Pick-up · 6 septembre 2025
Chevrolet C10
La parenthèse Sixties enchantée AMC RAMBLER AMBASSADOR (1965) Au milieu des années 60, AMC va plutôt bien, suite à un choix de gamme qui surfe sur la demande d’alors. Cerise sur le gâteau, une Rambler convertible va ainsi être proposée momentanément à partir de 1965. La balade sera pour le moins agréable… Texte Thibaut Amant, photos Vincent Ly…
La parenthèse Sixties enchantée AMC RAMBLER AMBASSADOR (1965) Au milieu des années 60, AMC va plutôt bien, suite à un choix de gamme qui surfe sur la demande d’alors. Cerise sur le gâteau, une Rambler convertible va ainsi être proposée momentanément à partir de 1965. La balade sera pour le moins agréable… Texte Thibaut Amant, photos Vincent Lyky
Une icone americaine
– TOUTES VERSIONS CONFONDUES – FUT UN SUCCÈS POUR LES MILLÉSIMES 1965/1966. Import européen, l’instrumentation est en km/h. De catégorie moyenne pour l’Amérique mais premium pour AMC, la finition de cette Am- bassador reste avenante. On a droit aux quatre vitres électriques ! L’espace à bord n’est pas si généreux que ça, mais on reste à l’aise…

Sous le capot
P fouuuu… C’est d’un compliqué. En 1954 existe un nouveau groupe automobile américain, l’American Motors Corporation (mieux connu sous le sigle AMC). C’est le fruit de la fusion entre Nash-Kelvinator Corporation et la Hudson Motor Car Company : si cette dernière comptait seulement la marque Hudson, la première ajoutait aux automobiles Nash, la marque de réfrigérateurs Kelvinator, fort à propos lorsqu’il s’agira de produire des climatisations pour automobiles. Bref, AMC a la grande ambition de devenir le « Quatrième Grand » aux côtés des « Big Three ». Good luck… En tout cas, ça représentait un paquet d’oseille : à l’époque, ce fut la fusion américaine la plus importante de tous les temps, estimée à 197 793 366 $, l’équivalent d’un milliard et demi de billets verts actuels. Il faut un certain nombre de valises pour transporter ça. Il fut même question un court laps de temps d’intégrer dans la foulée Studebaker-Packard qui venait de fusionner aussi en 1954 ! Ça ne se fera pas, suite à un vague concours de b… entre George Mason (AMC) et James Nance (S-P), du temps où les deux bossaient chez… Kelvinator. Mason mort, la position de Packard-Studebaker ne changera pas, et ça crèvera tout seul de sa belle mort dans les années 60. Bref, revenons à AMC, chez qui il faut s’organiser… DINO OAMC fusionne dès 1955 les deux gammes Nash et Hudson : les mêmes autos sont produites sous deux marques avec leur gamme propre. Chez Nash, on trouve par exemple la Statesman et l’Ambassador, chez Hudson l’équivalent devient Wasp et Hornet. En revanche, le modèle Nash Rambler du début des années 50 devient un nom commun aux deux marques – donc vendue sous le nom générique d’AMC – et la Rambler constitue un tel succès qu’elle devient pratiquement une marque du groupe à elle seule dès 1955. Vous suivez toujours ? Soufflez un peu, ça va aller… Faut arrêter la clope, les gars. Bon, on poursuit : on saute jusqu’à 1958. Nash et Hudson disparaissent définitivement. Seul Rambler subsiste. Avec quatre modèles : American (empattement 2,44 m), Six et Rebel V8 (2,74 m) et Ambassador (2,97 m). On passe sous silence la microcar Metropolitan (importée d’Angleterre…). Chez AMC on met alors l’accent sur les versions compactes, dont les ventes deviennent significatives : le patron d’AMC, Romney, se balade alors sur Un joli styling tout en lignes droites et étirées. On est loin des délires des fifties.
Carrosserie et style
les plateaux TV avec une maquette d’un tricératops et ce commentaire : « Il n’a cessé de grandir jusqu’à ne plus pouvoir tenir sa tête, trop lourde… Le dinosaure a péri, devenu trop grand. Qui a envie d’un dinosaure gourmand en carburant dans son garage ? ». C’est une des rares fois où AMC aura du flair : en 1961, c’est l’explosion du genre, avec la Ford Falcon en tête et… la Rambler en 3e position ! En 1962, AMC change de big boss, George Romney se présente aux élections dans le Michigan et laisse sa place à Roy Abernethy. Comme à chaque fois qu’un type atterrit dans ce fauteuil, ce-dernier croit pouvoir bouffer de l’Ovale Bleu un jour et décide de décliner la Rambler dans de nouvelles versions pour la prochaine génération 1965/1966, dont un cabriolet. PRENDRE L’AIR Et le voici. Le convertible de chez Rambler n’a pas pour base la compacte dite Classic, mais la version à empattement long appelée Ambassador. Ce cab’ n’est disponible que dans la finition 990 (la plus luxueuse, l’autre, la cheap 880 étant réservée à la Classic). Trois moteurs sont proposés, un 6 en ligne assez évolué de 232 ci et 155 hp, et deux V8, 287 et 327 ci de 198 et 270 hp ! Côté transmission, on trouve une manuelle 3 vitesses, couplée en option à un overdrive Twin Stick, ou bien l’automatique 3 rapports Flash-O- Matic fournie par Borg-Warner. Une 4 rapports viendra s’ajouter en cours de millésime 1965… La Rambler Ambassador – toutes versions confondues – fut un succès pour les millésimes 1965/1966, avec 64 145 et 71 692 exemplaires respectivement. Un arc-en-ciel pour pas grand-chose puisqu’en 1967 avec la refonte fadasse du modèle, tout va se casser la gueule… Il faut aussi noter qu’un autre partenariat s’était noué à partir de 1962 et jusqu’à 1967 avec Renault ! Ainsi, la Rambler va être importée en Europe sous la marque au Losange pour faire office de haut de gamme de la marque afin de concurrencer la Citroën DS. Pour éviter les droits de douanes, la Rambler sera envoyée en CKD et réassemblée dans une usine belge à Vilvorde. Les perspectives de ventes furent quasi nulles : voiture trop grosse pour le marché européen, et surtout trop chère, 18 000 F contre 12 000 à la DS qui n’était déjà pas donnée… C’est ce qui pourrait expliquer le compteur en km/h de notre exemplaire, pensez-vous. Que nenni ! Pourquoi faire simple ? Renault n’importait que la Classic et pas l’Ambassador. Ce qui fait que Jean-Charles Automobiles – l’importateur historique des américaines à Paris dans les années 60/80 – récupérait ce bébé directement auprès d’AMC ! Allez, on peut se reposer un peu… ÇA ROULE Notre exemplaire de 1965 est ainsi tout d’origine, hormis une sellerie en faux croco faite à une époque, dans le respect des coutures d’origine et des découpes bi-matières de l’époque. Sous le capot, on a droit au petit V8 et à la boîte auto 3 rapports. L’Ambassador convertible n’est pas une compacte, en tout cas pour la longueur ; en revanche, elle est assez peu large pour une américaine et réserve une certaine proximité à ses occupants. Ce n’est pas un foudre de guerre non plus, mais ça ne lambine pas : sur le couple, le 287 ci se donne un bel élan pour des cruisings rapides sur les petites routes, et malgré une boîte aux rapports assez longs et paresseux. L’engin ne flotte pas trop, et se trouve assez ferme sur ses suspensions. Ce qui lui donne une étonnante agilité, renforcée par un freinage suffisant. Bref, c’est une bonne surprise à l’usage. Mais en revanche, vous n’aurez pas la finition d’une Cadillac. L’équipement est assez chiche, malgré la présence des quatre vitres électriques. Ce sera sans doute suffisant pour se prendre pour un ambassadeur… Nos vifs remerciements à Jean- Michel, et à Loïc de General Cars Vintage (tél. 06 47 53 39 71) qui assure l’entretien et la restauration de pas mal d’américaines de la région de Tours.

Le projet du proprietaire
Fiche technique [AMC Rambler Ambassador (1965) ] Moteur V8, 287 ci, 4 706 cm3 (95,2×82,5 mm), 198 hp à 4 700 tr/mn, 380 Nm à 2 600 tr/mn, rapport volumétrique 8.7:1, carburateur Holley 2209-2699 double corps – Transmission auto 3 rapports Borg-Warner, pont final 3.15 – Direction assistée – Freins tambours – Dimensions longueur 4,82 m, largeur 1,81 m, hauteur 1,40 m, empattement 2,84 m, voies AV/AR 1,48/1,46 m – Poids 1 616 kg – Performances vitesse maximale 180 km/h, 0 à 100 11,1 sec., 400 m D.A. 17,7 sec. SUR LE COUPLE, LE 287 CI SE DONNE UN BEL ÉLAN POUR DES CRUISINGS RAPIDES SUR LES PETITES ROUTES. Ce modèle constituait le haut de gamme AMC de l’époque.








Cet article est extrait de Nitro #335, paru le 02/08/2025. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.