Restomod · 6 août 2024
Ford Galaxie 500 1964
Foo Fighters, The sky is a neighborhood FORD GALAXIE 500 1964 Les projets autos de Bob Matranga font régulièrement la une des magazines. Pas étonnant – il possède en effet 70 voitures dans sa collection. Voici sa dernière réalisation marquante, une Ford Galaxie 500 d…
Foo Fighters, The sky is a neighborhood FORD GALAXIE 500 1964 Les projets autos de Bob Matranga font régulièrement la une des magazines. Pas étonnant – il possède en effet 70 voitures dans sa collection. Voici sa dernière réalisation marquante, une Ford Galaxie 500 de 1964 modifiée de manière subtile et propulsée par un rare V8 Ford Big Block de la même époque…
L e mouvement rod/custom regorge d’individus intéressants qui méritent d’être connus, dont Bob Matranga. Sa carrière fructueuse en tant que cofondateur d’une entreprise du bâtiment voilà plus de cinquante ans lui a permis d’accumuler une impressionnante collection de véhicules éclectiques. Elle mélange en effet des modèles américains et européens, parfois d’origine et plus souvent modifiés : customs, rods, trucks, street machines, etc. Les aventures « roddesques » de Bob débutent à la fin des années 70, lorsqu’il se lance dans la construction de son premier rod avec son fils Kent, un pick-up Ford 1934 – la première voiture de Kent. Mais le duo père/fils commence à réellement collectionner diverses autos au début des années 2000. La flotte en question devenant difficile à gérer, ils font alors appel à plusieurs employés pour entretenir celle-ci et participer à la réalisation de nouveaux projets. Matranga Hot Rods, le nom de leur atelier privé, est ainsi à l’origine de quelques rods et customs reconnus mondialement, dont la Ford Galaxie 1964 dévoilée dans ce numéro de Nitro. SCÉNARIO PLAUSIBLE Afin de mieux cerner le thème de ce chantier, il semble nécessaire de se replonger soixante ans en arrière, à une époque où les constructeurs automobiles faisaient preuve d’imagination pour vendre leurs voitures les plus « musclées ». En 1964, Ford conçoit ainsi une unique Ford Galaxie propulsée par un puissant V8 427 SOHC (simple arbre à cames en tête), une mule présentée aux officiels des courses NASCAR dans l’espoir de voir ledit véhicule accepté en compétition. Ford se voit néanmoins rembarré par les autorités compétentes, qui jugent le big block trop exotique pour une voiture de production. Par la suite, le constructeur reconfigura ce V8 (conçu pour faire concurrence au Chrysler Hemi 426) avec succès pour les courses de drag NHRA. Le concept de Bob part donc de cette interrogation : Et si les officiels NASCAR avaient dits « oui » à cette proposition ? Alors Ford aurait été obligé de fabriquer 500 Galaxie ainsi équipées, afin de l’homologuer comme voiture de course. Bref, le coupé Galaxie 500 de Bob répond à un scénario historiquement plausible. UN 427 SINON RIEN L’histoire de cette auto débute en 1964, lorsqu’elle émerge des chaînes de montage de l’usine Ford de Los Angeles. Équipée d’un V8 289 ci et d’une boîte automatique, elle profite d’une vie paisible sur la West Coast ; puis l’un de ses propriétaires installe le 427 SOHC accouplé à une transmission C6. Bob découvre la voiture, appartenant alors au hot rodder Joe Kugel, au cours d’une manifestation organisée chez So-Cal Speed Shop. Au risque d’en surprendre certains, il n’est guère intéressé par le véhicule en lui-même, « z’yeutant » avant tout le V8 exotique – il l’imagine déjà dans l’un de ses futurs projets ! L’auto languit pendant deux ans au sein de la Matranga Collection, tandis qu’il s’affaire sur un autre bolide marquant, un coupé Chevy 1955 bleu métal. Cependant, la carrosserie de la Ford peinte en Blanc Winbledon possède une belle patine qui plait bien à Bob… Il décide donc de se lancer dans sa résurrection, avec l’aide de Chris Brown, un designer automobile qui travaille intensément avec lui sur de nombreuses voitures depuis des années. Chris explique : TOUTES LES PERSONNES IMPLIQUÉES ONT COMPRIS QUE LEUR TRAVAIL DEVAIT AVOIR L’AIR DE SORTIR DES CHAÎNES DE MONTAGE FORD.

Le boitier d’air conditionné Ford SelectAire dissi- mule un système Vintage Air contemporain. La surprenante sellerie en cuir reprend les teintes vinyles employées sur les Galaxie en 1964. Bob a choisi de conserver le volant de série, mais il repose sur une colonne de direction inclinable. Une pièce Ford rare : le compte-tours Rotunda. Son embase fut modifiée pour se monter plus bas. L’habillage du coffre se marie à l’intérieur. Le boîtier monté à droite cache la batterie moderne.
Bob Matranga et Chris Brown ont eu la gentillesse de nous fournir quelques photos relatives à la fabrication de ce projet – thanks Bob and Chris ! La construction Montage à blanc du châssis Roadster Shop doté de fusées avant de Cor- vette C6. Surprise : en sortant du sablage, la car- rosserie s’est avérée en excellent état ! La structure du capot fut conçue de manière à ressembler à un montage Ford d’usine ! Forme du châssis Roadster Shop oblige, la coque fut modifiée afin d’éviter toute interférence. La fabrication du vase d’ex- pansion commença avec une pièce en bois suivie d’un moule. « Nous avons imaginé la Galaxie de Bob comme étant la première à être homologuée avec un 427 SOHC. Aidé de mes croquis, nous avons défini les paramètres liés au design de chaque détail. Le projet sortant des normes, toutes les personnes impliquées ont compris que leur travail devait avoir l’air de sortir des chaînes de montage Ford, avec un degré de finition bien plus élevé – aucune pièce ne pouvait avoir un look custom. » EN PARFAIT ÉTAT La coque passe d’abord dans un bain d’acide et, à la surprise de tous les intervenants impliqués, elle s’avère extrêmement saine, sans dommage ni trace de rouille. Bill Brackman se charge de modifier les pare- chocs afin qu’ils se montent plus près de la carrosserie. Le modèle monté devant possède aussi des lignes plus fluides et Bill ajoute un insert sous les phares pour améliorer le rendu visuel du museau. Divers détails discrets seront uniquement notés par les spécialistes des Galaxie : disparition des ornements sur les ailes, paupières de phare allongées, baguettes autour des feux arrière redessinées,… Bob et Chris s’avèrent peu satisfaits du look et la finition du capot Ford en poly, avec sa grosse empreinte en forme de goutte d’eau. Ils choisissent donc de fabriquer une version différente, visuellement moins « mastoc », entièrement en métal et intégrant des grilles d’aération usinées par Evod. Le montage demande un travail colossal, notamment la structure interne unique qui semble avoir été estampillée à l’usine Ford. Mick’s Paint réalise le superbe travail de carrosserie et peinture, recouvrant chaque panneau de la teinte Ford Winbledon White d’origine. LOOK HALIBRAND Sous cette coque étincelante se cache un châssis Roadster Shop à quatre roues indépendantes, qui intègre un kit suspension sur airbags, des freins à disque six pistons Baer de 14 pouces, une boite mécanique à six rapports Tremec T56 Magnum et un pont arrière Strange Engineering de 9 pouces. Les pneus Nitto 225/45ZR18 et 295/45ZR18 logent parfaitement sous les ailes. « Nous avons choisi des jantes ET Mags ACIII en 7×18 et 10×18, car leur look se rapproche des Halibrand utilisées sur les Shelby Cobra, un montage approprié pour un projet Ford d’usine comme le nôtre », commente Chris. Parmi les bonnes surprises, le team découvre que le moteur 427 de 635 ch au look si particulier (avec ses cache- culbuteurs en magnésium) est en excellent état et manifestement refait par un pro. L’œil du lecteur aguerri remarquera le vase d’expansion typique des Ford Big Block… sauf que celui-ci fut spécialement conçu par Bill Brackman pour se loger parfaitement sous le capot. Quelques autres pièces se font plus discrètes, dont les supports du moteur au look « stock », la direction assistée électrique de Volvo, ainsi qu’une poignée de composants usinés par Evod (filtre à air et bouchon de réservoir de liquide de frein). DISCRET ET SUBTIL De série, cette voiture était équipée d’un intérieur en vinyle, utilisant des teintes beige nacré et crème plutôt surprenantes. SMS Auto Fabrics reproduit ces mêmes couleurs, mais en cuir teinté ! Puis Gabe’s Custom Upholstery accepte le challenge d’utiliser ledit matériau et diverses baguettes spécialement usinées pour ce projet, afin de créer une sellerie d’un aspect d’origine. Evod s’occupe de la conception des mini-badges rectangulaires indiquant « 427 SOHC », montés sur les sièges, les panneaux de porte et le coffre luxueux – celui-ci s’accorde au thème de l’habitacle. De chaque côté de l’instrumentation de série, remarquez les double-compteurs réalisés par Classic Instruments, encore une fois dans le style des Galaxie de 1964. Le compte-tours Rotunda de la même période, un accessoire souvent installé par les concessionnaires Ford, prend place sur le tableau de bord. Si Bob choisit de conserver le volant d’origine, il le fait modifier afin de pouvoir le monter sur une colonne de direction Flaming River réglable, tandis que Chris Brown dessine le bouton de klaxon. Le boîtier d’air conditionné d’époque reste en place sous l’autoradio RetroSound (avec un cadran AM unique) ; toutefois, les boutons contrôlent dorénavant un système Vintage Air contemporain soigneusement dissimulé. Enfin, le coupé regorge de détails amusants, comme l’autocollant trouvé dans le coffre, relatif à l’utilisation du cric… Il reprend le graphique Ford de 1964, mais le texte a été changé avec humour et un dessin montre le conducteur, téléphone portable à la main, en train d’appeler l’assistance routière ! La fabuleuse Galaxie 500 de Bob démontre à quel point la scène custom a changé depuis le siècle dernier… On est incontestablement loin des projets au look tapageur des années 80-90 !

À QUEL POINT LA SCÈNE CUSTOM A CHANGÉ DEPUIS LE SIÈCLE DERNIER… Voici la réponse de Ford au fameux V8 Hemi du groupe Chrysler : le « Cammer » de 427 ci ! S’il ressemble à une pièce d’époque, le vase d’expan- sion fut spé- cialement créé pour l’auto. La touche d’humour subtile ! CMER427, contraction de « Cammer 427 », le nom du rare moteur équipant cette Galaxie 500. Les deux pare-chocs furent mo- difiés afin de mieux épouser les lignes du gros coupé US.





Cet article est extrait de Nitro #329, paru le 15/07/2024. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.