Muscle Car · 3 octobre 2024
Plymouth Barracuda (1970)
Amant, photos Vincent Lyky Etat de grâce PLYMOUTH BARRACUDA La dernière fois que vous avez croisé cette Barracuda dans Nitro c’était il y a… six ans seulement ! Elle était orange, avec des bandes jaune et bleue entrecroisées, quatre jantes chromées. Rien de bien folichon, et pour tout dire presque déjà démodée dans…
Amant, photos Vincent Lyky Etat de
grâce PLYMOUTH BARRACUDA La dernière fois que vous avez croisé cette Barracuda dans Nitro c’était il y a… six ans seulement ! Elle était orange, avec des bandes jaune et bleue entrecroisées, quatre jantes chromées. Rien de bien folichon, et pour tout dire presque déjà démodée dans sa déco. Bon. Heureusement, cet exemplaire était dans les mains de Steeve. Et tout a changé. Cette Barracuda a retrouvé un état… de grâce. Tom Stormy Trio feat Rhythm Sophie, Rockabilly rythm

À CARBU 4 CORPS SONT NORMALEMENT DES ‘CUDA, MAIS POUR LA FRANCE ELLES RESTERONT DES BARRACUDA. Tout est remis comme d’origine, un très beau travail de la part de Steeve. Jusqu’au huit pistes d’époque !
L es customs qui restent des classiques pour l’éternité, il n’y en a pas des masses. Surtout en France. On adopte les canons esthétiques du moment, en mettant bien souvent trois fifrelins pour faire la passe, et hop… Aller au bout des choses coûtent souvent un bras et deux yeux, et les show cars US qui demeurent au top ont souvent été facturés 100 000 dollars et plus à la fin. Cheu’nous, c’est plus mesuré, du fait d’une législation plus compliquée pour rouler, d’une moindre présence d’ateliers customs de très grand talent, et de pièces moins faciles à choisir quand on a qu’une photo de catalogue ou sur le web pour se rendre compte du résultat. Donc on se limite. Et ensuite, rien n’évolue. Ainsi, cette Plym’ Barracuda aura connu un look customisé identique de 1989 à 2019 ! Trente ans, le temps de devenir « ringarde ». Dommage, car cette Barracuda, malgré l’attention de ses propriétaires successifs, méritait meilleur destin… 21 EXEMPLAIRES Car elle bénéficie d’un historique originel pour le moins intéressant. Et d’ailleurs, le vrai bonus c’est ça : on connaît sa trajectoire au jour le jour. Elle fait partie d’un contingent de 23 Barracuda 340 HiPo 275 hp vendues neuves par Chrysler France via le réseau Simca en 1970 ! Ce bloc V8 340 ci dit High Perf n’existe que pour l’Europe et n’a pas été vendu aux USA (carbu 4 corps chez nous, 2 corps aux States sur le 340…), ce qui fait de ces Barracuda des MOPAR qui auraient dû s’appeler… ‘Cuda, mais Chrysler USA donnera son veto à cette appellation. Bref, détail. Ces Barracuda sont arrivées en Europe en CKD pour être assemblées dans l’usine Nekkaf de Rotterdam, en Hollande, et ainsi éviter les taxes d’importation très lourdes : tous les numéros ont ainsi été frappés à la main en Hollande et ne relève pas d’un registre identique complètement aux modèles US. Pire, il y a ce que l’on appellera l’erreur humaine qui a tapé un N (383 ci) au lieu d’un H (340 ci) sur les 23 exemplaires ! Pas de plaque d’options ni de buildsheet dans ces autos… Malgré tout, on trouve dessus pratiquement tout le catalogue d’options en série : double sortie d’échappement, assistance de freins, disques, volant et compteurs (en km/h) Rallye, console centrale, jantes tôle en 14 pouces avec enjoliveurs à rayons. Sur les 23 commandées, 21 seront livrées en France : une verra sa vente annulée avant embarquement, l’autre partira en Belgique directement. Celle-ci sera livrée à la concession Simca- Chrysler de Dreux en 1970, dans une couleur d’origine dite Crown Gold, pour un certain Mr Guillain. Puis elle va changer sept fois de mains jusqu’à 2016 ! C’est Serge Toucheteau qui va la customiser à la fin des années 80, après l’avoir acquise en 1983 : il lui donnera cette fameuse robe qui en jetait sans doute un max en 1988, au point d’avoir déjà un reportage dans France Custom n°18… C’était du sous-Nitro, mais bon, ça restait un article de presse quand même ! PÉRIODE DE TRANSITION Ensuite, elle ne change plus de look pendant trois décennies, on l’a dit, mais on la voit partout : les concentres, les salons, les sorties clubs… La Barracuda se tape de la borne ! Jusqu’à 2016 et la voiture qui passe sur les annonces du Boncoin. Chez un pro éphémère, Chris and Franck’s Classic muscle cars, disparu depuis. Et kikilachète ? Notre jeune amateur, Steeve, ici présent. « Je voulais une américaine du style Mustang ou Camaro, mais moins répandue ». Le choix est bon : dans le genre, la Barracuda de cette génération est clairement un des plus beaux dessins réalisés. Et voilà la Barracuda qui retraverse la France pour arriver chez Steeve, qui, le soir même, commence déjà à la remettre « à son goût » : retrait de la bande pare- soleil kitsch, et remplacement des optiques

Ce beau block 340 devrait conférer l’appelation ‘Cuda à notre exemplaire… jaunes pour des blanches d’origine. Cependant, Steeve s’accommode encore du look flashy de la bête et la propose à Nitro en 2018 (n°295, août-septembre) qui s’émeut davantage et à juste titre du fait qu’il s’agit d’une des Barracuda 340 « françaises » survivantes, plus que de son look tout de même déjà has been. Qui connaît Steeve depuis cinq minutes apprend vite que l’homme est une sorte de perfectionniste, animé par la volonté d’aller au bout des choses. Et quand l’envie lui prend après maintes recherches de remettre sa Barracuda dans un état d’origine quasi comme neuf, rien ne va l’arrêter… RETOUR À L’ORIGINE En août 2019, notre homme démonte tout. Refait tout. A neuf, en configuration d’origine. Toute la partie électrique, puis les trains roulants et enfin le 340 prennent six mois de boulot pour retrouver le flambant d’époque ! Reste la carrosserie. La limonade se corse. Jusqu’à deux centimètres environ de syntho et choucroute pas forcément alsacienne se trouvent sur certaines parties ! Comme le dit le petit dossier conçu par Steeve sur sa voiture, au moins, le reste de tôle recouvert à cet endroit n’aura pas rouillé davantage avec une telle protection… Le bas des ailes arrière, la base de la lunette arrière sont touchés lourdement, comme c’est souvent le cas sur ce type de carrosserie. Tout est repris professionnellement avant de recevoir la nouvelle peinture, dans la teinte d’origine cette fois : une jolie base dorée vernie. Remontage progressif, et première sortie en août 2022. La Barracuda de Steeve ne souffre aucun reproche, elle a retrouvé toute sa splendeur d’origine. La toute petite entorse – et ce n’en est pas une – reste la taille des jantes qui devrait être moins large : ce sont bien des références du modèle et de l’année, mais destinées à la ‘Cuda. Mais ça lui va tellement bien. Et surtout, les quelques photos d’époque récupérées auprès des précédents propriétaires montrent ces jantes à l’époque ! Alors ? Commande spécifique du premier propriétaire ? Qu’importe, Steeve, en perfectionniste, a suivi à la lettre la configuration primale de sa Barracuda. Nos remerciements à la scierie Coulomp & Fils à Biot pour son accueil.






Cet article est extrait de Nitro #330, paru le 11/09/2024. Retrouvez tous les numéros sur la page Kiosque.