Muscle Car · 27 juillet 2024
Plymouth Superbird 1970
Amant, photos Vincent Lyky, archives Chrys Corp BEEP-BEEP SOUS AMPHET’ Deep Purple, Highway star PLYMOUTH SUPERBIRD 1970 Si la Plymouth Road Runner des kids – parmi les best sellers des muscle cars – arborait le fameux BeepBeep des dessins animés sur sa carrosserie, la version « road and track » S…
Amant, photos Vincent Lyky, archives Chrys Corp BEEP-BEEP SOUS AMPHET’
Carrosserie et style
Deep Purple, Highway star PLYMOUTH SUPERBIRD 1970 Si la Plymouth Road Runner des kids – parmi les best sellers des muscle cars – arborait le fameux BeepBeep des dessins animés sur sa carrosserie, la version « road and track » Superbird ne manquait pas non plus de rendre hommage au volatile le plus rapide de tous les temps…

Sous le capot
E n NASCAR, Dodge, titré en 1969, se repose sur ses lauriers pour 1970 et laisse Plymouth œuvrer pour contrer Ford cette année encore (des Charger Daytona seront encore à l’œuvre en 1970 mais dans des teams privés non officiellement soutenus). Pour Plymouth, l’enjeu est double : devenir le nouveau constructeur champion et… récupérer Richard Petty. Le plus célèbre pilote de stock-cars a été pendant onze années le pilote de Plymouth jusqu’à la saison 1969 : désireux de se mettre aux commandes de la Dodge Daytona, Plymouth refusera de “prêter” son pilote au confrère « maison ». Du coup, Petty signera chez Ford en 1969 et mettra tout son talent au service du grand rival. D’où la création de la Superbird. La ressemblance avec la Daytona est évidemment frappante du fait à l’avant du nez aérodynamique et à l’arrière de l’aileron gigantesque, pourtant les autos sont très différentes : le reste de la caisse n’est pas ici une Dodge Charger mais une Plym’ Road Runner, on reconnaît d’ailleurs assez aisément le profil… Et c’est d’ailleurs une autre raison du changement de mouture chez Chrysler pour courir en NASCAR : la Dodge Charger est plus chère que la Plymouth Road Runner, et la nouvelle réglementation n’impose plus seulement 500 exemplaires « road legal » produits, mais un exemplaire par dealer de la marque ! Il faut donc pouvoir écouler quasiment deux milles voitures homologuées pour le constructeur ! La Plym’ trouvera donc plus facilement preneur que la Charger… Et donc 1 971 Superbird seront construites (certaines sources affirment 1 935…). PRODUCTION COMPLEXE Et ce ne sera pas sur une des chaînes de production de masse de la Chrys Corp, évidemment, mais en deux endroits et en deux temps : dans une structure à part à Lynch Road pour le pré-assemblage (site produisant de la Plymouth depuis la fin des années 40 et spécialisée depuis dans les SOC – les commandes spéciales, l’équivalent des COPO chez GM…) avec deux jours du début de la chaîne au départ sur camion, et dans l’usine de pré-production de Clairponte – à quatre miles et demi de là – pour l’assemblage final, c’est-à-dire le montage du cône avant et des ailes avant. La première Superbird tombe le 17 octobre 1969, la dernière le 15 décembre. On n’a pas chômé, les gars… Les éléments de carrosserie spécifiques provenaient d’un sous-traitant indépendant, Creative Industries : une entreprise de Detroit fondée en 1950 par un Danois, Frederik Johansen. A Lynch Road, les Superbird ont droit à un traitement particulier, à commencer par l’application d’un mastic monocomposant Plastisol thermodurcissable autour de la lunette arrière. Étant donné que la voiture aura un toit en vinyle d’origine, seul le façonnage et le ponçage grossier de la zone de joint sont nécessaires. Cela évite le processus fastidieux (et toxique) de pose des joints qui est effectué au niveau des joints de quart de toit sur toutes les voitures sans toit vinyle. Autre point spécifique, les panneaux de caisse avant sur lesquels sont justement greffés les éléments provenant de chez Creative Industries : pour des raisons techniques, IL ÉTAIT POSSIBLE D’ACHETER UNE SUPERBIRD NEUVE CHEZ UN CONCESSIONNAIRE DANS CERTAINS ENDROITS DEUX ANS OU PLUS APRÈS LEUR PRODUCTION.
Et si, c’est une familiale ! Vous noterez ci- contre parmi les docs d’époque le travail des aérdoynamiciens… ci-dessous, le grand Richard Petty a signé le pare-soleil.

Lignes et silhouette
Fiche technique [ PLYMOUTH SUPERBIRD 1970 ] Moteur V8 Super Commando, 440 ci, 7 206 cm3 (109,7×95,2 mm), 375 hp à 4 600 tr/mn, 651 Nm à 3 200 tr/mn, rapport volumétrique 9.7 à 1, carburateur Carter quadruple corps – Transmission boîte TorqueFlite 3 rapports, rapport de pont final 3.23 – Suspension avant indépendante, barre antiroulis, arrière à essieu rigide, ressorts à lames semi-elliptiques – Direction à boitier, assistance optionnelle – Freins disques ventilés (option) AV, tambours AR – Pneus F78x14 – Structure coque acier sur châssis périmétrique – Dimensions longueur 5,61 m, largeur 1,94 m, empattement 2,94 m, hauteur 1,56 m, voies avant/arrière 1,51/1,50 m – Poids 1 791 kg – Performances vitesse maximale 216 km/h, 0/100 km/h 6,4 sec., 400 m D.A. 14,3 sec. EN COMPÉTITION, LA BIRD A ATTEINT SON BUT : GAGNER LE CHAMPIONNAT NASCAR DE 1970 ET RAMENER PETTY À LA MAISON ! ceux-ci ne reçoivent pas le même traitement antirouille que les autres caisses de Belvedere/Road Runner classiques, mais se trouvent en acier galvanisé. Du fait du revêtement vinyle du toit, on économise sur la peinture à cet endroit. A ce sujet, sept teintes officielles étaient disponibles sur la Bird : Fire blue métallisé EB5, Alpin White EW1, Vitamin C Orange EK2, Citrus FY1, Lime Light FJ5 et Red Tor EV2, Blue Corporate 999 (comme celle de Richard Petty…), mais… les spécialistes US ont déjà trouvé trois Burnt Orange métallisé FK5 d’origine qui n’auraient jamais dû être produites ! D’autres spécificités de construction parmi les plus improbables feront de la Superbird un enfer pour les ouvriers : par exemple, normalement la roue de secours tombe directement – par machinerie – dans le coffre de la voiture de série. Ici, du fait de l’ouverture bridée de la malle (à cause de l’aileron), il faudra une dépose manuelle. Entre temps, les Bird recevaient bien évidemment leur groupe motopropulseur. La motorisation standard était le 440 Super Commando à carburateur quatre corps de 375 hp (1 120 ex.). En option, on pouvait opter pour le 440 Six-Pack de 390 hp (716 ex.), ou, mieux, le 426 Hemi de 425 hp (135 ex.) ! Côté transmission, c’est au choix la manuelle 4 vitesses New Process A833 ou l’automatique TorqueFlite 727. INVENDABLE Parlons un peu du masque avant : celui-ci est produit en acier, et non en fibre de verre comme c’est colporté depuis toujours. Seuls les capots de phares sont en fibre. Les phares sont d’ailleurs issus de la Fury 1970. Une différence de peinture existait souvent entre la caisse et l’ensemble cône/ailes avant : ces éléments « accessoires » étaient peints à Clairponte et non à Lynch Road ! Ensuite, on apposait les autocollants décoratifs, noirs sur les couleurs EB5, EV2, 999 et blancs sur les EW1, EK2, FY1 et FJ5. Les décalcomanies nasales étaient toujours noires mates, utilisant le matériau DiNoc (légèrement texturé). Alors qu’environ la moitié des quelque deux mille Superbird ont trouvé des acheteurs immédiats (à 4 298 dollars le bout pour la Super Commando plus la moitié de ce prix en assurance, c’est une performance… Le Six Pack était à 4 548 $ et le Hemi à 5 139 !), la plupart des autres étaient presque invendables. Il était possible d’acheter une Superbird neuve chez un concessionnaire dans certains endroits deux ans ou plus après leur production. Beaucoup ont été converties en Road Runner par des revendeurs fatigués. Le plus gros pourvoyeur aura été First Avenue Plymouth, à Cedar Rapids, dans l’Iowa : quinze exemplaires écoulés ! NASCAR WINNER En compétition, la Bird a atteint son but : gagner le championnat NASCAR de 1970 et ramener Petty à la maison ! Il assurera huit victoires à lui seul, d’autres pilotes de Superbird se partageant les dix autres (Pete Hamilton – deuxième pilote du team Petty Enterprise – sera le premier à la faire gagner à la Daytona 500… Minorons un peu la prouesse : 23 voitures des 40 engagées à la Daytona 500 cette année- là étaient des Superbird !). Le modèle « course » recevait bien entendu le Hemi, assez lourdement modifié (et donné pour environ 450 hp), permettant à l’auto de taper le record de vitesse du championnat à Talladega avec une pointe à 200 mph, soit plus de 300 km/h ! Certes, chez Plymouth on aura fait sauter le bouchon de roteuse pour l’occasion, mais Bill France, big boss du NASCAR, décidera de mettre le holà au délire pour la saison suivante afin d’éviter de telles escalades (le sport automobile devient sécuritaire à cette époque aux USA), d’abord en limitant la cylindrée à 350 ci, l’emploi de mécaniques plus grosses s’accompagnant alors de gueuses de poids supplémentaires ! L’exemplaire que nous vous présentons ici appartient à Louis Heckly – que vous avez déjà croisé plusieurs fois dans nos pages : il est comme la majorité des Superbird équipé du 440 Super Commando et de la boîte auto, et roule dans la campagne suisse pour la plus grande joie de son propriétaire…
Le projet du proprietaire
On retrouve l’effigie du Beep-Beep un peu par- tout, de même que la signature de Petty (ici sur l’écope avant). Les phares sont rétractables et cachent des éléments de Fury. La configuration est ici le Super Commando avec boîte auto.






Cet article est extrait de Nitro #329, paru le 15/07/2024. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.