Guide d'achat · 5 octobre 2026
Oldsmobile 4-4-2 1968-1972 : guide d’achat, cote et pièges
Guide d’achat Nitro · La muscle car à papa
Cette série de 4-4-2 fait partie des grands mythes de la période muscle cars : jusqu’à 1970, cette Oldsmobile est véritablement un mélange de puissance, d’opulence et de style… Ensuite (1971/1972), ce sera comme partout, une fin avec les honneurs.
Oldsmobile 4-4-2 1968-1972 : histoire et versions
Pour 1968, l’Oldsmobile 4-4-2 y va de son restyling. La nouvelle 4-4-2 existe toujours en coupé hard-top (Hollyday), coupé fastback (sport) et convertible. Assez agressive et toujours aussi bien finie, la 4-4-2 offre encore ses fameuses options à base de 400 ci : la Force Air (l’injection d’air par prises sur le capot, 360 hp) et le fameux pack W-30 (suspensions dures, système de refroidissement renforcé, carburateur Rochester Quadra-Jet, et tout un tas de petits trucs sympas – dont un pont court). Mais il y a encore mieux : la 4-4-2 Hurst/Olds ! La société Hurst, spécialisée notamment dans les boîtes de vitesses et leurs commandes, est alors dirigée par George Hurst, qui tient à se fabriquer une voiture un peu particulière. Mettant sur le coup son chef d’atelier Jack “Doc” Watson, ce dernier prend comme proie une gentille 4-4-2 toute neuve. Il lui colle un 455 ci issu de la Toronado de la marque (V8 codé W46) un peu préparé et crachant 390 hp. Ainsi dopée, la 4-4-2 devient extrêmement performante : les 60 mph en 5,4 s et le quart de mile en 13,9 s ! Initialement prévue pour être unique, cette Hurst/Olds séduit néanmoins le constructeur qui lance une petite série de 515 exemplaires, reconnaissables à leur peinture unique Peruvian Silver (argent) rehaussée de bandes noires. Chez Oldsmobile, on essaie également l’humour. Et c’est plutôt ridicule. Les publicités de la marque font cette année état d’un certain Dr. Oldsmobile, sorte de savant fou de l’automobile, capable de créer les muscle cars les plus performantes… La 4-4-2 ne tirera pas grand bénéfice de cette campagne médiocre, puisque 26 357 exemplaires seulement sont produits. L’option W30 est reconduite et s’affiche désormais sur l’auto à grand renfort de logos, tandis que l’option W32 apparaît, combinant le V8 400 ci 350 hp avec une boîte automatique. Selon le Dr. Oldsmobile, c’est la “W-Machine que même une mère de famille peut apprendre à aimer”. En plein cœur de cible !
Pour 1969, germe le concept d’une 4-4-2 “low budget”, à l’instar de la Plymouth Road Runner. L’auto utiliserait la base de la Cutlass S ou de la plus basique F85, en optant pour le 350 ci de 310 hp. Sous la forme d’une option codée W-45, celle-ci apparaît sous le nom de Rallye 350 : livrée intégrale Sebring Yellow, couvrant également pare-chocs et jantes, le tout rehaussé d’une bande orange et noire, d’un capot à prise d’air et d’un becquet sur la malle. Pour une seule et unique année d’existence, 3 547 exemplaires de ces Rallyes 350 verront le jour.
De son côté, la 4-4-2 évolue gentiment, avec une face avant modifiée. Sous le capot, on trouve désormais le 455 ci GM, fort de 365 hp. Le pack W-30 est proposé à nouveau pour 1970 et fait grimper la puissance à 370 hp (capot polyester, injection d’air, spoiler, aileron…). La 4-4-2 ne rencontre pas le même succès que les autres années, avec moins de 20 000 exemplaires produits (14 709 coupés hard-top, 1 688 sport coupés, 2 933 convertibles).
1970, c’est le début de la chute pour l’Oldsmobile 4-4-2. Concernant le standard, il reste avec le 455 ci, dont la puissance mesurée désormais en “net” descend à 270 hp au lieu des 340 hp auxquels nous étions habitués. L’option W30 est toujours disponible et perd 50 hp entre le gross et le net (soit 300 hp au lieu de 350). Les options W31 et Rallye 350 disparaissent. Près de 6 300 coupés 4-4-2 et un peu plus de 1 300 convertibles voient encore le jour en 1971.
En 1972 ? la 4-4-2 n’est plus une version à part entière, mais un package optionnel disponible sur la Cutlass à moteur V8. Il comprend principalement une suspension ferme, des jantes sport et quelques accessoires du même type. Heureusement, pour cette année encore, on conserve un peu de performances avec l’option W30, toujours disponible, et permettant au 455 ci de restituer quelque 300 hp. Une nouvelle Hurst/Olds revient en gamme, mais moins sauvage que la première mouture : il s’agit en fait d’une 4-4-2 W30 peinte en Cameo White avec des bandes noires et or, bénéficiant à l’intérieur d’une finition avenante. Fin de l’histoire.
Oldsmobile 4-4-2 1968-1972 : que vérifier avant d’acheter ?
Toutes les 4-4-2 ne sont pas équipées du fameux pack W-30 : Si un conducteur de 4-4-2 préférait collecter les tickets de péage plutôt que de taper des 400 m, il y avait le « Pack Croisière » qui équipait la 400 d’un carburateur à deux corps, d’une compression réduite et d’un pont de 2,56:1 pour un meilleur comportement sur l’autoroute. C’est pourquoi il est toujours important de bien lire les VIN, dataplates et autres documents d’époque liés à la voiture convoitée. Les voitures A-body de la GM roulent plutôt bien lorsqu’elles ont été correctement entretenues, mais la 4-4-2 était probablement la meilleure du groupe en 1968. Les critiques de l’époque ont loué ses capacités dans les virages et le magazine Car Life l’a surnommé « The Handler » !
Le 400 68-69 du 4-4-2 est un excellent moteur, fiable au quotidien. Cependant, à la grande époque des runs sauvages, il a joué le deuxième rôle derrière le 455, qui a remplacé le 400 dans le 4-4-2 en 1970 et a été utilisé dans les Hurst/Olds de 1968 à 1969. Lorsque les 455 sont arrivés en 1968, le 400 partageait son vilebrequin et ses bielles avec le 455, et passait d’une conception sur-carrée, avec un alésage de 4’’ et une course de 3,975’’, à une conception sous-carrée, avec un diamètre plus petit. Un moteur avec ces spécifications n’est pas conçu pour monter en régime, pourtant il n’était pas rare que les 400 soient échangées contre des 455 pour ces fameux runs. Lorsqu’ils sont soumis à une utilisation intensive, ces moteurs sont connus pour manger de la bielle. Pour vérifier si le bon 400 se trouve ou non dans un 4-4-2 de 68, vérifiez le bloc à l’avant, sur le côté gauche. Les huit derniers chiffres du VIN de la voiture doivent y être apposés après le chiffre 3.
La transmission de base du 4-4-2 était une Ford ou Dearborn Toploader, robuste, à 3 vitesses, actionnée par un levier de vitesses Hurst : peu ont été construites et encore moins ont survécu sans être échangées contre une 4 vitesses. Les Muncie à 4 vitesses étaient un incontournable des voitures de performance GM de l’époque : elles sont largement disponibles et faciles à réparer. Pour ceux qui préfèrent laisser leur 4-4-2 changer à leur place, Oldsmobile a proposé la boîte automatique Turbo Hydra-Matic 400 à 3 vitesses. La TH400 est une boîte à toute épreuve, l’une des transmissions automatiques les plus robustes jamais construites.
Côté rouille, vérifiez les entourages du pare-brise et de la lunette arrière, les panneaux de coffre, les bords extérieures des ailes, les panneaux de custode intérieurs, les ailes avant inférieures et les bas de caisse intérieurs. De nombreuses tôles sont reproduites pour ces voitures mais tout n’est pas disponible…
Oldsmobile 4-4-2 1968-1972 : quel prix aux USA ?
La 4-4-2 est une voiture de collection recherchée avec un public fidèle, mais elle a toujours vécu dans l’ombre de la Chevrolet Chevelle SS et de la Pontiac GTO. Les valeurs sont restées stables au cours de la dernière décennie L’ensemble W-30 pourrait ajouter 20 000 $ à la valeur d’une 4-4-2, tandis qu’un cabriolet est plus coté qu’un coupé. Les prix moyens tournent entre 50 000 et 75 000 $ suivant options, mais certaines machines bien équipées, avec la bonne couleur et les bonnes options peuvent allègrement dépasser les 100 000 $ ! A l’instar de ce cabriolet 1969 restauré concours, l’un des 121 équipés du W30, et un des 6 survivants sur 30 équipés d’une boîte auto : 169 000 $ réclamés !
Oldsmobile 4-4-2 1968-1972 en images












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