Kustom · 24 août 2025
Plymouth (1955)
Faire la Kustom soudure PLYMOUTH (1955) Cette Plymouth 1955 devait initialement servir de daily sans trop de frais, pour « faire la soudure » comme on dit, en attendant la réalisation d’un autre gros projet. Mais comme Félicien Vidal est justement soudeur de métier et que le kustom se pratique sans modération, le daily a fini par déraper… T…
soudure PLYMOUTH (1955) Cette Plymouth 1955 devait initialement servir de daily sans trop de frais, pour « faire la soudure » comme on dit, en attendant la réalisation d’un autre gros projet. Mais comme Félicien Vidal est justement soudeur de métier et que le kustom se pratique sans modération, le daily a fini par déraper… Texte Thibaut Amant, photos Fabrice Berry
Carrosserie et style
D e deux choses l’une, où vous consultez Le petit Perret illustré, où ce sera Wiktionnaire sur le web, tout dépendra de votre génération, nous on préfère l’ami Pierrot et tourner des pages jaunies. Peu importe… Au moment de chercher la définition de « faire la soudure », vous tomberez alors sur : « Gérer la transition entre deux situations se suivant dans le temps ». Et c’est exactement ce qui est arrivé à Félicien avec cette Plymouth 1955. Une Plymouth ? Vos esprits perspicaces voudront rectifier d’eux-mêmes en disant que, tiens, le Réd’Chef a encore ses vapeurs, vu que ça ressemble plutôt à une DeSoto de la même année, rapport à sa calandre dentelée… LA CRISE DE 58 Ouais mais non. Félicien a la clé du mystère : « Au Canada et en Europe, les DeSoto était vendues sous badges et marque Plymouth ». Et comme cet exemplaire est français d’origine – son compteur en km/h et son historique en attestent – tout s’explique… Au début des années 30, Chrysler rachète la marque Dodge Brothers qui inclut DeSoto, et ainsi la Chrys Corp se dote d’une large gamme de marques. Qui s’uniformisent après- guerre. Pour autant, DeSoto tient son rang durant les années 40 et 50 et connaît d’excellentes ventes. En 1955 – année qui nous concerne ici -, les DeSoto comme toutes les voitures du groupe Chrysler adoptent le Forward Look de Virgil Exner, et le styling se différencie notamment des Plymouth par des détails de finition extérieurs comme intérieurs, et une gamme de motorisations différentes. Cependant, comme toutes les marques, DeSoto se prend la crise de 1958 en pleine calandre : tous les constructeurs sont affectés avec plus ou moins de fracas, chez DeSoto c’est plutôt plus. 60 % de ventes en moins par rapport à 1957 ! Ce n’est pas une claque mais plutôt un bourre-pif à la Tyson… Dès lors, la rumeur circule : DeSoto va disparaître. En 1960, il n’y a plus d’exportation vers le Canada. En 1961, c’est plié, DeSoto disparaît. LES POIGNÉES DE PORTIÈRES ONT ÉTÉ SUPPRIMÉES ET ON A L’IMPRESSION QUE ÇA DATE DES ANNÉES 50 ! Kustom PLYMOUTH (1955) Gros travail de peinture sur le toit et le stripping de malle : il y a vraiment des artistes chez nous aussi ! Le traitement couleur des jantes tôle rend vraiment bien. Sous le capot, on trovue désormais un 318 ci de Dodge Challenger.

Sous le capot
« DANS SON JUS » EST FINALEMENT UN LOWRIDER DÉMONIAQUE, QUI SERT TOUS LES JOURS. Kustom PLYMOUTH (1955) On ne se rend pas compte en photo du pailleté du vinyle de la sellerie, dommage… c’est si beau ! On trouve plein de petits détails qui font mouche un peu partout… Evidemment, un air ride est de la partie. Le travail de carrosserie est top : les poignées ont été remplacées par de la tôle patina, comme le reste de la peinture… qui est d’origine !
Lignes et silhouette
PATINE D’ORIGINE… OU PAS ! Voilà pour la petite histoire. En attendant, ça ne nous explique pas comment Félicien se retrouve avec cette Plymouth- DeSoto : « J’ai eu la chance de faire une sortie de grange en 2011. La voiture était toute d’origine, dans cette couleur de base noire, j’ai par endroits conservé la patine d’origine et la peinture est principalement celle d’origine ». Sauf que tout est bien plus subtil que ça. Car vous aurez remarqué avec vos yeux d’aigle du désert Mojave d’abord que le toit n’était plus noir du tout, ensuite, parce que vous aimez détailler les photos, que les poignées de portières ont été supprimées et qu’on a l’impression que ça date des années 50 ! Bon, bah, il y a des mecs doués, c’est comme ça… Evidemment, le métier de Félicien l’a bien aidé : « Je suis passionné de voitures américaines depuis que je suis môme. Quand il a fallu choisir un métier, je suis parti vers la soudure en me disant que ça m’aiderait forcément dans ma passion ! ». Bon choix, bien joué. Et avec talent, car la patine a été conservée partout où c’était possible et même copiée à l’endroit où il y avait les poignées, ni vu ni connu. DES DESSOUS FIABLES ET PERFORMANTS Initialement, cette Plym’ devait servir de daily en attendant que Félicien réalise un très gros projet. Finalement, la Plym’ aura eu droit elle aussi à un traitement de faveur – « En fait, tout s’est enchaîné… ». Pour finir sur la carrosserie, il ne vous échappera le traitement lowrider du toit : « La peinture a été faite par un copain sur un design de ma composition ». On notera aussi la suppression des enjoliveurs de roues pour un rappel du rouge du toit sur les jantes tôle (avec les pneus à flancs blancs, c’est toujours classieux), tandis que ça ne se voit toujours pas mais Félicien a aussi restauré les bas de caisse ! Vous voulez qu’on continue sur la soudure ? la pose d’un kit air ride complet (le train avant est celui d’origine, mais les amortisseurs ont disparu) a imposé de réaliser un nouveau réservoir à carburant en inox pour que celui-ci soit plus haut et ne touche pas par terre comme celui d’origine. Puisqu’on est sur l’inox, la double ligne avec sortie modifiée est maison également. Côté mécanique, l’idée était donc de rouler facilement partout en Europe et au quotidien (vocation initiale), du coup le moteur a été swappé pour un 318 ci de Dodge Challenger avec la boîte 727 de Challenger également, le tout agrémenté d’un kit Stage 1 CTR pour qu’elle soit un peu plus courte (traduction : ça accélère plus fort au besoin). Le pont est resté d’origine mais passé en 4-links « maison » avec rotules Unibal. Les freins sont ceux d’une Dodge Caliber de 2009. KARSHAPERS & CO Et cette Plymouth qui se la joue « dans son jus » est finalement un lowrider démoniaque, qui sert tous les jours et roule souvent très loin : Félicien fait partie d’un groupe de potes, fans de caisses US comme lui, les Karshapers (et d’ailleurs, avec un peu de chance, on devrait vous montrer prochainement d’autres réalisations de ce groupuscule multi-récidiviste…), et en bons purs et durs, ceux-ci roulent, et en famille : ainsi, Kurtis, le fiston de Félicien, a déjà bien pris le relais, posant pas peu fier sur les photos avec Papa, assis sur le vinyle pailleté de la sellerie chic, arborant son T-shirt Moon Eyes avec une certaine fierté. Kustom not dead… Kurtis, le fils de Félicien, semble déjà bien mordu… Ça donne de l’espoir pour le futur !






Cet article est extrait de Nitro #335, paru le 02/08/2025. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.