28e European Dragster

Reportage · 11 novembre 2025

28e European Dragster

Vous cherchez une machine prête à rouler pour la saison 2026 ? Voici peut-être une bonne piste avec la Chevrolet Beretta du hollandais Ro Hoogenboom. Joli point de vue pour attendre la fin de la remise en état de la piste… 28e EUROPEAN DRAGSTER C’est avec le cœur serré que les 145 participants du 28e opus des Europea…

Vous cherchez une machine prête à rouler pour la saison 2026 ? Voici peut-être une bonne piste avec la Chevrolet Beretta du hollandais Ro Hoogenboom. Joli point de vue pour attendre la fin de la remise en état de la piste…

Sous le capot

28e EUROPEAN DRAGSTER C’est avec le cœur serré que les 145 participants du 28e opus des European Dragster sont venus en découdre pour la dernière manche de la saison 2025. Mais bien plus sont venus pour honorer la mémoire d’Éric Angéloni en offrant un spectacle de haute volée afin qu’il respire depuis là-haut la bonne odeur de gomme brûlée. Action… Texte et photos Kiki D. Bois A vant de parler de cette 28e édition des European Dragster sur le plan strictement sportif, saluons aussi la mémoire d’un autre acteur de la discipline en la personne de Bruno Loisel. En effet, comme si cela ne suffisait pas, le sympathique concepteur de la célèbre Cox à moteur V8 est aussi parti quelques jours après Éric Angéloni. Alors nous dédions par avance ce compte rendu à ces deux passionnés français de drag racing qui ont fait beaucoup sur et en dehors de la piste pour promouvoir ce sport venu d’ailleurs directement lié à l’état d’esprit Nitro. TÉMOIGNAGES ROULANTS La passion sert souvent de carburant en drag pour aller de l’avant et faire progresser les machines. Et de la passion, on en trouve dans le paddock des courses du Trophée ATD avec une communauté solidaire et un bel esprit d’amitié. Et cet aspect des choses, beaucoup de pilotes européens l’ont très bien compris en revenant très souvent en Picardie. Le seul endroit où cet esprit de camaraderie disparait ou presque, c’est devant l’arbre de Noël. Là, fini les palabres, avec un esprit compétiteur qui prend le pas afin de franchir la ligne en premier. Accueillis à l’entrée du Clastres Dragway par une équipe toujours aussi motivée malgré la peine que l’on peut facilement imaginer, les participants tombent sur une très jolie bannière en hommage au Boss, leur permettant d’avoir directement une belle pensée pour lui. Et dans ce petit monde du drag racing, nombreux sont les pilotes qui ont voulu, à leur manière, rendre hommage sous

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Le decor

différentes formes. Que cela soit par un simple ruban noir attaché à une poignée de porte, un message écrit sur le haut du pare-brise ou sur la lunette arrière, chaque pilote ou membre d’un team a fait cela avec son cœur. Dans ce domaine où l’imagination n’a pas de limite, la palme revient sans conteste à la petite Plymouth Valiant 1968 d’Éric Reitz qui arborait un beau témoignage en reprenant l’esprit du logo NHRA et de l’ATD. Bravo à tous ! UNE JOURNÉE PARTICULIÈRE… Le vendredi est souvent le temps des retrouvailles pour toute la famille du drag racing européenne. Comme souvent, nombre de pilotes étrangers ont répondu présents. Parmi les nouvelles autos entrevues dans le paddock en ce vendredi 25 juillet, nous nous sommes arrêtés sur le stand du britannique Kevin Jenkins. Ce dernier pilote un coupé Ford Escort 1973 qui abat le ¼ de Mile en 7.20 sec à 304 km/h grâce à un moteur Vauxhall 2 l double arbre équipé d’un kit Precision Turbo PT76 mm. Non loin de cette Ford emblématique ayant fait ses preuves plus en rallye que sur les pistes de drag, la Ford Fiesta 1980 de Chris Todd avait elle aussi de quoi alimenter L’italien Marco Furiani de Verona est venu faire des sessions de Test and Tune après quelques ‘’Upgrades’’ sur sa très photogénique Nova 1962 à moteur Big Block Chevy 540 ci équipée d’un compresseur Pro Charger F2. De retour à Clastres après quelques années d’absence, le pick-up Ford 1941 de l’allemand Ulrich Kejelmann était présent pour des sessions Test and Tune. Son meilleur temps est 8.80 sec à 255km/h. Opposé à la Lada à moteur V8 289 ci, la Plymouth Valiant 1968 d’Éric Reitz arborait avec fierté un très bel hommage à Éric Angéloni.

Les voitures

Les Camaros de 3ième génération ne manquent pas d’attrait esthétique avec leur Design acéré et leurs calandres qui inauguraient pour la première fois 4 optiques. Avec son injection dépassant du toit, cette Camaro 1967 de provenance germanique a impressionné les foules avec de somptueux rolling burns. Duel de Camaros franco-allemand avec à gauche la Camaro d’Olivier Coulon venue du sud de la France qui est opposée à la Camaro de Gabriel Widmann. Entrevue dans le car show le samedi, malgré ses bandes racing ‘’inversées’’, cette Camaro 1968 en mode ‘’Street’’ ne manquait pas de ‘’peps’’ avec sa teinte jaune pétante. Il y a quelques années, l’anglais Jon Giles avait vendu son Willys à Sophie Zaninetti. Trop fan du modèle, il s’en est reconstruit un dans la même livrée et est venu à Clastres par la route pour revoir son ancien ‘’bébé’’. Le parking visiteur réservé aux voitures US et Customs est toujours l’occasion de voir de beaux spécimens comme en témoigne la Jolie présentation pour l’El Camino de ‘’HomeBoy’’ bien posé sur ses jantes Weld ‘’inspired’’

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L’ambiance

Pas une seule édition des European Dragsters sans la Mercury Comet Gasser de Laurent Levi. Petite séance de mécanique sur l’alimentation NOS pour Stéphane Jacquet qui cours en Drag depuis 2007. Son meilleur temps est un 7.38 sec 296 km/h réalisé en Juin dernier à Clastres. Départ impressionnant de l’italien Bettin Mirco au volant de sa Camaro face au danois Hans Nielsen au volant de sa Nova 1966 équipée d’un moteur Reher-Morrison Big Block 583 ci qui propulse la Chevy en 8.63 sec à 250 km/h. Le suisse Mike Bruckmüller a fait sensation avec sa Camaro 1967 motorisée par un moteur Merlin de 9.0L développant 1200cv qui lui per- met de faire des runs en 8.20 sec à 274 km/h. Venu depuis le sud de l’Angleterre et la région de Portsmouth dans le Hampshire, Chris Todd a surpris tout le monde avec sa petite Ford Fiesta qui tourne en 8.44 sec à 260 km/h

Bilan

les discussions dans les paddocks. La raison ? Une implantation mécanique comme seuls les amateurs anglais peuvent en concevoir pour rouler sur route (au début…). Qui d’autre qu’un Anglais aurait pu concevoir une Ford Fiesta avec un moteur boxer Subaru turbo 2,1 l placé en position centrale arrière. Le tout est couplé à une boîte Mendeola que les amateurs de VW connaissent bien. Grâce à sa suralimentation avec l’utilisation d’un turbo Garrett G42, le moteur développe 700 ch. Rien que ça ! Pour encaisser cette puissance, l’ensemble moteur/ boite est solidement arrimé à un châssis conçu chez Webster Race Engineering. Dans cette configuration, le meilleur temps de la petite Ford Fiesta réalisé à ce jour l’a été à Santa Pod avec un 8.44 sec à 260 km/h avec une pression de turbo réglée à 3 bars. Ne connaissant pas la piste de Clastres, Chris Todd a réglé sa pression de turbo à 1.7 bar. CONTRETEMPS, HOMMAGE ET MÉTÉO CAPRICIEUSE La venue des pilotes européens participants au championnat donne de la crédibilité aux épreuves European Dragster depuis ses débuts grâce à une piste de Clastres devenue très compétitive au fil des ans avec cette couches de gomme qui s’y est déposée. Le reste est dû en grande partie à la préparation de la piste par les bénévoles de l’association avec un encollage des plus sérieux pour accueillir en toute sécurité des machines ultra performantes. Face aux pilotes suisses, allemands, anglais ou néerlandais, les pilotes français sont toujours aussi performants dans toutes les catégories. Avec un beau soleil dès le samedi matin, la course ne débutera vraiment qu’en fin de matinée suite à un incident corporel mobilisant l’ambulance dans les paddocks. Passé ce contre- temps qui entraîne un retard majeur dans l’organigramme, les sessions de runs commencent mais pour très peu de temps. En cause la Dodge Dart de Thierry Levèque qui tape le rail à 90°, entrainant une déformation notoire des rails de sécurité. Finalement plus de peur que de mal pour ‘’Le Ploum’’ et c’est tant mieux ! Il s’ensuit une remise en état du rail de sécurité qui prendra un certain temps avant que les sessions de runs se déroulent finalement sans encombre. Avec le retard pris en début de journée, les sessions de qualification sont poussées un peu plus tard que prévu. En fin de journée, l’hommage prévu sur la piste par les amis et la famille d’Éric Angéloni se met en place. Pour cela, les deux panneaux d’affichage des temps sont transformés en écran de visionnage de belles photos du Boss, montrant ainsi au public sa passion pour le drag racing. Sur la piste, toutes les catégories étaient représentées avec une belle brochette garée en épi. Dans un concert de décibels à haut indice d’octane, tous les pilotes ont démarré leurs machines simultanément pour un moment fort en émotion, allant du rail de Fabien Dubois aux Jr Dragsters. Il s’en est suivi une minute de silence, puis de quelques mots de ses proches dont son épouse Séverine, que nous saluons ici pour son courage face à l’épreuve. Un pot de l’amitié pour honorer la mémoire d’Éric mais aussi de Bruno Loisel conclura cette journée pas comme les autres. Et la course dans tout cela me direz- vous ? La météo de ce week-end-là ayant décidé de s’en mêler, la pluie abondante du dimanche matin a écourté l’évènement de manière prématurée, figeant le résultat final au classement des qualifications de la veille. Mais au vu des évènements, est-ce si important de savoir qui a gagné ? Le seul gagnant reste à mon avis la passion de courir et de partager des moments conviviaux dans une ambiance de greasy t-shirts comme le faisaient les hot rodders au début du drag racing… Les amis de Bruno Loisel étaient tous présents sur la piste pour honorer sa mé- moire avec un burnout conséquent. L’hommage des pilotes et du public Éric Angéloni a été fort en émotion. Pour l’occasion, une enfilade d’engins ont fait rugir leur moteur devant un public passionné et ému. Les panneaux habituellement réservés à l’affi- chage des temps se sont transformés en écran géant pour honorer la mémoire du Boss sous la forme d’un diaporama émouvant.

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Cet article est extrait de Nitro #336, paru le 06/11/2025. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.