Sixties · 19 décembre 2024
Buick Century Free Spirit 1975
Bois Peinture de guerre BUICK CENTURY FREE SPIRIT 1975 A chaque édition des 500 Miles d’Indianapolis, les constructeurs US se battent pour décrocher le contrat juteux, et voir un de leur produit devenir le Pace Car de l’année. En 1975, c’est la marque Buick qui remporte le pompon avec la Buick Century Free Sp…
de guerre BUICK CENTURY FREE SPIRIT 1975 A chaque édition des 500 Miles d’Indianapolis, les constructeurs US se battent pour décrocher le contrat juteux, et voir un de leur produit devenir le Pace Car de l’année. En 1975, c’est la marque Buick qui remporte le pompon avec la Buick Century Free Spirit… Department of youth,

Sous le capot
D epuis 1911, la course des 500 Miles d’Indianapolis représente LA course à gagner pour tous les pilotes américains avec comme prestige ultime, avoir son visage sculpté à jamais sur une petite plaquette fixée sur l’énorme trophée. Etant historiquement une des plus vieilles épreuves automobiles au monde, les 500 Miles sont inscrits dans la légende de ce sport avec la célèbre piste d’Indianapolis, dont la surface originale faites de briques rouges lui vaudra le surnom du ‘’Brickyard’’. Aujourd’hui, ce témoignage du passé est matérialisé par la ligne d’arrivée composée de neuf rangées de briques d’origine conservées en rappel de la surface originale du glorieux circuit. Ce qui caractérise aussi cette course mythique, c’est aussi l’instigation du départ lancé mis en place par un précurseur, Carl G. Fisher, le père fondateur de l’Indianapolis Motor Speedway. Ayant pris cette décision pour des raisons évidentes de sécurité, il fallait un véhicule pour retenir la meute de ces fous du volant dont seul le casque en cuir leur servait d’arceau. C’est ainsi que les ‘’voitures de sécurité’’ sont apparues au-devant des racers pour les lâcher après deux tours de mise en chauffe. Pour cela, les constructeurs se battent pour faire de leur modèle phare le Pace Car de l’Indy 500. Avec le temps et depuis le milieu des années 30, une certaine tradition veut que le vainqueur de l’épreuve remporte aussi le Pace Car en guise de bonus. PACE CAR DRIVER WANTED Pour faire face à une bande de fous furieux en attente de se décharger d’une dose d’adrénaline qui ne tiendrait pas sur le pont d’envol du porte-avions Charles-de-Gaulle, il faut une personne de confiance, voire un pilote. Pour les cinq premières éditions de l‘Indy 500, ce ne sera nul autre que Mr Ficher, le boss de l’Indianapolis Motor Speedway, qui flattera son ego entre 1911 et 1915 au volant d’une Stoddard-Dayton pour les épreuves de 1911, 1913 et 1914, d’une Stutz pour l’année 1912 et avec une Packard 6 pour 1915. En raison de l’entrée de plain-pied dans le conflit mondial des USA, les 500 Miles sont annulées en 1942 après l’attaque surprise japonaise sur Pearl Harbor au matin du 7 décembre 1941. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les courses reprennent en 1946 avec Henry Ford II au volant du Pace Car Lincoln V12. La décennie des années 70 débute mal pour les 500 Miles d’Indianapolis avec le Pace Car Dodge Challenger 1971 cabriolet orange qui vient heurter et faire s’écrouler la mini-tribune réservée à la presse photo, causant des blessés et une refonte totale du design de la face avant gauche du cabriolet E-Body ! Ensuite ce sera une pléthore de modèles de chez General Motors avec Oldsmobile et ses 442 ‘’Pace Carisés’’ comme la version Hurst 1972 ou la 442 cabriolet retenu pour 1970. Après une Cadillac Eldorado sélectionnée pour les 500 Miles de 1973, c’est encore une Oldsmobile Hurst qui est élue en 1974. En cette moitié des années 70, les temps ont déjà bien changé et la belle époque des muscle cars est à présent révolue. Fini le moteur 426 Hemi qui a définitivement tiré sa révérence en 1971. Les Plymouth Barracuda et Dodge Challenger aux lignes si parfaites sont déjà rentrées dans l’histoire automobile. Durant cette période de changements radicaux, seules les marques Chevrolet et Pontiac continuent d’offrir leur Firebird et Camaro comme substituts à l’ennuie quand il s’agit de se poser derrière un volant. Profitant de l’aura et du talent de l’acteur/pilote James Garner, les responsables de l’attribution de ce poste honorifique à hauts risques pensent immédiatement à lui pour piloter le Pace Car 1975, la Buick Century Free Spirit basée sur le coupé Collonade Hard Top. EN MODE GUERRIER Réintroduite au catalogue de la marque Buick en 1973 après l’avoir été une première fois au milieu des années 30 et au milieu des années 50, la Buick Century est intercalée entre les modèles Skylark et Le Sabre. Le gros coupé A-Body de taille intermédiaire visant le segment ‘’Executive Cars’’ est le candidat idéal pour le job requis LE MOTEUR DU PACE CAR BUICK UTILISÉ LORS DE LA COURSE ÉTAIT UN V8 455 CI, TANDIS QUE LES VERSIONS RÉPLICAS VENDUES EN CONCESSIONS DISPOSENT D’UN V8 350 CI.
Cote mecanique
Le traitement de l’intérieur est identique à toutes les Buick Free Spirit avec la finition Glacier Blue sur tout l’intérieur en dehors des sièges blanc. FICHE TECHNIQUE [ BUICK CENTURY FREE SPIRIT 1975 ] Moteur V8, 5 724 cm3 (96,5×97,8 mm), 165 hp à 3 800 tr/mn, 353 Nm à 2 200 tr/mn, rapport volumétrique 7.9:1, un carburateur Rochester quadruple corps – Transmission Boîte automatique GM Turbo Hydramatic 3 rapports – Freins disques/tambours – Suspensions ressorts hélicoïdaux, barre stabilisatrice avant – Direction assistée – Structure Coque autoporteuse acier – Pneus GR70-14 – Dimensions Longueur 5,32 m, largeur 2 m, hauteur 1,35 m, empattement 2,84 m – Poids 1 810 kg – Vitesse maximale 179 km/h, 0 à 100 km/h 11,5 sec., 400 m D.A. 17,9 sec. Le grand attrait esthétique de la Buick Free Spirit est la conversion T-Top effectuée par Hurst. Les bucket seats à dosse- rets offrent un confort de conduite incomparable face à une banquette tradition- nelle que l’on trouve dans ce genre de coupé. Le tableau de bord au de- sign vraiment réussi avec ses deux compteurs prin- cipaux ronds est sublimé par le superbe volant 3 branches.

Carrosserie et style
Les répliques du Pace Car vendues en concession sont toutes motorisées par un V8 350 ci de 165 hp dont le carbu Rochester envoie tout ce qu’il peut dans les culasses aux conduits brimés. Le faible taux de com- pression 7.9 :1 n’aide pas à retrouver les sensations des autos produites cinq ans auparavant ! La console centrale ac- cueille le fameux levier de vitesse en ‘’poignée de valise’’. Le coffre accueille les housses de rangement du T-Top et la roue de secours d’origine montée avec un pneu Goo- dyear Custom Tread GR-70-15 contenant encore de l’air de 1975 qu’aurait pu respirer Elvis. Superbement dé- corés avec cette thématique patrio- tique sous-jacente, les rétros viseur ‘’Bullet’’ GM sont utilisés sur tous les modèles à fort caractère comme ce Pace Car. en comparaison de la Cadillac Eldorado utilisée pour l’édition 1973. Concrètement, quand la marque Buick est pressentie pour la fourniture du Pace Car des 500 Miles d’Indianapolis, c’est l’ébullition chez Buick. Ordinairement considérée comme une marque très consensuelle, Buick ne va pas tarder à faire parler d’elle dans les années qui suivent avec l’arrivée de son moteur V6 qui trouvera son apogée avec la Buick GNX. Pour marquer les esprits et rendre ce Pace Car 1975 unique, les équipes chargées de lui donner du style proposent alors de reprendre le concept du T-Top immortalisé par la Corvette dès 1968. Au sein du Groupe General Motors, bien avant la sortie de la Pontiac Trans Am 1977, la Buick Century Free Spirit Pace Car Edition est donc déjà équipée d’un T-Top converti par Hurst. Pour la décoration, à cette époque, l’Amérique vit dans une ambiance patriotique exacerbée à l’approche du Bicentenaire de l’Indépendance des USA survenue en 1776 face aux vilains Anglais. Cette notion patriotique a grandement influencé Gary Smith pour donner des couleurs à ce Pace Car. Reprenant la thématique des couleurs de la bannière étoilée, tous les coupé Buick Free Spirit sont de couleur blanche avec une déco s’inspirant du drapeau US flottant au vent, bien aidé par la moulure de porte descendante. L’identité de la voiture est renforcée avec le slogan Free Spirit que l’on pourrait croire directement liée à ce modèle en série limitée mais que nenni ! En fait, le Free Spirit est une vision des publicistes de chez Buick que l’on retrouve sur toute la communication Buick pour le millésime 1975 (et 1976). Sur toutes les versions grand public, la déco Pace Car ne dispose pas de la mention Official Pace Car et des dates de la course comme sur le modèle piloté par James Garner. Les roues Buick sont simplement peintes en blanc, alors que des pneus Goodyear lettrés au style ostentatoire essaient de tromper la clientèle avec un look sport en contradiction avec une Buick Century plutôt destinée à des VRP ou des bons pères de famille voulant retrouver leur jeunesse. Mécaniquement, le moteur du Pace Car Buick utilisé lors de la course par James Garner était un V8 455 ci, tandis que toutes les versions réplicas vendues en concessions sont motorisées par un V8 350 ci moins gourmand en énergie. Ce choix s’explique par la conjoncture et les répercussions indirectes de l’effet de l’embargo de l’OPEP de 1973, avec des clients moins enclins à rouler avec des autos à mécaniques big block. Cette mécanique 350 ci délivre 165 hp (SAE net) à 3 800 tr/mn et 353 Nm de couple à 2 200 tr/mn avec un taux de compression relativement bas de 7.9 :1. Taillée pour faire du freeway, la Buick Free Spirit est montée d’origine avec un pont 3.08. Le traitement intérieur est le même sur toutes les versions avec un tableau de bord bleu et garnitures Glacier Blue et une sellerie blanche dont les sièges ressemblent étrangement à ceux d’une Pontiac Firebird. ACHETÉE NEUVE ! Les raisons pour lesquelles les clients se sont laissés séduire par cette auto sont diverses mais le T-Top a sûrement été un des éléments majeurs qui fera signer le bon de commande. En 1974, à 45 mn à l’Est d’Ottawa, dans une petite bourgade nommée St-Pascal-Baylon, Ron et Gilberte Bisson sont un jeune couple qui vient de se marier un an plus tôt. Cette année-là, ils s’achètent une Pontiac Le Mans 1974 neuve chez Grégoire Automobile Limitée à Embrun en Ontario. Ils conduisent cette Pontiac un temps avant de réaliser que ses prestations et divers autres aspects ne leur plaisent pas. Quand ils décident de retourner en concession pour changer d’auto, ils tombent sur cette Buick Century Free Spirit 1975 exposée dans le showroom du même concessionnaire. Véritablement sous le charme du coupé Buick avec sa déco bleu et rouge et ses marquages Free Spirit, le couple passe commande sur le champ avec une reprise sur la Pontiac quasi neuve. Ron conserve sa Buick en bon état au fil des ans en ne la faisant jamais rouler l’hiver, avec les dégâts que le sel peut engendrer sur les routes canadiennes. Le reste du temps, il conduit sa voiture de fonction, une Plymouth Fury Station Wagon 1975. Avec les années, la Buick devient comme un membre à part entière de la famille qui a même été utilisée comme véhicule de mariage pour leurs enfants. La participation à des rencontres automobiles, où cette Buick atypique attire toujours autant les regards, fait prendre conscience que cette voiture est spéciale dans le cœur des passionnés comme toutes les Pace Cars. Le succès de cette première version Pace Car Buick sera reconduit en 1976 avec une Century mue par un moteur V6. Quant à Ron et Gilberte Bisson, ils continuent d’utiliser leur Pace Car à la belle saison en prenant soin d’enlever les T-Tops et de profiter du vent qui s’engouffre en ayant constamment ce Free Spirit qui guide leurs voyages…






Cet article est extrait de Nitro #331, paru le 14/11/2024. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.