionnels du Tourisme, habitants de Sainte-Marie-du-Mont. • Infrastructure : parking gratuit. Restaurant indépendant devant le musée, aire de pique-nique. Boutique dans le musée. VISITE / UTAH BEACH MUSÉE DU DÉBARQUEMENT 80 ans D-Day – 27 L’histoire de votre famille pendant la guerre fut particulièrement dramatique… Charles de Vallavieille : On est issu d’une famille de militaires. Mon père, Michel, avait perdu ses deux frères officiers en 1940, à l’arrivée des Allemands dans le nord de la France. Puis il s’est retrouvé dans les camps de jeunesse… De retour chez lui, le matin du 6 juin 1944, il s’est fait tirer dans le dos par les Américains. Il s’est retrouvé pendant huit mois à l’hôpital en Angleterre. A Sainte- Marie, après-guerre, il fallait compter sur la jeunesse locale pour tout reconstruire : mon père s’est présenté et a été élu maire en 1949. Il l’est resté jusqu’à son décès en 1991… C’est lui qui est à l’origine du Musée. Mais ce fut une histoire compliquée. Il y avait eu un premier monument érigé, celui qui est à quelques dizaines de mètres du Musée, en haut des marches, inauguré le 11 novembre 1944 par les Américains et commémoré une première fois le 6 juin 1945 par les Français, la guerre n’était pas encore terminée. C’est la base du souvenir à Utah Beach. Mais la majorité des gens voulaient oublier ça, que Utah redevienne une station balnéaire. Mon père a eu toutes les peines du monde à faire accepter l’idée du premier musée, en 1962, basé sur le blockhaus, qui est désormais intégré dans la structure du musée actuel. Pourtant, cela a été un succès immédiat, dès l’ouverture au public, avec 20 000 visiteurs dès la première année. Comment le musée a-t-il évolué ensuite ? Charles de Vallavieille : Le musée est resté et reste municipal, et c’est exceptionnel pour une petite commune comme la nôtre. En 1991, la Région et le Département ont commencé à s’intéresser au patrimoine du Débarquement en vue du cinquantenaire. On a pu avoir des aides pour construire le musée avec vue sur la plage. En 2007, le fils du pilote de l’avion exposé nous a ensuite aidé financièrement pour faire évoluer le musée avec un architecte. Cette structure de mémoire est le phare de notre commune, c’est aussi une ressource économique pour la ville. La plus belle année a été 2019 avec 186 000 visiteurs. En 2023 on est revenu à 170 000 visiteurs environ, après un creux avec la COVID. La moitié des visiteurs sont étrangers, beaucoup viennent d’Europe du Nord, de l’Est, il y a aussi des Espagnols. C’est très cosmopolite. Le monde vient à nous. Envisagez-vous d’autres évolutions dans l’avenir ? Charles de Vallavieille : Compte tenu de la loi littoral et du risque d’érosion, on ne peut plus agrandir. On fera simplement des modifications dans les expositions. Il y a dans la nouvelle génération des gens qui s’intéressent à nouveau à cette période de l’Histoire et un noyau dur s’est formé autour du musée pour y veiller. On devrait faire une petite partie en réalité virtuelle d’ici 2026. Je suis attaché à l’Histoire et on ne vient pas ici pour voir du « cinéma », donc je veux bien faire les choses sur ce point. La guerre n’est pas un jeu vidéo. Actuellement, la scénographie est faite dans l’ordre chronologique. Suivant vos intérêts et votre temps, il y a moyen d’aller très loin dans l’information sur le sujet, avec les nombreuses explications que nous affichons. Cela permet aussi de revenir, de le faire en plusieurs fois, d’autant que l’on change les objets de base régulièrement dans les vitrines. Cela fait vivre les dons que l’on reçoit. 95 % des objets sont des dons, depuis 1962 les gens ont confiance en nous et savent qu’il n’y aura pas de reventes à profit. Les objets de la Seconde Guerre ont aujourd’hui un prix qu’ils n’avaient pas il y a quarante ans. Nous exposons aussi des « prêts » : l’avion a un statut spécial, il appartient à l’Etat et vient du musée du Bourget. On a aussi le canon et le petit Goliath qui viennent du Musée des Blindés de Saumur. 2024 va être une année faste… Comment gérerez-vous l’affluence ? Charles de Vallavieille : Il y a dix salariés permanents, et l’été des vacataires viennent en renfort. Des étudiants font des stages longs, c’est une belle expérience pour eux. Je veille à ce que les personnes qui font les visites guidées soient impliquées et abordent les sujets importants. On a également un projet qui prend forme pour pouvoir consulter les archives. Ce sera pour les chercheurs, et situé dans le village. Quel programme est prévu pour la saison ? Charles de Vallavieille : Le 8 juin, un concert avec une énorme chorale est organisé par le Conseil Départementale, et nous aurons une prestation de l’orchestre de Baden- Baden. Une exposition temporaire sera mise en place sur les recherches archéologiques de Brécourt, et l’on expliquera l’intérêt de l’archéologie pour confirmer ou infirmer les dires des historiens. On trouve beaucoup de choses et cela permet de savoir où sont passés tels ou tels régiments. Les pillages d’objets trouvés cassent la réalité de l’Histoire, si on ne précise pas où ils ont été ramassés. Ce sont là les prémices de l’archéologie de cette guerre, si on ne le fait pas maintenant ce sera perdu. Maire de Sainte-Marie-du-Pont depuis 2020, Charles de Vallavieille a en charge évidemment la vie du musée, qui est municipal… et que son père a créé au début des années 60 ! Charles de Vallavieille Responsable du Musée du Débarquement Utah Beach Rencontre Rencontre


Cet article est extrait de Nitro Hors-Série n°5, paru le 26/04/2024. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.