Muscle Car · 13 février 2025
Pontiac GTO The Judge 1970
Alors que les bien-pensants se font séduire en 1964 par la nouvelle Ford Mustang, les amateurs de performance découvrent une Pontiac exhibant fièrement trois lettres devenues mythiques, G-T-O ! En 1969, le concept est poussé plus loin avec l’apparition des versions The Judge qui culm…
Alors que les bien-pensants se font séduire en 1964 par la nouvelle Ford Mustang, les amateurs de performance découvrent une Pontiac exhibant fièrement trois lettres devenues mythiques, G-T-O ! En 1969, le concept est poussé plus loin avec l’apparition des versions The Judge qui culminent esthétiquement avec le millésime 1970…
Carrosserie et style
En haut, le compte-tours de capot restera un équipement populaire jusqu’au millésime 1972. Comme tous les coupés GM A-Body de la pé- riode 1968-72, le confort est de mise avec ici des ‘’Bucket Seats’’ accueillants. Le panneau de porte gauche au dessin stylisé est affublé d’un petit sigle GTO discret et du commutateur des vitres électriques. L’alu bouchonné ayant été abandonné dès 1965 au profit d’un insert en bois puis de ronce de Vénilia, le tableau de bord qui accueillait 4 compteurs, n’en possède plus que 3 à partir du millésime 1968.

Chassis et suspension
L ee début des années 60 est une période chaotique dans l’histoire américaine avec le Communisme devenu le grand fléau à combattre pour les américains. Dans ce contexte, au large de la Floride, la petite île de Cuba dirigée par Fidel Castro est perçue comme un gros poil à gratter pour le gouvernement US. La tension entre la Super Puissance et El Compañero atteint son paroxysme avec la crise de la Baie des Cochons en 1961. Le monde a bien changé depuis la fin de la Guerre en août 1945… C’est dans ce contexte géopolitique bien éloigné de l’American Way Of Life idyllique prônée dans la propagande US que les décideurs de la General Motors mettent un terme à tout engagement officiel en compétition des marques du Groupe sous le Racing Ban daté du 24 Janvier 1963. Le monde automobile change aussi et l’Histoire en remet une couche le 22 novembre 1963 quand Kennedy est assassiné à Dallas par un soi-disant tireur isolé… Vraiment, la première moitié des années 60 n’est pas la plus glorieuse qui soit si l’on y ajoute le ‘’suicide’’ de Marylin le 4 août 1962. L’année 1964 est une année charnière dans l’industrie automobile américaine après l’annonce du Race Ban de 1963. Le Pontiac Racing Program, comme tous les autres programmes de courses des marques GM, passe à la trappe du jour au lendemain. La pilule est dure à avaler pour tous les ingénieurs motoristes et préparateurs de chez Chevrolet, Buick, Oldsmobile et Pontiac qui ont l’impression de se faire couper l’herbe sous le pied. Chez Pontiac tout est à recommencer pour se démarquer des trois autres marques au sein de la GM. Pourtant les résultats encourageants avec ces fabuleux moteurs 421 Super Duty avaient permis d’attirer la lumière des projecteurs sur les pistes en Ovale ou sur le ruban d’asphalte de 1 320 pieds (400 mètres) d’une piste de drag. Chez les amateurs de la marque à l’Indien, qui ne se souvient pas de ces fameuses Pontiac Catalina Super Duty 421 Lightweight engagées en catégorie Super Stock avec leurs éléments en aluminium et leurs châssis Swiss Cheese. Souvent décrite backstage comme une débilité sans nom, cette stratégie des pontes de Detroit de mettre un terme à l’engagement officiel de GM pour soutenir les teams laisse le champ libre à la concurrence qui n’en demandait pas tant. Alors pour réagir face à ce couteau planté dans le dos en interne, il faut trouver une autre façon de vendre encore plus d’autos en ayant perdu le fameux mot d’ordre « Win on Sunday, Sell on Monday ! » WANGERS HAS A GOOD IDEA HERE. LET’S TRY IT ! C’est alors qu’entre en jeu Jim Wangers, le responsable de la communication chez Pontiac. Son idée était simple en tirant avantage de l’image de ‘’Performance’’ de Pontiac en course et l’adapter à une voiture destinée à rouler sur route. La sortie de la INAUGURÉE EN 1970, LA COULEUR ORBIT ORANGE EST DEVENUE TRÈS POPULAIRE SUR LES GTO THE JUDGE. LE ROAD MOVIE TWO LANE BLACK TOP N’EST PEUT-ÊTRE PAS ÉTRANGER À CETTE POPULARITÉ !
Sous le capot
nouvelle carrosserie de la Pontiac Tempest 1964 est la base idéale avec une auto de taille intermédiaire dans laquelle il suffit d’y implanter une grosse mécanique, en l’occurrence un V8 Pontiac 389 ci. Passant outre une directive interne interdisant la monte de mécaniques de plus de 330 ci dans les autos de la classe ‘’Intermediate’’, John Z De Lorean approuve cette vision avec une phrase restée célèbre : « Wangers has a good idea here. Let’s try it ! ». La Pontiac GTO est née ! Pour le nom GTO, profitant de l’aura de la marque Ferrari avec sa GTO, le nom n’étant pas encore déposé, ce dernier a été réutilisé. Joli coup de marketing de Jim Wangers avec en point d’orgue la couverture de Car And Driver en mars 1964 qui osa faire un comparatif entre les deux GTO. Un joli coup de maître qui va assoir la réputation de la Pontiac GTO. L’impact et l’ouverture d’un nouveau segment de marché très vite dénommé « Muscle Cars », entraine la réaction de la concurrence tout au long de la décennie. En 1968, la Pontiac GTO se perd un peu en s’embourgeoisant avec des options la faisant ressembler à une Pontiac Grand Prix maquillée en voiture de sport sous les traits d’une Le Mans. Du coup, les ingénieurs craignent un éloignement de la clientèle jeune visée qui lui préfèrera des modèles plus attractifs et bien meilleur marché. Dans ce contexte, la Plymouth Road Runner 1968 au sex appeal élevé, bien relayé par la popularité du célèbre dessin animé de la Warner Bros, capte un pourcentage de clientèle non négligeable qui aurait pu se retrouver au volant d’une GTO. En réaction à cet état de fait, la concurrence qui fait rage force la firme Pontiac à faire parler d’elle en 1969 en voulant faire un modèle dépouillé accessible à tous avec une petite mécanique 350 ci HO pour rentrer dans le cahier des charges. Le concept de cette GTO ‘’ow Cocst’’ qui devait s’appeler ET en référence au terme Elapsed Time utilisé en drag racing, sera finalement renommé The Judge par John De Lorean lui-même. Au final, le modèle The Judge 1969 ne sera pas un modèle economy à moteur small block, mais une simple option de plus facturée 332.07 $ sur la lignée GTO avec le 350 ci HO qui passe à la trappe avant même d’avoir été implanté dans une GTO. LA FIN DU BAL EST PROCHE… L’année 1970 représente le pinacle de l’ère muscle car avec les modèles les plus emblématiques jamais sortis. La guerre fait rage au Sud Vietnam mais aussi dans les bureaux d’étude des grands constructeurs US, sans pour autant faire autant de victimes. Cette guerre ‘’des muscles’’ est toutefois à mettre en exergue car la pression montante des compagnies d’assurances et du gouvernement qui impose des réglementations de plus en plus drastiques pour endiguer le phénomène de cette course à l’armement, fait prendre conscience aux dirigeants de Pontiac que la fin du bal et des voitures à hautes performances se rapproche à la vitesse d’une météorite. C’est dans cette ambiance de ‘’fin du monde’’ que sort la Pontiac GTO The Judge 1970. Esthétiquement, la Judge arbore encore une nouvelle plateforme A-Body dont la durée de vie n’est que Raymond Duplessis Collection complète ? Nitro remercie chaleureusement Raymond Duplessis pour son temps et sa disponibilité. Possédant une belle collection de mMuscle cars GM, les Pontiac GTO restent parmi ses modèles préférés, avec un bon échantillonnage comme un modèle 1965, 1969, 1970 Judge, 1971 Judge, 1973, 1974. Allez Raymond, encore un petit effort et tu auras la gamme complète !

Le projet du proprietaire
Faisant partie intégrante du package GTO, les scoops du capot sont peints en noir satiné sur les ‘’Judge’’ tandis qu’ils sont couleur caisse sur les GTO de base. Au départ la version The Judge était destinée à être un modèle ‘’low cost’’ pour attirer les jeunes. Au final ce ne sera qu’une option facturée 322.07 $ à tout acheteur désirant une GTO plus glamour. SORTIE EN MODE CRUISING CHEZ MA TANTE À MONTRÉAL, UNE INSTITUTION POUR LES AMATEURS DE ‘’CHARS’’ ET DE …HOT DOGS. Le design de la nouvelle face avant des GTO est sublime avec ses 4 optiques frenchés. Toutes les GTO Judge n’ont pas reçu le petit spolier noir sous la jupe.
Sur la route
JUSQU’À IL N’Y A PAS SI LONGTEMPS, L’ORANGE JULEP SUR LE BOULEVARD DÉCARIE ÉTAIT LE RENDEZ- VOUS NOCTURNE DES AMATEURS DE MUSCLE CARS ET VOITURES MODIFIÉES. Muscle car PONTIAC GTO JUDGE 1970 Le moteur livré de base dans le package The Judge est le V8 400 ci Ram Air III L74 de 366 hp reconnaissable à son gros joint d’étanchéité. Une version optionnelle avec le V8 400 ci Ram Air IV est aussi disponible. En fin de pro- duction, le Big Block 455 ci L75 apparait au catalogue. Avec sa face avant Endura dépourvue de chrome et sa peinture de guerre flashy, la GTO Judge 1970 avait de quoi séduire les amateurs de voitures musclés. La seule vue du spoiler arrière affiche tout de suite la couleur le vendredi soir. En option celui-ci pouvait être commandé en noir satiné. de deux-trois millésimes d’une manière générale. Les phares escamotables disparaissent alors que la bouille à quatre optiques est désormais intégrée dans une face avant Endura déformable absorbant les petits impacts à faible vitesse. OPTIONS RAM AIR À TOUS LES ÉTAGES Mécaniquement, la GTO Judge 1970 reçoit de base le même moteur 400 ci Ram Air III équipant la Pontiac GTO classique. Ce dernier développe 366 hp pour 603 Nm de couple. En option, les clients les plus exigeants optaient pour le moteur 400 ci L67 Ram Air IV de 370 hp avec un taux de compression de 10.5 :1. En fin de millésime, dès la disponibilité du moteur L75 455 ci HO, les clients pouvaient cocher cette case. Développant ‘’seulement’’ 360 hp, le gros point fort de ce big block était son couple camionnesque de 677 Nm. La production des GTO basiques pour le millésime 1970 se monte à 32 737 coupés hardtop et 3 615 versions cabriolet. Du côté de la Pontiac GTO The Judge, les chiffres indiquent 3 629 versions coupés vendues pour 168 cabriolets pour cette même année 1970. En ajout de la fameuse couleur Carousel Red très populaire sur les GTO The Judge 1969, l’année modèle 1970 voit l’arrivée de la sublime teinte Orbit Orange. Au niveau de la déco, la stripe des Judge 1969 est délaissée au profit de bandes situées au-dessus des passages de roues. Ces bandes à trois couleurs étaient différentes suivant la teinte extérieure choisie par le client. Ainsi sur notre auto du jour appartenant à mon ami et collectionneur Raymond Duplessis, les teintes bleu, orange, et rose de la déco s’appliquent aux GTO The Judge sorties des chaines de montage en Bermuda Blue, Atoll Blue, Mint Turquoise et Orbit Orange. Mais comme souvent chez les constructeurs US, suivant les désirs d’un client exigeant, la combinaison peinture/ déco proposée par l’usine pouvait être détournée. Certaines GTO 1970 du début de production reçurent la déco de 1969 quand le code RPO 422 Body Accent Stripes était coché sur le bon de commande. Il est aussi à noter que ces bandes coordonnées à la couleur extérieure pouvait être posées en option sur des GTO de base, histoire d’ajouter encore de la confusion et de brouiller les pistes. La popularité de la Pontiac GTO The Judge a explosé après son apparition dans le road movie Two Lane Black Top avec au volant d’une version Orbit Orange, Warren Oates qui défie une certaine Chevrolet 55 two doors sedan en apprêt gris… Et récemment une GTO The Judge convertible a franchi la barre du million de dollars lors d’une vente aux enchères en janvier 2023, preuve d’une certaine popularité.









Cet article est extrait de Nitro #332, paru le 09/01/2025. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.