Muscle Car · 14 août 2025
Mercury Cyclone
1969 Tout le monde connait les Dodge Charger et Plymouth Superbird, mais en cette fin des années 60, un intrus vient se glisser sur les grilles de la Winston Cup. La Mercury Cyclone veut jouer dans la cour des grands et elle atteindra son objectif, malgré une diffusion commerciale relativement limitée. Retour en 1969 avec…
1969 Tout le monde connait les Dodge Charger et Plymouth Superbird, mais en cette fin des années 60, un intrus vient se glisser sur les grilles de la Winston Cup. La Mercury Cyclone veut jouer dans la cour des grands et elle atteindra son objectif, malgré une diffusion commerciale relativement limitée. Retour en 1969 avec une rare version québécoise !

Sous le capot
E n 1964, une nouvelle option est proposée au catalogue Mercury sur son modèle Comet : c’est l’option Cyclone et elle prend la place du pack performance S-22. On l’équipe du fameux V8 289 ci de 210 hp qui propulse également les AC Cobra et les Mustang GT350 de Shelby. Étonnamment, il aura peu de succès et cela en fait un modèle plutôt recherché aujourd’hui. La deuxième génération s’avère plus prometteuse. Mercury utilise la Ford Fairlane comme base de travail. Le V8 standard est toujours le 289 qui passe à 200 hp, que le client pouvait remplacer par l’option V8 390 ci à 335 hp, plus sérieux si on voulait l’utiliser sur la piste. En 1968, exit l’option, la Cyclone devient un modèle à part entière dans la gamme Mercury. Elle se positionne entre la Cougar, catégorie pony-car comme la Mustang, et la Marquis / Marauder, catégorie full-size comme la Ford LTD. Censée représenter Mercury en compétition et malgré ses succès en Nascar, c’est la Cougar qui tirera le mieux son épingle du jeu, avec des chiffres de production largement supérieurs. Pour sa meilleure année en 1968, la Cyclone s’est vendue à 13 628 exemplaires contre 113 741 pour la Cougar. Une broutille … EN COMPÉTITION Mercury n’est à proprement parler pas une marque de voitures de compétition, contrairement à la maison mère Ford qui a développé plusieurs programmes en interne ou avec des préparateurs comme Shelby. La première Cyclone était néanmoins utilisée de façon régulière en drag racing, la Cyanide Cyclone de Bill Stroppe en étant un bel exemple. Mais en 1968, la marque décide de se lancer dans le bain, en s’impliquant officiellement en Nascar. Ford fait courir la Torino, Mercury va lancer sa Cyclone, et c’est le succès immédiat. Daytona 500 1968 : l’équipe Wood Brothers Racing qui fait courir les Mercury rafle les deux premières places, avec la légende Cale Yarborough. La Cyclone montre sa domination sur la piste et d’autres vont s’inspirer de sa ligne fastback. Dès 1969, on assiste à une débauche de moyens qui va mener aux folies aérodynamiques qui font aujourd’hui le bonheur des collectionneurs : Ford Torino Talladega, Cyclone Spoiler II, Charger Daytona et Plymouth Superbird notamment. C’est la grande époque de la Nascar mais les règlements changent en 1971 et la Cyclone disparait progressivement des pistes pour être remplacée par la Cougar XR7 en 1974. TROISIÈME GÉNÉRATION : 1968-1969 Mercury lance sa troisième génération en 1968. C’est donc désormais un modèle à part entière et l’appellation Comet disparait définitivement. Mercury propose une motorisation standard, le V8 302 ci, et une option, le V8 390 ci. Sur chacun, on peut y greffer un carburateur double ou quadruple corps, ce qui offre une gamme de puissance entre 210 hp et 325 hp dépendant des choix. Muscle car MERCURY CYCLONE 1969 La ligne fastback trouve ici presque une quintessence !
Cote mecanique
: L’ÉQUIPE WOOD BROTHERS RACING QUI FAIT COURIR LES MERCURY RAFLE LES DEUX PREMIÈRES PLACES, AVEC LA LÉGENDE CALE YARBOROUGH. C’est rare : pour une fois, l’inté- rieur de ce muscle car n’est pas noir ! La boîte 4 manuelle bé- néficie d’un joli pommeau très « racing »… La signature Cyclone se pare de petits damiers qui soulignent la vocation initiale du modèle. En 1969, le 302 ci est conservé et on rajoute le 351 ci. Le 390 ci n’est plus disponible que sur la Cyclone GT. La rare Spoiler rentre également au catalogue, avec une foule d’options disponibles dont quatre motorisations et deux décorations possibles pour rendre hommage à deux pilotes légendaires de la FoMoCo : Cale Yarborough (vainqueur des quatre courses Super Speedway 1968) avec des décalcomanies de bandes rouges ou Dan Gurney avec les bandes bleues. La même année, la Spoiler II fait son apparition, sans aucune option mais en 2 versions : une version légale pour aller chercher les courses, équipée du 351 ci avec bloc Windsor et une version course avec le 429 ci avec bloc Boss, comme sur la Mustang Boss 1969. Mercury devait en produire 500 exemplaires pour l’homologuer mais il paraitrait que seulement 351 seraient sortis des chaines de montage. Un habile mélange de Spoiler et de Spoiler II lors de la vérification aurait permis ce tour de passe-passe. Mais en 1969, c’est aussi la sortie de l’option Cobra Jet ou CJ, que nous découvrons dans cet article. Ce Cyclone est motorisé par le 428 ci de 335 hp avec option Ram Air, un carburateur Holley 735cfm quadruple corps. Côté esthétique, la voiture vient avec une grille noire, deux sorties d’échappement, un kit de chrome pour le moteur et des bandes sur le capot. Pour cette troisième génération, un peu plus de 23 000 Cyclone ont été produites, 13 628 en 1968 et 9 143 en 1969. Ce sera sa meilleure année en termes de production. UN CYCLONE QUÉBÉCOIS Le modèle qui nous intéresse aujourd’hui fut vendu originellement sur le sol canadien, plus exactement chez Beauce Automobile. Commandé en novembre 1968, il est produit en début d’année 1969 pour être vendu le 23 janvier 1969. A l’époque, les Mercury Cyclone sont produites à l’usine de Lorain, en Ohio. Appartenant au groupe Ford, cette usine ouvre ses portes en 1958 et ferme en 2005 après avoir vu passer entre ses murs les principales Ford mais également les Mercury Montego entre 1968 et 1976 puis les Cougar entre 1977 et 1997. Ce modèle est la version fastback équipée d’un moteur 428 CJ et avec l’option Ram Air. Présentée dans une livrée Medium Lime Metallic, elle vient avec plusieurs autres options : le pack GT, une transmission manuelle 4 vitesses, une console intérieure entre les deux sièges, freins à disques, direction assistée, poste de radio AM, des haut- parleurs pour les sièges arrière ainsi que des jantes spéciales. L’intérieur, dans sa magnifique teinte White Knit, permettait d’accueillir 5 personnes. Seulement 2 175 modèles ont été produits en 1969. Vivant dans l’ombre des Torino Cobra, Dodge Super Bee et Plymouth Road Runner, cela en fait une excellente raison de s’en préoccuper. Mais ce n’est pas la raison d’achat de notre propriétaire actuel puisque la voiture lui appartient depuis sa sortie de concession en 1969 ! Affichée pour 335 hp, il se dit que le moteur développe en réalité 400 hp. La Cyclone est donc capable de réaliser 14 secondes au quart de miles, ce qui en 1969 était une sacrée performance ! LA FIN Jusqu’en 1972, quatre générations sont produites et pour sa dernière année, la Cyclone redevient une option du modèle Montego, et seulement 30 modèles sont construits. La Cyclone ne sera pas officiellement remplacée et la Cougar XR7 va devenir une version luxueuse de la Montego pour 1974. Au cours de ces neuf années de production, Mercury a fabriqué 74 286 Mercury Comet Cyclone et Mercury Montego Cyclones. A titre d’exemple, sa concurrente directe, la Pontiac GTO a été vendue à 96 944 exemplaires… sur la seule année 1966, ce qui fait de la Mercury une rareté sur le marché de la collection. Cela est d’autant plus appréciable que la Mercury a une belle ligne racée et un historique en compétition à faire pâlir bien d’autres marques. Le seul problème ? En trouver une !

1969 Le 428 CJ de 335 hp reste une fort jolie bête !
Carrosserie et style
JUSQU’EN 1972, QUATRE GÉNÉRATIONS SONT PRODUITES ET POUR SA DERNIÈRE ANNÉE, LA CYCLONE REDEVIENT UNE OPTION DU MODÈLE MONTEGO, ET SEULEMENT 30 MODÈLES SONT CONSTRUITS. Fiche technique [Mercury Cyclone 1969 ] Moteur V8, 428 ci, 7 014 cm3 (104,9×101,1 mm), rapport volumétrique 10,6:1, 335 hp à 5200 tr/mn, 60,8 mkg à 3 400 tr/mn, carburateur quadruple corps – Transmission Boîte manuelle à 4 rapports – Structure monocoque – Suspension avant indépendante avec ressorts hélicoïdaux. Essieu arrière rigide avec ressorts à lames – Freins avant à disques et arrière à tambours – Pneus F70X14 Wide Oval Belted – Dimensions empattement 2,94 m, longueur 5,16 m – Poids 1 740 kg – Production 3 261 Cyclone CJ. Avec la finition Cobra Jet, le flux d’air au carbu- rateur est plus important. Le petit snake des CJ rappelle bien évidemment les produc- tions Shelby…






Cet article est extrait de Nitro #335, paru le 02/08/2025. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.