Reportage · 9 janvier 2025
VAG Granby International 2024
Bois Joli traitement typé sixties pour ce coupé 5 fenêtres Model A équipé d’une calandre de Deuce. Notez au pas- sage le feeling avec le firewall peint en blanc et les pneus à flancs blancs ‘’komalépok’’ ! Le Marché aux Puces regorge toujours de belles décos US pour remplir la ‘’Man Cave’’ ou le salon ! Cette Do…
Bois Joli traitement typé sixties pour ce coupé 5 fenêtres Model A équipé d’une calandre de Deuce. Notez au pas- sage le feeling avec le firewall peint en blanc et les pneus à flancs blancs ‘’komalépok’’ ! Le Marché aux Puces regorge toujours de belles décos US pour remplir la ‘’Man Cave’’ ou le salon ! Cette Dodge Charger 1966 quitte son statut de muscle car restauré pour rejoindre la cohorte des caisses cools avec son scoop, ses roues tôle noires et ses pneus lettrés. Le ‘’Marché aux Puces’’ est l’occasion de faire de bonnes trouvailles comme ici avec cette aile arrière complète de Chevy Bel Air Two Door Sedan proposée par Daniel, un passionné habitué du rendez-vous de Granby.
Sous le capot
Sirop d’érable VAG GRANBY INTERNATIONAL 2024 Le Show de Granby qui se tient chaque année à la fin juillet à 80 km à l’Est de Montréal, est le plus grand du Canada avec plus de 3 000 autos. En 2024, la popularité du show était toujours au zénith comme nous l’avons constaté aux portes du Parc Daniel Johnson. Suivez le guide ! D an tant qu’Américains du Nord, les Canadiens et plus particulièrement les Québécois, ont les mêmes centres d’intérêt que leurs encombrants voisins du Sud. Ils aiment le football US, la bière et se retrouver autour d’un BBQ pour faire griller de la bidoche et manger des ‘’chiens chauds’’ ou des ‘’Hot Dogs’’ suivant que vous vous trouviez en Ontario ou au Québec pour les francophones. Il est vrai que là-bas, la langue française est bien plus défendue que chez nous. En règle générale, comme pour résister à cette américanisation de la société, une loi a été votée dans les années 70 pour faire de la langue française, la langue officielle au Québec ! Il est par contre un domaine où l’anglais résiste encore, celui de l’automobile. De tous temps, les Canadiens francophones travaillant dans le secteur automobile, ont utilisé des outils en pouce et des revues techniques en anglais sur les autos US jusqu’aux années 70. De nos jours, par-delà les différences techniques et culturelles qui existent bien entre les anglophones et francophones, tous partagent la même passion de l’automobile ancienne avec la même ferveur. Et cela se ressent dès que l’on franchit les portes du Granby International. Se déroulant le dernier week-end de juillet, le show est articulé autour d’un programme qui ne diffère pas depuis des décennies. Le Swap Meet ou dans la langue de Molière, le Marché Aux Puces, peut parfois regorger de bonnes pièces vintage. Mais avec le temps cela devient de plus en plus rare à l’heure du Net où les infos circulent à la vitesse de la lumière. Le petit carburateur ‘’2 Barrils’’ Stromberg équipant les moteurs flat head, est devenu très recherché de nos jours par des hot rodders locaux qui pensent la faire à l’envers au papy Québécois qui est aussi connecté qu’eux ! Trêve de plaisanterie, il y a toujours des bonnes affaires à faire pour peu que votre œil soit bien aiguisé. Pour les inconditionnels de goodies typés sixties qui mettront en valeur le garage, la visite des 450 stands est un passage obligé dès le vendredi, histoire de trouver la pièce manquante ou la ‘’pompe à Gas’’ qui trônera fièrement à côté du juke-box Wurlitzer 1050 ! Cette Hudson ‘’rat’s’’ au feeling bien senti est connu dans le milieu québécois. Son propriétaire n’a pas hésité à traverser les USA pour se rendre à un festi- val Rock-A-Billy à Las Vegas. Moment de repos pour ce Custom Chevy Truck posé sur coussin d’air et cette Dodge Charger 1970 motori- sée par un ‘’petit big block’’ 383 ci. Jolie Pontiac Trans Am 1977 en version ‘’Bandit’’ si l’on excepte les roues de 8’’ seulement disponibles sur les versions 1978. S’il existait le ‘’Trophée de la plus courte dis- tance’’, il serait certainement attribué à Hélène et Raynald Perrault qui réside à… 100 m du Parc Daniel Johnson ! Leur Chevrolet Bel Air rouge ré- alisée il y a plus de trente ans, est une icône dans le milieu ‘’modifiées’’ québécois.

Le decor
Le mouvement rod québécois est très actif avec ses spécificités propres. Il en ressort de temps en temps de beaux spécimens comme le roadster Ford 1933 à moteur Buick Nail Head de George Watson de Belleville. Notez les verres de phares atypiques. Le Nord-Est de l’Amérique du Nord est le fief des muscle cars comme le montre avec brio cette splendide Oldsmobile 442 Pace Car 1970, dont le modèle original avait servi durant la 54e édition des 500 Miles d’Indianapolis le 30 mai 1970. Cette Cadillac Coupe De Ville 1976 nous a fait craquer par sa présenta- tion nickel, son historique suivi et sa combinaison de couleurs sentant bon les années Elvis ! Les Pontiac Trans Am 1973 sont des oiseaux assez rares, surtout en version SD 455. Celle-ci pro- pulsé par le V8 455 ci de base. Deux ambiances différentes le samedi soir dans un petit cruise spot improvisé dans une station-service avec à droite le style Hamburger shake and fries et à gauche le style, Congés payés National 7 pâté cornichons. Les deux ont leur charme ! Le spot a visité au moins une fois lors d’une venue à Granby est l’institution ‘’Chez Ben, on se bour la bedaine’’. Ne riez pas, c’est ce qu’il y a d’écrit sur la très cool enseigne en néon sentant bon les années 60.
Carrosserie et style
Si le ‘’Marché aux Puces’’ représente une grosse partie du show de Granby, d’autres activités sont organisées sur la grande surface du Parc Daniel Johnson faisant face au lac Boivin. La vente aux enchères ou ‘’encan’’, permet de vivre une petite expérience bien éloignée des ventes guindées françaises où les commissaires- priseurs parlent des autos comme du bon vin en vendant une ‘’histoire’’ pour faire grimper la sauce en traînant en longueur… alors qu’il n’a fallu que 7 minutes pour vendre la Mustang 1968 fastback du Lieutenant Franck Bullitt à Kissimmee en janvier 2020 pour 3.74 millions $ en partant de 3.500 $, le prix payé à l’époque par son propriétaire ! Autre pays, autres mœurs ! Si le vendredi est très calme du côté de l’exposition proprement dite, il n’en est pas de même le samedi qui reste de loin le pic du week-end. La météo estivale incite à sortir les autos qui débarquent de toute la Province mais aussi de bien plus loin comme les états US frontaliers du Canada avec le Vermont, le Maine ou l’état de New York. Le show est divisé en deux secteurs bien distincts avec d’un côté les autos dans leur configuration plus ou moins d’origine si l’on extrait les restomods, et de l’autre les « modifiées » comme les surnomment les Québécois. Là, on trouve de tout, du bon goût traditionnel jusqu’aux ‘’saveurs locales’’ où l’on se dit que Hot Rod Magazine ou The Rodder’s Journal n’est pas le livre de chevet de certains passionnés. Mais comme tous les goûts sont dans la nature… Par contre, pour ce qui est des restaurations fidèles à l’origine, les amateurs connaissent bien leur sujet avec des restaurations stratosphériques bien éloignées des standards franchouillards où la flemme guide les passionnés quand il faut polir pendant des heures une peinture et que le fait de se baisser pour cirer les pneus risque de leur coincer le dos. NO CRUISING ALLOWED L’effervescence ressentie le samedi ne se ressent malheureusement pas le soir dans la ville de Granby qui, certes, possède une belle avenue centrale mais qui, pour l’occasion, n’est pas neutralisée au moins une petite partie de la soirée pour offrir un petit ‘’happening’’ avec un cruising organisé comme le font beaucoup de shows de l’autre côté des ‘’lignes’’. Si ce n’est une petite ‘’Pompe à Gas’’ (station-service ou pompe à essence en bon québécois !) squattée par des amateurs ou quelques autos entrevues sur des parkings de restaurants, on se demande même où sont passées ces 3 000 ‘’chars’’ ayant franchi les portes du parc Daniel Johnson quelques heures auparavant ? On a la culture auto ou on ne l’a pas ! Et du côté de la ville de Granby, il semblerait que Le coin des Mustang dont les propriétaires désirent participer au concours d’état est bien relevé. Ici on juge l’état de la voiture et non le modèle en lui-même. Quoi de plus cool que ce Cruiser sur base Lincoln Continental 1964 pour pro- fiter du soleil estival en cette fin juillet. Notez la qualité de la peinture, la sellerie cuir fauve et les roues billet en diamètre à l’esprit stock. Le samedi matin, la file d’attente s’al- longe très vite comme en témoigne cette belle brochette de Muscle Car.

L’ambiance
La Plymouth Belvedere 1958 de Michel Mondoux restau- rée aux petits oignons ferait bien de l’ombre à n’importe quelle Plymouth Fury… Avec son look roots sortie de grange, cette Dodge Daytona à fait parler d’elle tout le week-end lors de la vente aux enchères ou encan comme on dit ici ! Venus depuis Laval …au Québec, ‘’Chromé’’ et sa blonde Patricia sont de tous les rendez-vous de Granby soit avec leur Chevrolet Bel Air 1957 ou cette année avec un stand vendant des pièces de Chevy avec une spécialité, les moteurs en W type 348 ou 409. Motorisé par un V8 312 ci Marauder de 330 hp, ce station wagon Woody Mercury Colony Park 1958 a fait sensation avec sa superbe teinte noire mettant en va- leur les boiseries. Notez le Body Style en 4 portes sans montant ! Il vous manque un petit truc sympa pour votre plateau drive-in ? Alors pourquoi pas une des créations uniques de faux Milk Shake imaginée par la ravissante Danielle Clavette.
Bilan
cela ne soit pas le cas… Dommage ! CHAUD AND SHINE Le dimanche matin, après une nuit entière à déambuler dans les rues à essayer de localiser sans succès ‘’Robert Latendresse’’ et sa Chevrolet 55 Gasser ou un fameux coupé 32 jaune ‘’Five Window’’, les amateurs se retrouvent pour astiquer et faire briller de mille feux leurs engins avant le passage des juges pour celles et ceux qui se sont inscrits au concours d’état. Là, les juges ayant chacun leur spécialité, dissèquent les prétendantes avec le même zèle qu’un gendarme français qui se pencherait sur un Ford 32 Hi-Boy compressé avec des wheelies-bars… En ce dimanche matin, le spectacle est bien rodé avec toutes les catégories soigneusement rangées entre les fifties, les Mustang, Camaro, Mopar et autres ‘’modifiées’’ etc… Tandis que les juges se plient en quatre pour départager équitablement les participantes, les visiteurs profitent encore des autos avant la mise en place de la cérémonie de remise des prix qui se fait en défilant par classes sous l’œil exercé d’un public connaisseur. Et cette cérémonie prend un certain temps avec pas loin de 50 classes et 3 gagnantes par classes ! Le spectacle est alors au rendez- vous avec des lauréats fiers de recevoir les honneurs avec des trophées qui ont une vraie signification au vu de la qualité d’ensemble des autos présentées. Le Granby International reste le grand show annuel pour les passionnés canadiens et les nombreux Français rencontrés dans les allées avec ‘’leur accent’’ bien reconnaissable ne me contrediront pas sur ce point. Si vous êtes au Québec fin juillet 2025 pour la 42e édition de Granby, faites un détour sans oublier votre crème à claques car vous risquez d’en prendre quelques-unes ! Si les Mopar Maniacs craque- ront plus vite sur le conver- tible 1971 340 ‘’Four Bar- rel’’ équipé du capot R/T, le modèle 1974 propulsé par un V8 360 ci en boite méca avec levier Pistol Grip, ne manque pas d’attrait ! Pourquoi tant de haine sur les millésimes 72-74 E-Body ? Un mystère ! Le niveau de restauration de cette Camaro Z/28 1969 Garnet Red est hallucinant. Notez l’absence de baguettes de tour d’ailes, de l’enjo- liveur de gout- tière et des faux louvers qui font tous partie du même code option. Le Québec, c’est aussi cela avec ce pick-up Stepside GMC qui se la joue ‘’Lil Red Express’’ façon GM avec une benne de Square Body de la génération suivante ! Quant à la déco et au style… j’ai regardé la date de mon billet de retour en me disant que c’était loin…



Cet article est extrait de Nitro #332, paru le 09/01/2025. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.