Ford Mustang 351 convertible 19670

Muscle Car · 26 novembre 2024

Ford Mustang 351 convertible 19670

Amant, photos Florian Grout l’été Roadhouse blues, indien FORD MUSTANG CONVERTIBLE 1970 Faisons fi d’une densité pluviométrique digne du Guiness Book, et partons pour un cruising dans la campagne champenoise à bord de cette magnifique Mustang, millésimée 1970. De quoi redécouvrir les…

Amant, photos Florian Grout l’été Roadhouse blues,

indien FORD MUSTANG CONVERTIBLE 1970 Faisons fi d’une densité pluviométrique digne du Guiness Book, et partons pour un cruising dans la campagne champenoise à bord de cette magnifique Mustang, millésimée 1970. De quoi redécouvrir les spécificités de cette génération…

Ford Mustang 351 convertible 19670 — photo 1

Cleveland est un excellent moteur, bien plus sympa que le Windsor de cylindrée équivalente. Il est ici dans sa version «deux corps». KRISTOFF VINTER- KOCH, WILD CARS Trente ans que Kristoff utilise en daily des voitures anciennes : « A 20 ans j’achète ma première voiture : une Oldsmobile Dynamic 88 de 1961. Icône des full size des sixties, cette première acquisition n’est hélas pas en état de rouler faute de moyens. L’étude approfondie de l’American Spotters Guide, véritable bible de toute la production automobile américaine, m’entraîne, en rêve, au pays des Hemicuda et autres Pontiac GTO. Ma passion pour les américaines est née à ce moment. Durant plus de trente ans, j’ai eu l’occasion de posséder et de conduire (même pour faire mes achats chez Ikea !) de nombreuses autos, de l’Aston Martin DBS V8 à la 304 cabriolet, en passant par beaucoup de Porsche 911. A chaque fois mon cœur revenait vers une américaine ». C’est pourquoi il crée la société Wild Cars, dans l’Aube : « J’achète et je vends des véhicules de collection sélectionnés avec le plus grand soin : authentiques et si possible avec un historique. Ma spécialité concerne aujourd’hui les pony cars (Mustang, Camaro, Firebird, Barracuda et Challenger). Avec une parfaite connaissance du marché et des modèles, je cible les versions rares et bien optionnées. Il m’arrive cependant de proposer régulièrement d’autres types d’autos toujours choisies avec la même rigueur ». Wild Cars, 10260 Virey- sous-Bar, tél. 06 85 06 00 60, www.wildcars.fr

O n devrait aller plus souvent chez Wild Cars, dans l’Aube, pour trouver de très belles autos à exposer dans les non moins belles pages de Nitro : en témoigne cette Mustang de 1970. Tu peux y aller mon biquet, c’est du très joli matériel… De quoi nous donner l’envie de redécouvrir cette parenthèse bien particulière dans l’histoire interminable (quoique…) du fameux poney… EN ROUTE VERS LA LUNE L’année érotique de ce bon vieux Gainsbarre va être un moment unique pour la Mustang. Rappelons les faits. En 1969, les jeunes Américains vivent selon des préceptes dionysiaques : sexe, rock et muscle cars. On ne vit que dans un monde de burn out, de caisses colorées, de V8 powered by NASA, le tout rythmé par du surf rock ou les premiers riffs saturés de Fender et Gibson pas encore métallisées à mort, tandis que les « blondes à forte poitrine » permettent le samedi soir d’évacuer le stress sub-hormonal de la semaine… La vie est belle. Sauf pour la Mustang. En cinq ans de temps, la révolution équestre de Dearborn s’est un peu essoufflée. La voiture des kids est devenue la voiture des quadras-célibs, des secrétaires médicales, des cadres de Lehman Brothers ou de la maîtresse du patron des magasins Toy’s’r us entre Ellensburg et Packwood, Washington DC. La pony car se vend bien, et même très bien, mais moins bien qu’au début. Et à une clientèle moins jeune qu’escomptée. Et pour tout dire, le phénomène est tellement unanime que la petite Ford est devenue quasi conventionnelle ! Et puis il faut enfin admettre que l’auto ne peut plus jouer les sportives de premier plan depuis la déferlante muscle cars qui emporte tout sur son passage tel l’ouragan Milton. Ford va devoir plancher durement pour déterminer la stratégie commerciale à adopter quant à l’avenir de sa pony car : celle-ci n’est plus une nouveauté, à moins de revoir considérablement son esthétique. Par ailleurs, la course à la puissance ne doit pas être loupée, mais véritablement gérée, sans oublier ceux pour qui une Mustang plus bourgeoise que sportive reste séduisante (la majorité, finalement…). LOOK TESTOSTÉRONÉ Pour rester en adéquation avec son programme Total Performance initial et parce que l’émulation est tout de même très forte entre groupes et marques, la Mustang va chercher à préserver une image tendant de plus en plus vers le concept de muscle car. Certes, la raison sera gardée, et le client pourra toujours se contenter d’une placide six cylindres à boîte auto, mais pour l’image, la Mustang 1969 devra reprendre les devants. Il faut revoir le look en profondeur, tout en restant sur la même trame génétique. Sur le même empattement qu’à l’origine, la Mustang bénéficie d’un restyling de carrosserie, avec IL FAUT REVOIR LE LOOK EN PROFONDEUR, TOUT EN RESTANT SUR LA MÊME TRAME GÉNÉTIQUE.

Ford Mustang 351 convertible 19670 — photo 2

allongement et élargissement notables de la caisse. Cependant, l’identité Mustang est immédiatement perceptible. Détaillons les modifications : la face avant profite d’un museau plus pointu avec une large calandre à la grille noire cernée de chrome. L’emblème de calandre est modifié : il s’agit à présent d’un cheval au galop sur fond bleu blanc rouge, déporté à gauche de la calandre. Deux optiques prennent place en dehors de cette calandre. L’aile arrière rebondit toujours mais la partie arrière apparaît un peu plus massive. On trouve toujours les feux à trois bandes. On note encore de nouvelles (fausses) prises d’air latérales sur les coupés hard top et convertibles, tandis que le sportsroof se distingue avec des écopes en forme de tunnel au sommet des ailes arrière. Les jantes standard offrent un nouveau dessin. Dans l’habitacle, le tableau de bord est complètement relooké, avec un ensemble en deux parties presque symétriques pour le conducteur et le passager. NE PAS LÉSINER La plus grande nouveauté, hormis le restyling, reste la nouvelle distribution de la gamme : hormis les trois carrosseries différentes, on peut également désormais opter pour des finitions aux personnalités bien différentes. Ainsi la Grande (uniquement sur coupé hardtop), la Mach 1 (uniquement sportsroof) et les Boss 302 et 429 (uniquement sportsroof) constituent une nouvelle offre. Les options se multiplient avec là encore une nouvelle donne, tandis que le fameux Deluxe Interior Group perdure, avec du faux bois sur les panneaux de portes et la console centrale. Sur le plan mécanique, la gamme 1969 reçoit en grande série diverses nouveautés : on trouve une évolution 250 ci (155 hp) du six cylindres. Côté V8, le 289 ci disparaît définitivement. Le 302 ci est épaulé par un 351 ci W (W pour Windsor, son usine de montage), évolution pure de ce même 302 ci et issu de la gamme utilitaire, mais équipé sur la Mustang de culasses plus performantes. Pour les big blocks, le 390 ci est toujours proposé, tandis que le 428 ci est disponible en version Cobra-Jet et Cobra-Jet R (c’est à dire avec l’option Ram-Air, comprenant une injection d’air directe par la prise du capot). Malgré tout l’attrait de cette nouvelle gamme, tant sur le plan esthétique, que sur les performances ou l’équipement, rien n’y fait : les ventes s’érodent encore légèrement à presque 300 000 exemplaires. Cependant, la chute commerciale est moins raide que précédemment. QUAND C’EST FINI, C’EST FINI Alors on insiste pour 1970, sur la base du modèle 1969. Malgré le gros restyling du millésime précédent, la Mustang s’offre nombre de modifications encore cette année. La plus notable sur le plan esthétique reste le traitement nouveau de la face avant : calandre élargie avec les deux phares dedans, fausses prises d’air d’allure très agressive en bout de face à gauche et à droite. Le logo de calandre retrouve sa place centrale et conserve le design du millésime précédent. Nouvelles jantes standard, disparition des fausses prises d’air latérales. La face arrière reçoit également son lot : le panneau de carrosserie devient plat, tandis que les trois barres verticales des feux sont jointes. A l’intérieur on découvre un nouveau volant. Un mot sur la gamme de motorisations qui subit elle aussi quelques changements

PRÉCÉDENT, LA MUSTANG S’OFFRE NOMBRE DE MODIFICATIONS ENCORE EN 1970.

Ford Mustang 351 convertible 19670 — photo 3

notables : les 6 en ligne 200 et 250 ci sont toujours au catalogue. Côté V8, outre le 302 ci, un nouveau 351 C (pour Cleveland, lieu de fabrication) remplace en cours de millésime le vieux 351 W (Windsor) avec deux versions, carburateur deux corps (250 hp) et quatre corps (300 hp). Le 390 ci est retiré. Le 428 CJ est épaulé par une version CJ- R. Mais 1970 va se solder par un bilan brutal : moins de 200 000 exemplaires vendus ! La messe est dite pour la sacro- sainte Mustang. Les modèles 1971/1973 vont offrir encore un look complètement différent (mais identitaire), puis l’on passera à la Mustang II. Un autre genre. 32 ONLY Notre convertible de 1970 est un exemplaire particulièrement sexy. Respectant sa couleur d’origine, celle- ci est le Competition Yellow, qui vous oblige à rouler avec les Ray Ban sur le nez même quand le temps est maussade ! Ça claque, ça réchauffe les rétines et l’âme et c’est typique de l’époque… L’intérieur noir apporte la touche un peu sportive, agrémenté des parements Deluxe en formica naturel. Sous le capot, c’est un 351 C que l’on découvre, dans sa configuration deux corps, soit 250 hp. Largement suffisant pour cette configuration à boîte méca Toploader 4 vitesses, entièrement dédiée à la balade. On l’a vu, les Mustang 1970 ne sont pas nombreuses ; dans cette config’ (couleur-moteur-boîte- carrosserie), elle n’aurait été que 32 ! Ce qui ajoute à l’exclusivité « discrète » de ce cab’ particulièrement agréable à rouler sur nos routes de campagne… FICHE TECHNIQUE [ FORD MUSTANG CONVERTIBLE 1970 ] Moteur V8, 5 766 cm3 (101,6×88,9 mm), 250 hp à 4 600 tr/ mn, 481 Nm à 2 600 tr/mn, rapport volumétrique 9.5:1, un carburateur double corps Motorcraft – Transmission Boîte manuelle Toploader 4 vitesses, pont 3.25 – Freins tambours AV et AR – Suspensions barre de torsion avant, pont rigide arrière – Direction assistée – Structure Coque autoporteuse acier – Pneus E78-14 – Dimensions Longueur 4,76 m, largeur 1,81 m, hauteur 1,30 m, empattement 2,74 m – Poids 1 500 kg – Vitesse maximale 200 km/h, 0 à 100 km/h 7,4 sec., 400 m D.A. 15,5 sec.


Cet article est extrait de Nitro #331, paru le 14/11/2024. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.