Visite atelier · 1 mai 2024
La Batterie de Crisbecq
– 80 ans D-Day VISITE / BATTERIE DE CRISBECQ L’agenda 2024 A partir du mois de mai, vous pourrez voir un film sur simulateur du point de vue de trois personnages historiques différents, dans une nouvelle salle vidéo conçue à cet effet. 6-9 juin Présence de camps américain et allemand reconstitués, exposition de véhicules d’époque, surplus mi…
ans D-Day VISITE / BATTERIE DE CRISBECQ L’agenda 2024 A partir du mois de mai, vous pourrez voir un film sur simulateur du point de vue de trois personnages historiques différents, dans une nouvelle salle vidéo conçue à cet effet. 6-9 juin Présence de camps américain et allemand reconstitués, exposition de véhicules d’époque, surplus militaire… Spectacle plusieurs fois par jour racontant la Bataille des Haies par des reconstitueurs, inclus dans le ticket d’entrée. 7 juin Nocturne à partir de 20h30, avec un feu d’artifices en clôture. 80 ans D-Day – 29 ▶ Par Thibaut Amant – Photos Vincent Lyky INFOS PRATIQUES • Adresse : Route des Manoirs, 50310 Saint- Marcouf-de-l’Isle. Tél. 06 68 41 09 04/09 82 57 61 92, contact@batterie-marcouf. com, batterie-marcouf.com • Horaires d’ouverture : du 10 février au 30 juin et du 1er septembre au 11 novembre, 10h/18h – juillet-août, 10h/19h.. • Temps de visite moyen : 1h30. Fermeture de la billetterie 1h avant fermeture. • Tarifs : visite libre, adulte 10,50 €, enfant (6-14 ans) 6,50 €, moins de 6 ans gratuit. Tarif de groupe adultes sur demande suivant nombre de personnes. Tarif de groupe scolaire 4,50 €/enfant. Visite guidée sur réservation à partir de 10 personnes, 2 € en supplément/personne. • Infrastructure : parking gratuit. Boutique dans le musée. Accès PMR compliqué. Mise à feu Outre sa construction quasi monumentale de vingt-deux blockhaus constituant l’un des points défensifs allemands parmi les plus lourds de l’Atlantique, la Batterie de Crisbecq est aussi historiquement le point de départ des hostilités du Débarquement : à 5h52 le 6 juin, c’est de là que les Allemands ont ouvert le feu sur les alliés… 30 – 80 ans D-Day VISITE / BATTERIE DE CRISBECQ – FOCUS – Les canons : chiffres superlatifs ! A la surface de la batterie de Crisbecq, ce sont les canons qui captent l’attention. Ils sont plusieurs et impressionnants par la taille et surtout leurs caractéristiques. Précision tout de même : aucun de ceux présents ne l’était là à l’origine, ce sont tous des pièces rapportées, issues d’achats et venant enrichir la collection du propriétaire… Mais ils ne sont pas anachroniques, des modèles identiques ou équivalents ont équipés Crisbecq ou d’autres batteries similaires à l’époque. Il y a d’abord celui très vertical, reposant sur ses quatre roues : un Bofors anti-aérien de 40 mm réquisitionné par les Allemands en 1940 lors de la Blitzkrieg, longueur de portée 7,2 km, et à la verticale 3,2 km, 120 coups à la minute, vitesse de 860 m/ seconde. On trouve ensuite un 105 mm espagnol, lourd de 3 tonnes, avec une portée de 11 km et un débit de 15 coups/minute. Le russe a été pris par les Allemands en 1942 : c’est un 122 mm de 3,3 tonnes, portée 12 km, vitesse de 515 m/seconde. Enfin le Chacal, un canon français ayant équipé le destroyer coulé à Ambleteuse en 1940 : ce 130 mm est le plus lourd avec 12 tonnes sur la balance ! Ci-dessus, un canon de 155 mm dans son encuvement. Ci-dessous un canon de type Chacal. 80 ans D-Day – 31
tonnes de bombes vont tomber dessus dans la nuit du 5 au 6 juin 1944. Un déluge qui parviendra à mettre hors d’état la plupart des canons de la Batterie. Et faire pas mal de dégâts alentours, dommages collatéraux… Malgré tout, les troupes allemandes en place se réorganisent et utilisent les deux canons subsistant pour ouvrir le feu sur les navires alliés au large d’Utah Beach, à 5h52 précises. L’USS Corry sombre. D’autres sont touchés, avant que l’USS Nevada, l’USS Arkansas et l’USS Texas ne répliquent lourdement. A 8h le premier canon tombe, le second une heure après. Mais les Allemands résistent et remettent en fonction l’un des deux dès le lendemain.
L’evenement
Les attaques terrestres du 7 au 8 juin sont encore repoussées. Crisbecq n’est prise que le 12 juin. Nous n’étions qu’à 3 km de la plage. C’est dire l’intensité des combats… La batterie aux mains des Américains, ceux-ci effectueront des tests d’explosifs pour graduer la capacité de résistance des bunkers allemands. Ces traces d’explosion sont encore visibles aujourd’hui, bien entendu. La batterie de Crisbecq fut ensuite laissée à l’abandon, le temps et la nature faisant son office…
Genese du modele
En 2004, deux collectionneurs passionnés rachèteront les terrains et réhabiliteront les bunkers pour en faire un site désormais visitable. ■ Marie Leveziel est du pays et s’est donc intéressé forcément à l’Histoire du Débarquement. Ce qui l’a amenée à travailler avec passion et intérêt à la Batterie de Crisbecq… La batterie de Crisbecq en tant que site visitable est une histoire relativement récente ? Marie Leveziel : La Batterie est restée soixante ans dans l’oubli… Les Allemands avaient réquisitionné ces terrains qui étaient privés. Après la guerre, ils sont retournés à leurs propriétaires, qui ont plutôt voulu oublier les horreurs qui s’y étaient produites et effacer les traces des combats : des gravas, des branchages sont venus combler les tranchées et trous d’obus. Et puis petit à petit, un collectionneur passionné à racheter les terres composant le site de la Batterie de Crisbecq pour réhabiliter le site et en faire un lieu de mémoire. Celui-ci a ouvert en 2004, il y a donc tout juste vingt ans…
Le projet du proprietaire
Cela se présentait comme aujourd’hui ? Marie Leveziel : Pas complètement, au début, seuls quinze bunkers étaient visitables, aujourd’hui on en compte vingt-deux. Il a fallu tout remettre en état, sécuriser, réaliser un parcours et aménager les bunkers avec des objets retrouvés et collectés alentours pour remettre dans une configuration proche de l’époque… L’aménagement des bunkers est d’ailleurs en constante évolution, au gré des achats. Plusieurs choses sont d’origine au niveau de l’armement lourd, mais pas les canons : à l’époque, l’Etat avait tout refondu. Ceux présentés ici sont d’époque mais proviennent d’origine diverses : le propriétaire a d’ailleurs conservé les camouflages particuliers d’origine pour bien montrer que ce ne sont pas ceux du Crisbecq de 1944, mais tout de même des modèles équivalents. Marie Leveziel Responsable accueil, boutique et visite guidée Le parcours des bunkers numérotés est particulièrement bien agencé pour les visiteurs. Ce trou d’obus fait partie des exercices de tirs américains : impressionnant.











Cet article est extrait de Nitro Hors-Série n°5, paru le 26/04/2024. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.