Guide d'achat · 5 octobre 2026
AMC AMX 1968-1972 : guide d’achat, cote et pièges
Guide d’achat Nitro · Big bad ?
L’AMX se veut véritablement bad boy à l’époque. Mais sa ligne et son gabarit trop exotiques, pour ne pas dire féminins, ne l’aideront pas. Il y avait de quoi s’amuser pourtant, avec originalité en choisissant par exemple une couleur du programme Big Bad !
AMC AMX 1968-1972 : histoire et versions
En 1967, AMC lance sa pony car la Javelin, qui bénéficiera d’une très bonne image auprès du public, et qui va servir de tremplin à un autre modèle présenté dans la foulée le 15 février 1968, l’AMX. Basée sur la Javelin mais avec un empattement raccourci, l’AMX se présente comme un coupé compact à la présentation avenante et au design original (dû à un designer européen, l’Italien Vignale) censé séduire la clientèle très exigeante des muscle cars. Stricte deux places (la seule sur le créneau), l’AMX – issue par ailleurs d’un concept car datant de 1966 – offre une palette de motorisations uniquement composée de V8 : le modèle standard est un 290 ci Typhoon de 225 hp, suit un 343 ci de 280 hp et surtout un 390 ci de 315 hp. Tous sont équipés d’un seul carburateur quatre corps, tandis que les transmissions sont, soit la Borg Warner mécanique à quatre vitesses, soit – et en option – la Borg Warner automatique à trois rapports. Toujours en option (et seulement disponible sur les 343 et 390 ci), le Go Package comprend les disques de freins avant, la suspension renforcée, les Goodyear Polyglass à liseré rouge, le pont autobloquant, le système de refroidissement gros modèle et des bandes de carrosserie autocollantes. Le prix de l’AMX standard est fixé à 3 245 $, et pour dynamiser la sortie de son nouveau bébé, AMC prétend que l’auto sera produite en série “limitée” à seulement 10 000 exemplaires pour ce premier millésime et 20 000 pour l’année suivante… Mais 6 725 “gogos package” seulement signeront un chèque à AMC. Visiblement l’AMX va devoir trouver de sérieux arguments pour faire sa place sur ce marché déjà très encombré… À noter qu’une série spéciale Craig Breedlove rouge, bleue et blanche, tirée à 50 exemplaires sera également disponible, le célèbre pilote de records de vitesse ayant battu 106 records (dans des catégories inusitées depuis des années !) avec une AMX en février.
En 1969, l’AMX connaît diverses évolutions : nouveau tableau de bord et série spéciale “Big Bad AMX”. Sous ce terme hautement agressif se cache une option à 34 $ qui consiste simplement en une peinture intégrale (pare-chocs compris) d’une couleur criarde : orange (284 exemplaires), vert (283) ou bleu (195). Pour 205 $, vous pouvez également obtenir un levier Hurst sur la boîte mécanique 4 vitesses Borg Warner, tandis que le Go Package est toujours disponible. Une version très limitée (52 ou 53 exemplaires selon les sources) de l’AMX, la SS, est également construite à l’usage des pilotes de dragsters : équipée du 390 ci et de deux carburateurs Holley quatre corps, la SS affiche 340 hp pour un prix de 5 994 $, le double du prix d’une AMX standard. L’engin parcourt ainsi lors d’une course NHRA le quart de mile en 10,73 s !
Concernant l’AMX en 1970, malgré son originalité esthétique qui en fait véritablement une muscle car hors norme, l’auto ne se vend pas facilement face à la concurrence relevée des Trois Grands. D’autant que le 390 ci n’existe plus qu’en 315 hp, la version 340 hp n’étant plus disponible, signe des temps. À noter qu’AMC tente de séduire la clientèle en baissant le prix (3 395 $) du modèle standard (360 ci de 290 hp), mais rien n’y fait : 4 116 exemplaires seulement tombent des chaînes.
La gamme muscle car est pourtant renouvelée entièrement pour 1971, année de la débâcle générale, avec une AMX flambant neuve, désormais à quatre places, et se rapprochant esthétiquement de la Javelin. Sous le capot, on trouve en motorisation standard le 360 ci à carburateur double corps de 245 hp. En revanche, le pack optionnel “Go Package” comprend désormais un nouveau 401 ci à carburateur quadruple corps de 330 hp. Pas mal pour l’année, et même osé. Le pack inclut également la suspension dure, la prise d’air fonctionnelle, le circuit de refroidissement grande capacité, les freins à disques à l’avant, les pneus en 15 pouces, les jantes sport et la double ligne d’échappement ! Mais seulement 2 154 acheteurs ont été séduits par l’ensemble…
On persiste encore en 1972 avec l’AMX qui, à ce stade, peut prétendre être parmi les muscle cars les plus performantes de l’année ! Un petit miracle pour AMC qui n’en retire pourtant aucune retombée commerciale : seulement 3 220 AMX se vendent (c’est pourtant mieux que l’an dernier). Trois moteurs sont disponibles, avec en monte standard un famélique V8 304 ci de seulement 150 hp. Oublions-le sans regret pour évoquer le 360 ci de 245 hp et surtout le 401 ci de 330 hp ! Et sachons surtout en profiter : l’année prochaine, l’AMX deviendra une petite pony car sans prétention sportive.
AMC AMX 1968-1972 : que vérifier avant d’acheter ?
Côté moteurs, il y a des différences de construction entre les V8 : les 290 et 304 utilisaient de petites soupapes d’admission et les 343 et 360 utilisaient de plus grandes. Tous les moteurs AMC apparaissent de la même manière à l’extérieur, à l’exception des chiffres imprimés de chaque côté du bloc, sous le support moteur, indiquant la cylindrée du moteur. Les numéros de moulage et la petite étiquette vissée sur le cache culbuteurs aident à identifier la date de construction d’un moteur, mais les moteurs AMC ne contiennent aucune identification correspondant directement à la voiture dans laquelle AMC les a installés, il est donc pratiquement impossible de déterminer si un moteur particulier a été installé à l’origine dans un véhicule particulier. L’inconvénient le plus connu des moteurs AMC V8 est le système de lubrification, qui limite le débit d’huile dans des situations extrêmes. Sur le plan cosmétique, chaque couleur Big Bad avait son propre code de peinture sur l’étiquette de garniture de porte. Les AMX présentent trois zones principales connues pour rouiller en raison de l’ingénierie des panneaux de carrosserie : les custodes, en particulier de chaque côté du coffre, en raison de l’accumulation de saletés ; les panneaux de seuil entre le couvercle du coffre et la lunette arrière ; et la partie inférieure des montants latéraux, en raison de minuscules trous de drainage qui se sont rapidement remplis de saletés. On note également les planchers, le fond de coffre et les creux sous les ailes avant comme d’autres zones problématiques potentielles.
AMC AMX 1968-1972 : quel prix aux USA ?
Aujourd’hui, l’AMX conserve une place de choix parmi les fans d’AMC. Les versions uniques, telles que les SS/AMX construites par Hurst et les California 500 Specials, restent très recherchées (90/100 000 $). Mais l’AMX en général est déjà rare et donc recherchée, surtout avec une couleur Big Bad pratiquement introuvable d’origine (attention aux clones), mais cela ne la rend pas chère pour autant : comptez entre 30 000 et 40 000 $ pour une version classique (343/360 ci) et plus de 50 000 $ avec un 390 voire un 401 ci…
AMC AMX 1968-1972 en images







À lire aussi : les autres guides AMC
- Guide d’achat AMC SC/Rambler-Rebel Machine 1969-1970
- Guide d’achat AMC Javelin SST 1968-1971
- Tous les guides d’achat muscle cars Nitro
Extrait du hors-série Nitro consacré aux muscle cars américaines.