Ford 1933

Hot Rod · 23 septembre 2024

Ford 1933

The Hillbilly Moon Explosion, My love for evermore FORD 1933 Le « gène hot rod » se transmet souvent de père en fils, comme le confirmera Scott Smith, qui a grandi dans une famille amoureuse d’automobiles. Scott veille désormais au devenir du Ford 1933 de son père, déc…

The Hillbilly Moon Explosion, My love for evermore

Une icone americaine

Le « gène hot rod » se transmet souvent de père en fils, comme le confirmera Scott Smith, qui a grandi dans une famille amoureuse d’automobiles. Scott veille désormais au devenir du Ford 1933 de son père, décédé en 2019. Récemment, le coupé a toutefois subit divers changements esthétiques, dans l’esprit des rods agressifs version « sixties ».

Ford 1933 — photo 1

Interieur et habitacle

SCOTT. Certes contemporains, les compteurs Classic Instru- ments se marient parfaite- ment au thème du rod. Signé Shaw, le volant du type Sprint Car a reçu une (rare) attache rapide Thomas Engineering. Le réservoir d’essence loge désormais der- rière la paroi du coffre, fini avec le plus grand soin. Du cuir noir habille la banquette Glide Engineering, marque connue pour ses sièges de rods.

Chassis et suspension

L a passion des rods, customs et autres Américaines classiques se diffuse bien souvent de père/ mère en fils/fille. Aujourd’hui encore, constater la présence de plusieurs générations d’une même famille lors de meetings automobiles réchauffe le cœur – cette complicité permet de raviver notre mouvement. Qui sait, peut-être la jeune lignée se lancera dans la restauration d’une Ford Mustang ou la transformation d’une Simca Ariane ? Une telle entente caractérise la relation entre Scott Smith et son père Jim. Ayant grandi dans le Colorado, Jim commença ses aventures dans le milieu custom à la fin des fifties, à l’aide d’un coupé Plymouth 1950 repeint par ses soins. Puis il s’attaque à un coupé Chevy Impala 1960 acheté quasiment neuf et modifié radicalement par ses soins. Durant les années 70, il construit un rod Ford T-bucket en compagnie de Scott (alors lycéen), celui-ci ayant notamment pour tâche de peindre le roadster en noir ! Le duo père/fils parcourt plusieurs milliers de kilomètres à son volant en 1980, pour se rendre tout spécialement en Californie. Une sacrée opportunité pour un teenager fan de rods et customs ! DIRECTION L.A. Attiré par la « car culture » californienne comme nombre d’entre nous, Scott décide de déménager dans la région de Los Angeles en 1986, perfectionnant rapidement ses talents de carrossier et peintre automobile. Il se fait notamment remarquer aux alentours de 1994 avec une Cox noire de 1967 rase bitume, superbement finie, dotée de rares jantes BRM en magnésium et d’un tas d’anciennes pièces Empi. Un an plus tard, il s’attaque à un projet d’un autre style, à savoir un sedan Ford 1946 noir flammé, qui lui vaut un article dans le légendaire magazine The Rodder’s Journal en 1999. L’auto spacieuse sert régulièrement pour les sorties familiales pendant de nombreuses années, tandis que Scott se concentre sur sa carrière chez PPG, marque de peinture bien connue des fans de voitures. Il a récemment pris sa retraite après 22 ans au sein de l’entreprise, où il monta les échelons pour devenir manager de l’une des branches. Aujourd’hui, il profite de son temps libre pour travailler dans son garage sur un sedan Ford 1940 patiné et le coupé Ford 1933 dévoilé dans ces pages. COQUE EN STOCK Le 33 en question appartenait à son père, qui termina ce projet en 2015. En compagnie de son épouse Terry, Jim participa à de nombreux meetings de rods pendant quatre ans – Jim est en effet décédé en 2019. « Mon père n’était pas vraiment un fan de rods Ford des années 30 ou 40, préférant d’autres marques », explique Scott. « Son premier rod était un pickup Dodge 1938, acheté neuf par mon arrière-grand-père et qui est toujours dans notre famille. Mais il appréciait malgré tout les lignes des coupés Ford trois fenêtres de 1933-34, ce qui l’incita à glaner diverses pièces ici et là pour un projet. » Jim possède ainsi de quoi assembler un châssis complet et il part donc à la recherche d’une véritable coque Ford. Peine perdue – impossible de trouver un exemplaire dans un état acceptable. Utiliser une carrosserie en polyester ne lui vient même pas à l’esprit… jusqu’au moment où il découvre un modèle construit par Deuce Customs en Australie ! La qualité et l’authenticité de l’ensemble ne manque pas de le surprendre, si bien que de nombreux propriétaires de « vrais 33-34 » se laissent souvent berner. Jim se porte donc acquéreur d’une telle coque, version 1933. THE PUZZLE Cet amalgame d’éléments de carrosserie et mécaniques sont livrés en Californie chez un ami de Scott, Aaron Broughton, qui dirige l’atelier Foothill Fabrication. Son team talentueux se charge d’assembler

Ford 1933 — photo 2

Sous le capot

Pas de flancs de capot sur ce 33, ce qui permet d’admirer l’imposant moteur Chrysler Hemi. Refait par le père de Scott, le V8 Hemi Chrysler 392 ci de 1957 développe 400 ch. Un équipement high- perf typique des années 60 : la magnéto – ici une version Don Zig. L’ex-Ford 1946 de Scott s’est fait remarquer dans les pages de The Rodder’s Journal en 1999. Certes contempo- rains, les compteurs Classic Instruments se ma- rient parfaitement au thème du rod. le puzzle, à commencer par l’authentique châssis qui accueille un train avant droppé de 10 cm, quatre amortisseurs So-Cal Speed Shop et un pont Winters du type « Quick-change » – les tambours Ford de 11 pouces sont dissimulés derrière des caches So-Cal Speed Shop. Pas de modification notable concernant la coque, sachant qu’elle possède déjà les attributs souhaités par Jim : top chop de 7,5 cm, poignées et charnières de porte, ventilation du tablier, pare-brise ouvrant, ouverture manuelle (et fonctionnelle) des vitres latérales et arrière,… Aaron adapte toutefois quelques pièces Ford en métal de 1933, dont le tableau de bord, la paroi pare- feu du compartiment moteur et les tabliers latéraux en-deçà de la calandre. Entre les rails du châssis réside une boite Tremec à cinq rapports, surmontée d’un levier Hurst modifié. Elle encaisse sans broncher les 400 chevaux du V8 Chrysler Hemi 392 ci de 1957, préparé à l’aide de pistons Keith Black et d’un arbre à cames Iskenderian, Edelbrock fournit la pipe d’admission et les deux carbus 500cfm, tandis que les gaz brulés s’échappent via un collecteur Sanderson et des silencieux Smitty, un montage réalisé par Foothill Fabrication. CUIR NOIR Connu pour avoir réalisé des show cars exceptionnels, Wayne Sanders d’Alternative Automotive Design (Colorado) s’occupe de la préparation avant peinture et de l’application du mélange PPG, concocté par Scott bien sûr. Jim s’occupe ensuite du remontage, incluant des phares de Ford 1933-34 commerciaux et des feux arrière de Ford Modèle A. Un autre as du rodding basé dans le Colorado, Eddie Potestio d’Eddie’s Rods and Customs, se charge de la sellerie en cuir noir, accompagnée d’une moquette à maille carrée importée d’Allemagne. L’insert en alu bouchonné par Haneline accueille des compteurs Classic Instruments, qui tiennent compagnie à un rare compte- tours mécanique Jones Motrola (non, pas Motorola !). Notez le volant Shaw de 17 pouces dans le style des modèles utilisés sur les Sprint Cars durant les années 50- 60. Reposant sur une colonne de direction Limeworks, il est surmonté d’un système d’attache rapide Thomas Engineering, hautement recherché des collectionneurs. UN PEU DE MAGNÉSIUM Scott récupère le coupé 1933 après le décès de son père. Il choisit toutefois d’effectuer quelques changements, afin de coller davantage au « look sixties » de ce projet, à commencer par le remplacement des roues noires en tôle par des jantes 5×16 et 7×18 Johnson’s Hot Rod Shop du type Indy en magnésium – elles reçoivent des pneus Excelsior 500R16 et 700R18. Puis viennent les rares freins à disque avant Halibrand, qui équipaient souvent les Indy Cars et Sprint Cars durant les années 60. Sous le capot avant, on trouve aussi une magnéto Don Zig recouverte d’une tête de couleur marron, encore une pièce peu courante. Ces divers changements contribuent à la nouvelle personnalité du bolide, « tout en perpétuant le souvenir de mon père », ajoute Scott. Ce 33 a encore de beaux jours devant lui !

SCOTT A CONFÉRÉ UNE NOUVELLE PERSONNALITÉ AU ROD DE SON PÈRE TOUT EN PRÉSERVANT L’HÉRITAGE FAMILIAL.

Ford 1933 — photo 3

Cet article est extrait de Nitro #330, paru le 11/09/2024. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.