Dodge Dart 1973

Restomod · 12 juin 2025

Dodge Dart 1973

Apparue au catalogue à l’automne 1960, la Dodge Dart est alors une full size qui se décline en trois niveaux de finitions. Treize ans plus tard, la Dodge Dart est devenue un modèle de la catégorie compact qui s’adresse à un public jeune qui n’a plus envie de se saigner pour remplir le rés…

Apparue au catalogue à l’automne 1960, la Dodge Dart est alors une full size qui se décline en trois niveaux de finitions. Treize ans plus tard, la Dodge Dart est devenue un modèle de la catégorie compact qui s’adresse à un public jeune qui n’a plus envie de se saigner pour remplir le réservoir en ces temps de crise pétrolière… Aujourd’hui, on n’a toujours pas de pétrole, mais des idées : pourquoi ne pas lui offrir un traitement restomod soft ?

Dodge Dart 1973 — photo 1

Sous le capot

S i la Dodge Dart est d’abord sortie entre 1960 et 1962 sous la forme d’un modèle full size, en 1963 la Dart perd un peu de sa superbe pour remplir le segment de marché compact car. C’est à partir de ce millésime que la Dodge Dart sera encore plus assimilée à un modèle économique. Avec un renouvellement de carrosserie tous les trois ans, le style évolue rapidement en ces temps de concurrence féroce dans un marché automobile US hyper dynamique. Avec le millésime 1967, la Dart commence à devenir cool aux yeux d’une certaine frange de la population qui lui réserve des traitements politiquement incorrects. Il est vrai que le stylisme Mopar du début des sixties sortait vraiment des sentiers battus. Mais d’un autre côté, cette culture de la différence face aux deux autres géants de Detroit a aussi contribué à donner au groupe Mopar une identité forte. Une identité renforcée lorsque des mécaniques très performantes aux noms bourrés de testostérone comme 440 Magnum, impressionne les foules le vendredi soir chez Angelo’s. Plus sportive par son look en version coupé, la Dodge Dart 1967 sera très populaire auprès des drag racers comme le sera sa concurrente directe chez GM, la Chevy Nova. Malgré son côté populaire, la Dodge Dart se fait remarquer au plus fort de la vague muscle car avec la version Hemi Dart du millésime 1969 qui représente le pic pour la gamme Dart. Cette Dart réservée à une utilisation strictement ‘’piste’’, est dépouillée au maximum. En dehors de cette exception génétique allégée motorisée par le fabuleux moteur Hemi 426 ci, la Dodge Dart de base est une bonne auto pour aller au boulot ou se chercher un pack de 12 au liquor store du coin. En revanche, pour séduire la serveuse de chez Angelo’s, le modèle Dart GTS 440 avec sa fameuse Bumble Bee Stripe à la saveur beaucoup plus cool qu’un « Vanilla Milk Shake With Whipped Cream and Cherry », est l’arme ultime pour devenir le king du drive-in. En 1970 un face lift avant-arrière de l’auto intervient et la coolitude du modèle 1969 s’évapore bien que le nouveau modèle soit encore très attractif. Par contre, dans la bataille, le V8 440 ci passe à la trapinette et seul le V8 340 ci permet encore de capter un petit sourire en coin de la part de… la serveuse. NOUVELLE CARROSSERIE, NOUVELLE ÈRE L’année 1971 est une année de transition avec l’apparition de la Dodge Demon avec une nouvelle carrosserie A/Body au design très séduisant. Sur la même base que la Plymouth Duster introduite en 1970, la Demon 1971 est un modèle sportif à part entière au sein de la gamme Dodge. La connexion avec les Dodge Dart de base se traduit par l’utilisation des calandres communes complètes entre les deux modèles. De son côté, la Dodge Dart de base en version coupé hard top existe toujours au catalogue et conserve la carrosserie du millésime précédent. Le modèle Demon perdurera pendant deux millésimes entre 1971 et 1972. En 1973, la conjoncture internationale fait du mal aux productions automobiles américaines. La crise pétrolière poussera dans le caniveau nombre de modèles performants et la prise de conscience des consommateurs américains enfoncera le clou. Cette année- là, le nom Demon qui disparait du catalogue Dodge, est remplacé par la dénomination AFIN DE BROUILLER LES PISTES, LE MOTEUR A SUBI UNE PRÉPARATION BIEN PLUS POUSSÉE QUE NE LE LAISSE PRÉSAGÉ SON LOOK ‘’FACTORY’’.

Interieur et habitacle

Basique dans son design square, le compteur de vitesse est bien éloigné de l’idée que l’on se fait d’une version sportive digne de ce nom. Mais le charme opère quand même… L’intérieur est en totale opposition avec le look cool de l’extérieur avec une banquette avant qui nous ramène à la dure réalité des modèles d’entrée de gamme chez Mopar. La radio est bien présente mais seulement sur les petites ondes. Pour le Moscato Show sur la bande FM, faudra prendre votre smartphone ! Les bandes GT Stripes latérales et du panneau arrière font partie intégrante du package Sport GT. Suivant la teinte de l’auto, elles sont noires ou blanches. Les deux blocs de feux carrés ne manquent pas de coolitude…

Dodge Dart 1973 — photo 2

Carrosserie et style

Le moteur V8 340 ci représente le Top Of The Line des motorisations pour le millésime 1973. MIEUX VAUT NE PAS PROVOQUER CETTE GROCERY GETTER QUI CACHE FINALEMENT BIEN SON JEU. Depuis 1971, la firme Dodge propose deux carrosseries diffé- rentes pour un modèle entre la Dodge Dart et sa déclinaison spor- tive, la Demon (puis Sport à partir de 1973). Le point commun de ces deux versions est de partager le bloc avant. Le symbole le plus visible de la ten- dance restomod reste le choix des roues, ici des jantes Year One Magnum en 7 et 8×17.

Le projet du proprietaire

Sport dont la déclinaison performance est illustrée par la version Sport GT… UNE BELLE RÉACTUALISATION Avec sa ligne bien née, le coupé A-Body Mopar accueillant la Dodge Demon depuis 1971 et la Plymouth Duster depuis 1970, a été largement utilisé par les amateurs de drag racing et les fans de personnalisation. Son prix raisonnable en occasion face aux sempiternelles Charger, Challenger et autres Barracuda, y est certainement pour quelque chose. Avec le temps, les goûts évoluent mais en règle générale, la tradition est toujours de mise quand il s’agit de se différencier du lot. De nos jours, il faut absolument ‘’catégoriser’’ les choses pour les faire rentrer dans des cases. Ce que l’on appelait simplement une caisse cool il y a encore une trentaine d’années est devenue le style restomod. Pour faire simple vu de l’extérieur, le style restomod s’apparente bien souvent… à changer de chaussures pour un humain ! On grossit volontairement le trait pour le fun mais dans bien des cas, c’est vraiment cela et c’est tant mieux après tout quand on veut mettre une auto à son goût. Dans les faits, le style restomod est un peu plus poussé avec des modifs mécaniques visibles ou pas selon les souhaits du proprio ! Pour illustrer ce propos, cette Dodge Dart Sport GT 340 en est le parfait exemple. Originaire du Canada, elle a reçu autant d’attention qu’une Plymouth Superbird avec une restauration de type ‘’rôtisserie’’ malgré son statut de voiture sans intérêt de la part de la communauté muscle cars hard core qui ne vit que pour des appellations Hemi, L88, Shelby, etc… Alors, pensez donc, une Dodge Dart 1973 même en mode Sport GT, n’a que très rarement les honneurs des restaurateurs. La recette d’une bonne caisse restomod est aussi simple que celle du quatre-quarts. Il faut juste une certaine dose de feeling pour obtenir un résultat cohérent car ce qui fera le look de la voiture, c’est son attitude au sol. Sans tomber dans l’excès avec des suspensions droppées à mort, une monte de pneu judicieuse suffit souvent à ‘’faire le job’’. Dans notre exemple, l’utilisation de jantes aluminium Year One en 17’’ répliquant les roues Magnum chères à tous les constructeurs US dans les sixties, donne à cette auto une touche vraiment moderne tout en respectant l’esprit d’époque. Les tailles choisies comme les déports démontrent un certain soin apporté au look final de l’auto. Pour l’avant, on trouve des 7×17 et des 8×17 à l’arrière. Côté monte de pneus, le choix s’est porté sur des General Altimax One en 225-50R17 pour l’avant et des Altimax Sport en 245-50R17 pour l’arrière. Le déport prononcé avec cette large surface d’alu machiné fait ressembler ces roues arrière à des jantes équipées de cerclages inox, Mécaniquement, la cylindrée 340 ci d’origine est maintenue mais cela s’arrête là. Afin de brouiller les pistes, le moteur a subi une préparation bien plus poussée que ne le laisse présagé son look ‘’factory’’ avec cette peinture orange typique des mécaniques Mopar de l’époque. En effet, les culasses aluminium Edelbrock Performer RPM ont été peintes en orange de même que la pipe d’admission alu Performer RPM accueillant un carburateur Edelbrock. Les montées en régime très franches et la prise de tours-moteur dans un déferlement rageur indiquent un arbre à cames non d’origine. Alors un conseil, mieux vaut ne pas provoquer cette grocery getter qui cache finalement bien son jeu. A l’intérieur, l’ambiance est à l’opposé des prestations mécaniques avec une belle banquette d’origine, un tableau de bord complètement stock et un levier de vitesses au volant… Quand on vous dit qu’il faut se méfier de l’eau qui dort, ce n’est pas en vain quand on croise cette Dodge Dart Sport GT 340 restomod. Si vous vous faites prendre, vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous aura pas prévenu. À bon entendeur, bon cruising… Special thanx à GT Automobiles (tél. 03 22 86 42 79) à Roissel (dpt 80) pour la mise à dispo de cette superbe Dart for sale…

Dodge Dart 1973 — photo 3

Cet article est extrait de Nitro #334, paru le 08/05/2025. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.